Rechercher : manas

Washington regrette la décision du gouvernement kirghiz de fermer une base américaine

Washington a regretté  jeudi la décision du gouvernement kirghiz sur la fermeture d'une  base aérienne américaine en territoire kirghiz, s'attendant à des  "négociations plus constructives" avec Bichkek sur ce dossier.

La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a qualifié la décision  du gouvernement kirghiz de "regrettable", tout en souhaitant  "avoir plus de discussions avec eux".

Le président kirghiz, Kurmanbek Bakiev, a annoncé mardi que la base militaire américaine proche de l'aéroport civil de la  capitale Bichkek sera fermée.

Le Parlement kirghiz tiendra un vote la semaine prochaine sur  la fermeture de la base aérienne Manas, qui accueille un millier  de militaires et constitue un centre logistique pour les troupes  de la coalition ayant à sa tête les Etats-Unis et en opération en  Afghanistan.

"Le Kirghizstan a fourni une importante base aérienne à Manas  qui était vitale pour nos efforts et les efforts de la coalition  en Afghanistan et nous cherchons à travailler avec eux en vue de  remédier à cette situation", a commenté le porte-parole de la  Maison Blanche, Robert Gibbs.

Environ 15.000 personnes et 500 tonnes de cargo entrent dans  ou sortent de la base aérienne Manas chaque mois, pour soutenir  des opérations militaires en Afghanistan, selon un communiqué de  presse rendu public mercredi par le Pentagone.

"C'est une base aérienne hautement importante pour nous", a  affirmé mardi le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, "elle  nous fournit un point de départ pour acheminer des ravitaillements à nos forces en Afghanistan".

Le Pentagone a par ailleurs laissé entendre qu'il considère la reprise de la coopération militaire avec l'Ouzbékistan, face à  l'éventualité de la fermeture de la base aérienne Manas.

Lire la suite

samedi, 07 février 2009 | Lien permanent

Afghanistan : Les soldats français et espagnols ont dû quitter la base kirghize de Manas

La France et l'Espagne ont dû retirer ce mois-ci leurs troupes stationnées sur la base militaire khirgize de Manas, un point d'appui de l'intervention occidentale en Afghanistan, Bichkek ayant refusé de prolonger leur permis, a annoncé dimanche une radio espagnole.

manas.jpgA la suite de cette décision, l'Espagne a, le 13 octobre, transféré sur la base d'Hérat, dans l'ouest de l'Afghanistan, la soixantaine de soldats et les deux avions de transport Hercules C-130 jusque là stationnés à Manas, précise la radio Cadena Ser, citant des sources diplomatiques anonymes.

Au même moment, la France a elle aussi retiré ses forces déployées à Manas, située près de la capitale kirghize Bichkek, selon la même source.

A Paris, l'état-major des armées a confirmé ce retrait à l'AFP : "Début octobre, le ravitailleur français et la trentaine de militaires qui le mettent en œuvre ont quitté Manas pour Douchanbé où ils poursuivent leurs mission". "L'accord qui les autorisait à agir au Kirghizstan était arrivé à échéance et un nouvel accord est toujours en négociation", a précisé la même source.

Personne n'était cependant en mesure de confirmer cette information dimanche aux ministères espagnol de la Défense.

Des milliers de soldats en route pour l'Afghanistan transitent chaque année par la base de Manas, qui est également l'un des principaux points de ravitaillement pour les avions de l'Otan engagés dans ce pays.

Le Kirghizstan avait annulé en mars les accords passés avec la France et l'Espagne pour l'utilisation de cette base, juste après avoir annoncé sa décision de la fermer aux troupes américaines.

En juin, le Kirghizstan a finalement accepté de laisser Washington utiliser la base, en échange d'une hausse de loyer et sous la forme d'un "centre de transit" pour du matériel non militaire.

Courant octobre, l'Espagne a envoyé une délégation au Kirghizstan pour négocier elle aussi une prolongation d'accès à la base, mais les négociations ont échoué, selon Cadena Ser.

L'Espagne a perdu le droit d'utiliser la base juste après avoir accepté d'augmenter le nombre de ses soldats en Afghanistan dans la perspective du second tour de l'élection présidentielle prévu le 7 novembre, note-t-elle.

L'importance stratégique de la base de Manas, aménagée en 2001, lorsque les Etats-Unis y ont lancé leur offensive en Afghanistan, s'est renforcée au cours de l'année écoulée ces derniers mois avec la multiplication des attaques rebelles contre les convois de l'Otan transitant par la route au Pakistan.

Source du texte : LE MONDE.FR

Lire la suite

lundi, 26 octobre 2009 | Lien permanent

Le président du Kirghizstan veut fermer la base militaire américaine de Manas

La base aérienne américaine au sein de l'aéroport international de Manas, situé dans la capitale kirghize Bichkek, représente un danger pour le Kirghizstan et doit être fermée, a déclaré jeudi le président du pays Almazbek Atambaïev.

Base de Manas.JPG

"Le Kirghizstan n'a pas besoin d'une base militaire située dans un aéroport civil, c'est très dangereux. Nous voulons que l'aéroport Manas soit uniquement un aéroport civil", a indiqué le nouveau chef de l'État kirghiz lors de son premier point-presse.

Ce dernier a également indiqué avoir déjà annoncé à la partie américaine que la base aérienne de Manas devra être fermée à l'expiration du contrat, en 2014.

"Les Américains devront alors ou bien quitter Manas, ou bien organiser un centre de transport civil, en coopération avec la Russie ou d'autres pays", a déclaré M.Atambaïev.

Le président kirghiz a réfuté les affirmations selon lesquelles il aurait pris cette décision sous la pression de la Russie.

La base aérienne américaine au Kirghizstan, ultérieurement baptisée Centre de transit du Pentagone, a été crée au sein de l'aéroport international de Manas en décembre 2001, et elle permet d'assurer près de 30% des ravitaillements en vol des avions participant à l'opération militaire de l'Otan en Afghanistan. Le centre de Manas représente également un nœud de transport important pour le transfert de frets et de forces de l'ISAF (Force internationale d'assistance et de sécurité) en Afghanistan. Selon les informations officielles, près de 1.500 militaires et civils américains travaillent dans ce centre.

Source du texte : RIA NOVOSTI

Lire la suite

jeudi, 29 décembre 2011 | Lien permanent

Kirghizistan : Le gouvernement proroge d'un an la base américaine de Manas

Le gouvernement provisoire kirghiz a décidé ce vendredi 16 avril de prolonger d'un an l'accord avec les Etats-Unis sur la présence de leur base militaire.

Les troubles au Kirghizistan n'affecteront pas les vols militaires américains depuis l'aéroport Manas de Bichkek, où Washington dispose d'une base aérienne clé pour ses opérations en Afghanistan. C'est par elle que transitent la plupart de ses soldats déployés en Afghanistan, tout comme leur ravitaillement et leurs équipements.

Lire la suite

samedi, 17 avril 2010 | Lien permanent

Interruption du ravitaillement d'avions US au Kirghizistan

L'armée américaine a momentanément cessé de ravitailler certains avions dans sa base aérienne de Manas au Kirghizistan, le temps qu'elle renégocie un contrat sur le kérosène avec le gouvernement de transition porté au pouvoir à Bichkek lors des troubles d'avril, a fait savoir mardi le Pentagone.

Le remplissage des réservoirs des avions ravitailleurs en vol KC-135 est effectué désormais en un autre endroit, qui n'a pas été divulgué par Washington pour des raisons de sécurité.

KC-135.png

"Nous sommes en discussion avec eux (les Kirghizes) pour déterminer le moyen optimal de se procurer du carburant, à l'avenir", a expliqué un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman. "Le temps que ces discussions sont en cours, nous avons procédé à certaines modifications. Par exemple, nos avions KC-135 ne décollent pas de Manas pour l'instant", a-t-il ajouté.

La décision de renégocier le contrat d'approvisionnement de la base de Manas a été prise la semaine dernière, moins de deux mois après le soulèvement qui a chassé du pouvoir le président kirghize Kourmanbek Bakiev et l'a remplacé par la présidente intérimaire Roza Otounbaïeva.

Bakiev avait renouvelé le bail de la base en 2009, après avoir tout d'abord dit que l'armée américaine devrait quitter les lieux. Les autorités de transition actuelles accusent l'ancien président et sa famille de corruption, estimant qu'ils ont tiré des profits illicites d'accords comme celui passé pour le ravitaillement de Manas en carburant.

Source du texte : EUROINVESTOR.FR


 

Lire la suite

mercredi, 02 juin 2010 | Lien permanent

Le Kirghizstan va demander la fermeture de la base militaire américaine

Le Kirghizstan prépare "les documents nécessaires" pour fermer la base militaire américaine de Manas, située à l'aéroport de Bichkek et servant de soutien aux troupes engagées en Afghanistan, a appris mercredi l'AFP auprès de sources gouvernementales.

"Nous préparons les papiers nécessaires pour fermer la base", a indiqué une source haut placée dans l'administration présidentielle kirghize, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Une source au sein du ministère kirghiz des Affaires étrangères et une autre au sein du Parlement du pays, qui ne souhaitent pas voir leurs noms publiés, ont confirmé que les documents légaux en ce sens étaient en cours de préparation.

Le président kirghiz Kourmanbek Bakiev, cité sur le site internet de l'agence de presse d'Etat Kabar, a laissé entendre que la fermeture de la base américaine n'était qu'une question de temps.

"Comme il n'y a plus d'actions militaires en Afghanistan, on peut sans doute déjà parler de mettre fin aux activités de la base existante à Manas", a déclaré le chef de l'Etat dans une interview à un journal russe, Svobodnaïa pressa, dont le contenu à été publié par Kabar.

Lire la suite

jeudi, 18 décembre 2008 | Lien permanent

Les Russes déclarent la « guerre des bases »

Russes et Américains se livrent en ce moment à un gigantesque Monopoly stratégique en Asie centrale. A la clé, le contrôle de bases militaires.

« En Asie centrale, j’achète Manas… ». L’acheteur est russe, le vendeur kirghize et le perdant américain. « Dans les ex-territoires géorgiens, j’achète Otchamtchira… ». L’acheteur est russe, le vendeur abkhaze et le perdant géorgien.

Une gigantesque partie de Monopoly est en cours en Asie centrale, avec les Russes dans le rôle de l’investisseur acharné et les Américains dans celui du propriétaire qui voit ses biens lui échapper.

Le dernier revers américain a eu lieu en Kirghiztan. Les autorités de Bichkek ont définitivement décidé de fermer la base américaine de Manas après avoir reçu de Moscou un chèque de 450 millions de dollars et une annulation de dette de 180 millions de dollars.

Manas, créé en 2001, sert de plate-forme logistique aux troupes de la coalition internationale déployée en Afghanistan. 1200 soldats US y sont basés, ainsi que des avions de transport et de ravitaillement en vol. La décision kirghize est jugée « regrettable » à Washington où le Pentagone étudie, de toute urgence, une solution tadjike. Le Tadjikistan serait, en effet, prêt à autoriser le transit vers l’Afghanistan de marchandises destinées à la coalition internationale, à l’exception des fournitures militaires.

La « guerre des bases » affecte aussi les territoires géorgiens. Les Russes vont ouvrir une base navale en Abkhazie, à un jet de grenade de la Géorgie. Ils projettent aussi d’en créer d’autres en Syrie, en Libye ou au Vietnam.

Lire la suite

vendredi, 06 février 2009 | Lien permanent | Commentaires (1)

Le parti nationaliste kirghiz menace de fermer la base américaine de Manas

Le parti nationaliste kirghiz Ata-Jourt, arrivé en tête des législatives de dimanche, a menacé mercredi de fermer la base aérienne dont disposent les Etats-Unis dans ce pays, cruciale pour les opérations de la coalition en Afghanistan. "Nous allons soulever la question au Parlement sur le retrait de la base militaire américaine", a déclaré Akhmatbek Keldibekov, numéro deux de la formation. "La décision va être prise après des consultations avec les autres partis au Parlement. Nous devons créer une large coalition", a pour sa part souligné le leader d'Ata-Jourt, Kamtchybek Tachiev.

Ata-Jourt, proche de l'ancien président Kourmanbek Bakiev  renversé par une sanglante révolution en avril, a obtenu le meilleur résultat aux législatives dimanche, censée marquer l'instauration d'une république parlementaire au Kirghizistan. Avec 28 sièges sur 120, il est cependant loin d'avoir la majorité et doit former une coalition. Le Kirghizistan, un Etat très pauvre d'Asie centrale, est le seul pays au monde à héberger une présence militaire à la fois russe et américaine. La Russie y maintient une base militaire depuis l'époque soviétique.

Les Etats-Unis y ont installé en 2001 une base aérienne à l'aéroport de Manas, près de Bichkek, par laquelle transitent chaque mois des dizaines de milliers d'hommes engagés dans l'opération armée en Afghanistan. Manas, où opèrent 1.200 militaires américains, est aussi essentiel au ravitaillement en carburant des avions engagés dans le conflit contre les talibans. Le loyer versé par les Etats-Unis pour l'utilisation de la base de Manas est de 60 millions de dollars (43 millions d'euros), auxquels s'ajoutent 110 millions de dollars d'aide gouvernementale. Les accords sur le maintien de la base ont été signés par le président kirghiz déchu Kourmanbek Bakiev, au grand dam de la Russie, à laquelle il en avait promis la fermeture.

Source du texte : LE MONDE.FR

Lire la suite

mercredi, 13 octobre 2010 | Lien permanent

Base de Manas : Washington dame une nouvelle fois le pion à Moscou

Le tour que le Kirghizstan a joué avec la base de Manas constitue une nouvelle preuve de la supériorité des Etats-Unis sur la Russie dans le domaine des relations avec les anciennes républiques soviétiques, lit-on vendredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Seul Minsk résiste jusqu'à présent aux avances de Washington, tandis que Moscou n'entretient des relations normales qu'avec Erevan. Le succès des Etats-Unis s'explique par la compréhension de l'objectif, l'habileté à l'expliquer au partenaire et le prépaiement versé. En revanche, les objectifs de la Russie dans les anciens satellites restent flous au bas mot. La conduite du gérant coupant les gaz aux locataires indésirables les force de temps en temps à céder, mais est incapable de déboucher sur un partenariat fiable. Qui plus est, les émissaires de Washington sont toujours prêts à voler au secours des victimes de l'ours russe et à compenser leurs pertes.

Concernant Manas, la Russie a visiblement tenté de jouer pour la première fois à l'américaine, mais en vain. Quand il s'est avéré que le président kirghiz était susceptible de fermer la base, les Américains ont organisé des négociations si efficaces pour remplacer Manas avec Tachkent que le Tadjikistan a immédiatement accueilli une présence militaire des Etats-Unis à bras ouverts, le président tadjik s'étant personnellement chargé de faire la publicité de ses aérodromes. Pour mieux réfléchir, Washington a ajouté en prime un plan d'investissements. Et pendant que Moscou se demandait en combien de fois il convenait de verser à M. Bakiev les milliards promis, ce dernier a préféré une somme moins importante, mais versée en une fois par les Etats-Unis.

En outre, les points marqués par les Etats-Unis ne s'expliquent pas uniquement par leur savoir-faire pour acheter des leaders locaux. Ainsi, les sanctions de Washington sont ponctuelles (tout comme, par exemple, l'interdiction de l'entrée aux Etats-Unis d'Alexandre Loukachenko) et ne se répercutent pas directement sur la majorité de la population. Ce n'est pas le cas de Moscou qui frappe à tour de bras en imposant embargos commerciaux et blocus énergétiques.

M. Bakiev risque donc de traverser une époque difficile dans les relations avec la Russie. Il aurait mieux fait de ne pas tromper le Kremlin et de tenir sa promesse, ne serait-ce que pour le million de Kirghizes gagnant leurs vies en travaillant en Russie.

Bref ; la première tentative de Moscou d'appliquer la tactique américaine envers ses voisins a échoué. On verra ce qui surviendra en Moldavie qui se prépare à la répétition de ses élections législatives. Il serait pourtant dommage que la Russie adopte suite à l'échec kirghiz la "méthode du gérant" comme seul moyen de peser sur les anciennes républiques soviétiques.

Source du texte : Nezavissimaïa gazeta

Lire la suite

mercredi, 01 juillet 2009 | Lien permanent

Kirghizstan : Les Etats-Unis sauvent leur base militaire de Manas

Le colonel américain Blaine Holt vivait, jusqu'au lundi 22 juin, des journées étranges. Commandant de la 376e aile expéditionnaire aérienne qui assure, à partir du Kirghizstan, d'importants approvisionnements de l'OTAN en Afghanistan, il flottait dans l'incertitude la plus totale. Ses quelque 1000 hommes allaient-ils devoir plier bagage de la base de Manas avant le mois d'août et quitter ces contrées d'Asie centrale où les Etats-Unis ont pris pied en 2001 lors du renversement du régime taliban à Kaboul ?

manas.jpgLa réponse est tombée : c'est non. Lundi, les Etats-Unis et le Kirghizstan sont parvenus à un accord permettant de préserver Manas, base aérienne cruciale pour les opérations en Afghanistan. Ce tournant constitue un revers pour la Russie, qui avait obtenu en février que le président kirghize ordonne l'évacuation par les Américains, sous un délai de 180 jours. Moscou avait offert en échange une aide financière de 2 milliards de dollars au Kirghizstan.

Le "sauvetage" de Manas représente un succès pour l'administration de Barack Obama, qui a érigé l'Afghanistan en front "numéro un" de la guerre contre le terrorisme djihadiste. Dans le cadre du renfort des troupes américaines (21.000 hommes supplémentaires à déployer d'ici la fin de l'année), la base jouait un rôle considérable.

D'intenses tractations se déroulaient ces dernières semaines pour tenter de préserver ce point d'appui stratégique sur la "route du Nord" qui permet, à partir des territoires de l'ex-URSS, d'envoyer en Afghanistan d'énormes quantités de matériel et de carburant pour les troupes combattant les talibans. Une route qui offre une alternative stratégique à celle du Sud, passant par le Pakistan, pays instable.

Le président Obama et son homologue afghan avaient chacun écrit une lettre au dirigeant kirghize, Kourmanbek Bakiev, pour l'inciter à revenir sur sa décision de fermeture. Washington était aussi discrètement entré en pourparlers sur le montant de nouveaux versements financiers.

Mais un acteur relativement inattendu a aussi joué un rôle. La France menait, en effet, ces derniers jours, une mission de bons offices en Asie centrale. L'émissaire spécial de Nicolas Sarkozy pour l'Afghanistan et le Pakistan, Pierre Lellouche, qui effectue une tournée dans la région, s'était entretenu dimanche avec le président kirghize. Les consultations étaient également étroites avec le représentant spécial de M. Obama pour l'"AfPak", Richard Holbrooke.

Les Kirghizes semblaient sensibles à une implication européenne. La France est, pour sa part, concernée au premier chef par le sort de Manas, puisqu'elle entretient depuis 2001 sur cette base un détachement (33 militaires aujourd'hui) chargé d'assurer les opérations d'un avion ravitailleur C-135 soutenant l'ensemble des bombardiers et des appareils de renseignements survolant en permanence le théâtre des opérations en Afghanistan.

Le nouvel accord entre les Etats-Unis et le Kirghizstan devait être rapidement validé - peut-être mardi - par le Parlement de la République ex-soviétique dont le jeu diplomatique a consisté, ces dernières années, à jouer de la rivalité entre Washington et Moscou en Asie centrale pour faire monter les enchères. Il comporte, selon nos informations, trois volets principaux, reflétant les doléances kirghizes ayant mené en février à l'annonce de l'éviction des Américains.

Washington devrait nouer un "partenariat" plus large avec le Kirghizstan et doubler la somme versée pour l'utilisation de Manas (elle sera portée à près de 150 millions de dollars). Des discussions pourraient s'engager pour aboutir à un accord sur le statut des forces américaines stationnées dans le pays, comme en Irak.

La mort d'un Kirghize, voilà deux ans, abattu par des gardes américains alors qu'il s'était aventuré dans le périmètre de sécurité de la base, était brandie par le pouvoir local comme une illustration du "peu de considération" que les Etats-Unis réservaient au pays.

"Bienvenue sur la frontière de la liberté", dit un panneau à l'entrée des bureaux du commandant Holt, à Manas. La base étale sous un soleil de plomb ses rangées de baraquements en préfabriqué, blancs et sans fenêtres. Cantine, salles de sports et jeux vidéos, hangars volumineux, centre de renseignements. L'étendue des installations, qui peuvent accueillir jusqu'à 5.000 hommes, donne la mesure de l'importance de la base pour l'opération militaire qui se poursuit plus au sud.

C'est, dit le colonel Holt, "le premier point d'entrée pour nos troupes se rendant en Afghanistan, et le premier point de sortie". Des dizaines de milliers de soldats américains ont transité ici. C'est de Manas que l'armée américaine fait décoller ses gros avions ravitailleurs KC-135 vers l'Afghanistan. Pour des raisons logistiques (longueur de la piste, situation géographique), elle était difficilement remplaçable.

Le pouvoir kirghize a donc opéré un virage à 180 degrés. En février, il avait cédé aux pressions que la Russie exerçait depuis des mois, arc-boutée sur sa logique de reprise de contrôle des territoires de l'ex-URSS. Le Kirghizstan, dont l'économie va à vau-l'eau - victime notamment du pillage auquel se livre la famille du président Bakiev -, était particulièrement vulnérable.

En 2005, Moscou avait poussé l'Ouzbékistan voisin à expulser les militaires américains basés à Khanabad. Récemment, les régimes de la région se sont employés à retrouver une marge de manoeuvre. Moscou et Washington se sont en outre engagés dans de grandes discussions stratégiques à l'approche du voyage de M. Obama, prévu début juillet.

L'Ouzbékistan envisage désormais d'élargir sa coopération avec Washington, en développant le site de Termez, par lequel transitent de longs convois de camions, avec notamment une partie du combustible destiné aux forces de l'OTAN.

Source du texte : LE MONDE.FR

Lire la suite

mardi, 23 juin 2009 | Lien permanent

Page : 1 2