samedi, 19 mai 2012

RMS : L'armée suisse face à l'option de la guérilla

Le recours à la guérilla pour assurer la défense du territoire national est une idée qui revient périodiquement dans les débats sur les réformes et évolutions de l'armée suisse. Ce fut encore le cas en novembre 2009, lorsque le professeur Albert Stahel, lui-même acquis de longue date à cette idée, a défendu les propos de Christoph Blocher sur l'adoption d'un tel modèle et en a montré les avantages (1).

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Ces réflexions n'ont guère de résonance dans les cercles officiels. En 2001, le Plan directeur de l'Armée XXI a résumé l'analyse de différents modèles — l'armée de sûreté sectorielle, l'armée de défense autonome, l'armée à forte composante professionnelle — pour ensuite décrire la variante retenue, à savoir une armée de milice à disponibilité échelonnée et axée sur la capacité de défense.

Plus près de nous, le Rapport d'armée élaboré ces derniers mois s'est contenté de mentionner des modèles théoriques (armée de métier, armée de recrues, armée de cadres professionnels, mais aussi armée de partisans et armée sans capacité de défense) sans entrer en matière sur leur intérêt, parce qu'ils ne correspondent pas, d'après les auteurs, aux réalités politiques, sociétales et militaires. En fait, cette remarque est une tautologie, car les modèles en question ont été évalués selon leur adéquation avec le profil de prestations de l'Armée XXI et avec une projection des effectifs nécessaires à cette fin, et non sur la base d'une approche stratégique. Le DDPS a donc fourni une vision homothétique de l'avenir, en vertu de laquelle l'armée future doit être pour l'essentiel une version rapetissée de l'armée actuelle.

Est-ce qu'une approche irrégulière ne présente vraiment aucun intérêt ? La pensée et l'histoire militaires de la Suisse démontrent le contraire. 

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Écrit par SG dans > Guérilla, > Revue Militaire Suisse, > Textes de réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer | |