Après la sortie de l’excellent ouvrage «  Stavelot-La Gleize » sur les chars Tigres de la Kampfgruppe Peiper, Hugues Wenkin, historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, nous propose de découvrir le parcours du futur maréchal Erwin Rommel de sa naissance à la brillante campagne de France en 1940. 

CouvTout d’abord le livre, qui se présente sous la forme d’un album de 210 pages, est richement illustré de photos rares à la fois de la Grande Guerre mais aussi de la campagne de France de 1940. De plus, pour présenter son propos, l’auteur nous présente des cartes tactiques des différents assauts dirigés par Rommel de 1914 à 1918 alors qu’il n’est encore qu’un jeune officier subalterne à l’avenir prometteur. Les amateurs de jeux d’Histoire tactiques apprécieront cette matière pour concevoir des scénarios.

Mais ce livre est avant tout original par son récit, et notamment la première partie consacrée à l’expérience de Rommel, jeune officier de carrière issu famille bourgeoise (ses parents sont tous deux professeurs de mathématiques), pendant la Grande Guerre. Incorporé au sein de l’Infanterie Regiment 124, il se fait remarquer par son sens de l’initiative dès le 22 août 1914 lorsqu’il mène l’assaut du village de Bleid. Gravement blessé il ne reprend du service que fin janvier 1915 dans les tranchées boueuses de l’Artois. Là encore il brille par son inné du commandement. En 1916, il est muté dans les Vosges à la tête de la 2. Kompanie du Württemberger Gerbische Battalion qui dépend l’Alpen Korps, unité d’élite de l’armée du Kaiser. C’est là qu’il rencontre son mentor : le major Sproesser. Avec l’entrée en guerre de la Roumanie à l’été 1916, il part pour le front oriental dans les Alpes transylvaniennes où il excelle encore. En 1917, il est à nouveau transféré, cette fois sur le front italien et il se couvre de gloire au cours de la grande offensive de Caporetto en octobre. A sa grande déception et étant donné ses brillants états services, il termine la guerre sur le front français mais au sein de l’état-major 64 pour parfaire ses connaissances.

Pendant l’entre-deux guerres il restera dans la Reichswehr et en 1929 il rejoint l’école militaire d’infanterie de Dresde en tant qu’instructeur. Le contenu de ses cours sera publié en 1937 sous forme de livre devenu une référence : L’infanterie attaque. Alors qu’en 1933 il est promu major, il reste, en bon officier, à l’écart des changements politiques liés à l’accession au pouvoir des Nazis. Il ne rencontre Hitler qu’en 1938, celui-ci, impressionné par son livre, la nommer à la tête du détachement de sa garde personnelle lors de l’invasion des Sudètes. Il ne devient général qu’en août 1939 à la veille de la guerre. Malgré son expérience hors-pair dans l’infanterie, il est nommé en février 1940 à la tête de la 7. Panzer Division avec laquelle il va entrer dans la légende au printemps suivant. Par son audace et son « coup d’oeil », Rommel va mener sa division à travers les Ardennes jusqu’aux côtes de la Manche volant de succès en succès. La rapidité des manoeuvres qu’il orchestre en dirigeant les opérations de l’avant, parfois en s’exposant dangereusement, voudra à la 7. Panzer Division le surnom de « division fantôme ». Là encore, l’auteur nous décrit de manière détaillée chaque combat contre les Belges, les Français et les Britanniques qui tentent, non sans courage, de s’opposer à la marche irrésistible des panzers.

Vous l’aurez compris, ce livre est de nouveau un incontournable et nous espérons qu’Hugues Wenkin nous proposera un second tome sur l’Afrika-Korps pour compléter cette biographie d’un des plus emblématiques « grands capitaines » des deux guerres mondiales.