jeudi, 19 mars 2009
Pour le général russe Leonid Ivashov, la guerre mondiale a été provoquée le 11 sept 2001 et est le prélude à de grands événements à venir
Politologue russe influent, issu des milieux nationalistes, le général Léonid Ivashov était chef d'état-major des armées le 11 septembre 2001. Ce jour-là, il avait placé ses satellites en alerte pour observer les manœuvres militaires aériennes annoncées aux USA, mais c'est un tout autre spectacle auquel il fut confronté. Au vu des analyses de cet événement par ses experts, il a écarté l'hypothèse Al-Qaïda et conclu à une provocation de l'élite financière anglo-saxonne. Sur cette base, il a développé la vision stratégique russe du monde post-11-Septembre. Nous reproduisons ici un de ses articles, représentatif de sa pensée et de celle des officiers supérieurs russes. Le lecteur sera surpris de constater que ce qui est considéré comme un délire dans les pays de l'OTAN est une vérité d'évidence en Russie, comme d'ailleurs dans de nombreux autres régions du monde. Au-delà de la question d'établir la vérité, l'honnêteté intellectuelle exige de comprendre et d'accepter la relativité des points de vue. Cet article sera particulièrement précieux pour les militaires français au moment où le ministre de la Défense a engagé une chasse aux sorcières contre les enseignants de l'École de guerre qui ont osé rendre compte de la diversité des interprétations du 11-Septembre.
L'expérience de l'humanité montre que le terrorisme apparaît partout où se produit à un moment donné une aggravation des contradictions, où les relations commencent à se dégrader au sein de la société et où l'ordre social change, où surgit l'instabilité politique, économique et sociale, où se libèrent des potentiels d'agressivité, où les valeurs morales périclitent, où triomphent le cynisme et le nihilisme, et où la criminalité explose.
Les processus liés à la mondialisation créent des conditions favorables à ces phénomènes extrêmement dangereux. Ils entraînent un redécoupage de la carte géopolitique du monde, une redistribution des ressources planétaires, violent la souveraineté et effacent les frontières des États, démantèlent le droit international, anéantissent la diversité culturelle, appauvrissent la vie spirituelle et morale.
Je pense que nous sommes en droit aujourd'hui de parler de crise systémique de la civilisation humaine. Elle se manifeste de manière particulièrement aiguë au niveau de l'interprétation philosophique de la vie. Ses manifestations les plus spectaculaires concernent le sens donné à la vie, l'économie et le domaine de la sécurité internationale.
11:22 Publié dans Afghanistan, États-Unis, Géopolitique, Guerre, Irak, Iran, Islam, Moyen Orient, Otan, Points de vue, Russie, Textes de réflexion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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vendredi, 27 février 2009
Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à "quitter votre région"...
La crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ? C'est le pronostic quelque peu affolant que dressent les experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février.
Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale", les experts prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles. "Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible."
14:51 Publié dans Guerre, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mardi, 24 février 2009
Du secret défense à la défense des secrets d’Etat
Le projet de loi n° 1216 relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 (articles 12 à 14) va accroître sans limites précises les zones d'influences protectrice du secret défense en laissant le dessin de ses contours, au coup par coup, entre les mains du gouvernement. Le voile du secret va donc s'étendre sur de grands pans de l'activité gouvernementale.
Dès que l'Etat estimera que cela peut gêner ses petites et grandes manœuvres d'arrière-cuisine, citoyens, journalistes, magistrats, associations de défense se verront opposer à leurs questions un secret étendu : sur les risques d'une explosion, une fuite nucléaire, un accident maritime, un trafic d'arme, un fichage en réseau.
Le verrouillage des secrets d'Etat est donc en bonne voie et dans de bonnes mains bien contrôlées. L'extension du sanctuaire de secret défense vise à entraver la manifestation de la vérité. Ce pouvoir, qui s'expose, comme aucun autre pouvoir avant lui, au regard de la presse et du peuple, se prépare à jeter un voile protecteur sur toutes les activités qu'il estimera lui-même secrètes. Que le peuple surtout ne sache rien ; après la concentration du pouvoir dans les mains de l'exécutif se prépare la création des zones de pouvoir furtives.
Ainsi, dès que de près ou de loin, un bureau, un processus informatique, un lieu de stockage, un document, une entreprise, du matériel, des produits chimiques ou nucléaires, des images, des fichiers pourront se rattacher d'une façon ou d'une autre à un supposé intérêt supérieur de la nation, tombera sur lui l'écran protecteur de l'exécutif drapé dans un intérêt d'Etat fort indéfini. Nous savons tous depuis le célèbre «l'Etat c'est moi» que, de secret de la défense en secret d'Etat puis en secret du monarque, on finit toujours en secret de cabinet ou en cabinet des secrets. D'évidence, si le tout-à-l'égout voit le jour au Cap Nègre, ses confidentiels tuyaux qui conduiront au sein des seins des vacances présidentielles deviendront des «lieux classifiés secret défense».
20:40 Publié dans France, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mardi, 30 décembre 2008
Israël : lancer la guerre en Palestine avant le départ de Bush
Même les experts militaires israéliens sont unanimes à croire que l'actuelle opération contre les Palestiniens sera incapable de museler définitivement le Hamas. Les "frappes ciblées" sont impossibles dans la bande de Gaza, une région très peuplée. Lorsque les guerres commencent en prévision des fêtes ou pendant les vacances, elles doivent avoir des raisons beaucoup plus importantes que celles que vient de citer le premier ministre israélien. Israël est traditionnellement très bien informé de ce qui se passe dans les territoires palestiniens. Il serait donc extrêmement insensé de croire qu'on pourrait détruire le Hamas tout simplement en lançant une opération militaire contre les Palestiniens.
Les ministres israéliens devaient entrevoir quelque chose de vraiment très préoccupant pour ordonner le lancement d'une opération punitive. La réponse est double : il s'agit des prochaines élections législatives en Israël, programmées pour février 2009, mais également du changement d'administration aux Etats-Unis.
22:50 Publié dans Israël, Palestine, Points de vue, Tsahal vs Hamas | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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vendredi, 19 décembre 2008
La nouvelle présidence "impériale" d'Obama et les conséquences à en tirer pour les nations européennes
Source du texte : LA PLUME ET LE SABRE
Un très intéressant article (en anglais) sur le site d'information indépendant américain TomDispatch : The Imperial Transition fait le point sur ce que sera sans doute la présidence de Barack Obama : une nouvelle "présidence impériale", bien plus proche de celle de George W. Bush dans sa nature (bien que différente dans ses méthodes) que ce que les soutiens d'Obama - et les européens dans leur grande majorité - veulent croire.
En d'autres termes, Barack Obama va poursuivre la voie "impériale" que suivent les Etats-Unis depuis la fin de la guerre froide et continuer d'essayer d'orienter les Etats du monde dans une direction conforme aux intérêts américains. La différence majeure avec son prédecésseur sera dans les moyens utilisés : moins d'interventionnisme militaire et d'unilatéralisme, plus de soft power et une instrumentalisation des instances internationales. Il ne s'agit pas ici de faire de l'antiaméricanisme ou de l'en blâmer. Après tout, il est président des Etats-Unis, ce que nombre de médias européens ont oublié dans l'euphorie de sa victoire, et il est donc naturel qu'il continue à défendre les intérêts américains.
Cet article m'inspire un certain nombre de réflexions, qui comme à l'habitude sont là pour inciter au débat (et peuvent donc être iconoclastes et/ou provocatrices).
07:00 Publié dans États-Unis, Europe, Géopolitique, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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jeudi, 18 décembre 2008
La perte d'influence de l'Europe à l'horizon 2025
On trouvera ci-après un extrait du rapport récent de l'U.S. National Intelligence Council (Conseil national du renseignement des États-Unis) sur « Les tendances mondiales à échéance 2025 : un monde transformé », relatif à l'évolution de l'influence de l'Europe dans le monde.
Nous pensons que, d'ici 2025, l'Europe aura lentement accompli des progrès vers la réalisation de la vision de l'avenir conçue par les dirigeants et élites actuels, à savoir : être un acteur cohésif, intégré et influent sur la scène mondiale, capable de se servir indépendamment d'une vaste gamme d'outils politiques, économiques et militaires pour appuyer les intérêts européens et occidentaux et les idéaux universels. L'Union européenne devra trouver une solution à la perception qu'il existe une fracture démocratique entre Bruxelles et les électeurs européens, et aller au-delà du débat prolongé sur ses structures institutionnelles.
06:44 Publié dans Europe, Géopolitique, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 20 novembre 2008
Course aux ressources naturelles : la troisième guerre mondiale a déjà commencé : la RDC en fait déjà les frais
Le contrôle des ressources naturelles sera, en ce 21ème siècle, au centre de nombreux conflits armés. On est encore loin d’un tableau attestant d’une guerre mondiale. Mais, les ingrédients pour y arriver sont bien là.
A l’Est de la RDC où se livre depuis une dizaine d’années une grande razzia pour le contrôle des ressources naturelles en témoigne, avec l’entrée en scène de certains pays de la sous-région. Pas si loin donc pour se muer en un conflit continental, puis, qui sait… international. Le décor est bien planté, avec pour toile de fond, l’accès aux ressources naturelles de l’Est. La troisième Guerre mondiale ne sera pas forcément armée, mais plutôt économique. Des analystes du site spécialisé "L’Edito des matières premières" ont tenté d’aborder le sujet. La situation est simple : après quatre millions d’années d’évolution, après des millénaires de civilisation - l’humanité du 21ème siècle se retrouve à lutter pour sa survie. Les ressources planétaires font l’enjeu d’un combat sans merci entre les pays du monde. Et depuis quelques années, peu à peu, les foyers de conflits se multiplient :
06:46 Publié dans Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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vendredi, 19 septembre 2008
Crise Osséto-Géorgienne : Qui a piégé qui ?
La crise Osséto-Géorgienne a suscité divers commentaires quant à ses causes. Dans Le Monde du 4 septembre 2008, Bernard Dreano soutient l’idée que les autorités Géorgiennes seraient tombées dans un piège que Moscou leur aurait tendu, en faisant croire que la Russie était sur le point d’abandonner l’Ossétie du Sud. Inversement Bernard Henri-Levy prétend que la Géorgie aurait attaqué pour préempter une attaque russe et que 150 chars russes auraient déjà été présents en Ossétie du Sud. Cette thèse est celle utilisée par le gouvernement Géorgien qui affirme désormais que son action du 7 août fut une réaction à une entrée massive de l’armée russe via le tunnel de Roki.
En fait, on dispose désormais de bien assez d’éléments pour tenter de débrouiller le vrai du faux. Je présente ici un certain nombre d’éléments qui permettent de réfuter ces deux thèses, mais qui montrent aussi qu’il y a bien des questions encore non résolues concernant cette crise.
07:20 Publié dans Armées, Armes et armement, Caucase, États-Unis, Europe, Géopolitique, Guerre, Points de vue, Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 10 septembre 2008
Fedor Loukianov : La dégradation de l'ordre mondial actuel est irréversible
1. Comment définiriez-vous les rapports actuels entre la Russie et l'Occident? Comment évolueront, à votre avis, les rapports russo-américains ?
Les rapports russo-américains traversent leur plus grave crise depuis la fin de la guerre froide. L'expansion stratégique américaine et l'absorption de l'héritage géopolitique de l'Union soviétique ont atteint une limite au-delà de laquelle la Russie, estimant que cela représente une menace pour son existence future, ne peut reculer. On est en présence d'une contradiction entre les ambitions géopolitiques toujours croissantes des Etats-Unis et une relative diminution de leurs possibilités. On l'a bien vu en Géorgie : Washington avait donné certains espoirs à Tbilissi, mais, au moment décisif, il n'a rien pu rien faire pour lui. Cela oblige aujourd'hui les Etats-Unis à entreprendre des actions démonstratives en vue de renforcer l'image de l'Amérique en tant que leader fiable pour les "jeunes démocraties".
La Russie, pour sa part, n'a pas l'intention de se résigner à revivre la situation qui s'était créée dans les années 1990, lorsque les vainqueurs de la guerre froide méprisaient l'avis et les intérêts de Moscou.
Dans l'ensemble, la situation s'apparente à un début de reconsidération de la politique russe. Elle ne sera pas antioccidentale, mais l'Occident ne sera plus sa priorité principale. Moscou cherchera à établir des rapports de partenariat avec divers pays et groupes de pays dans différentes parties du monde et dirigera ses principaux efforts vers la défense de ses positions dans sa sphère d'intérêts: l'espace postsoviétique. Ni les Etats-Unis, ni l'Europe n'ont l'intention de considérer cette sphère comme prioritairement russe, c'est pourquoi la tension ira probablement croissant.
19:56 Publié dans Géopolitique, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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dimanche, 31 août 2008
Russie : place à la "realpolitik"
Après la chute du régime communiste, en 1991, la Russie va jouer avec beaucoup de candeur et de bonne foi le jeu de la démocratie et de l'économie de marché. Sur les recommandations des nombreux conseillers américains, spécialistes ès capitalisme, Moscou applique à la lettre et intégralement les méthodes libérales du "consensus de Washington" qui lui sont prescrites. Les entreprises d'État sont rapidement démantelées, privatisées, l'économie ouverte sans ménagement à la concurrence. La Russie va payer très cher son adhésion au capitalisme. Une production industrielle amputée des deux tiers, un PIB divisé par deux, une économie dévastée, la fuite des cerveaux, du savoir-faire et des capitaux. Et la naissance d'une nouvelle caste, les oligarques.
En 1999, Moscou assiste impuissante à l'entrée de ses anciens satellites dans l'OTAN. Cette dernière s'attaque ensuite à la Serbie, cousine slave des Balkans, lors de la guerre du Kosovo. Pour Vladimir Poutine qui accède à la présidence au début de l'an 2000, la désillusion est grande.
Les événements du 11 septembre offrent une dernière occasion de rapprochement entre les deux anciens adversaires de la guerre froide. Avec l'intervention en Afghanistan, Poutine appelle de ses vœux une association Russie – États-Unis pour l'exploitation conjointe des réserves d'hydrocarbures de la Caspienne.
Il doit de nouveau déchanter. Le seul objectif des États-Unis est d'installer des bases militaires permanentes dans les anciennes républiques de l'Asie centrale, et de détourner à leur profit le pétrole de la Caspienne, vers le sud-ouest, vers la Turquie et la Méditerranée.
Après l'Europe de l'Est et les États baltes, après les Balkans, le Caucase et la Caspienne, voilà que les États-Unis poursuivent le refoulement de la Russie en Asie centrale, au-delà des frontières héritées des tsars.
Cette fois, la rupture est consommée. La lune de miel entre une Russie naïve qui réintègre le "monde libre" et son modèle américain n'aura duré que 10 ans.
Place à la réalité, place à la realpolitik.
13:31 Publié dans Armes et armement, Balkans, Caucase, Énergies, États-Unis, Europe, Géopolitique, Kosovo, Otan, Points de vue, Russie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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