dimanche, 19 avril 2009

La littérature russe des origines : entre politique et religion

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Les lettres russes durent leur apparition, puis leur essor, à deux bouleversements historiques distants de quelque huit siècles, déclenchés par la volonté politique du souverain, initiatives qui affectèrent d'abord les élites avant de s'étendre à la société. En premier lieu, vers la fin du Xe siècle, la christianisation intégra la Rous, ce territoire slave contrôlé par les princes de Kiev, au monde chrétien oriental. Au début du XVIIIe siècle, l'européanisation accélérée la tourna violemment, sous le nom de Russie, vers des modèles européens prestigieux presque aussitôt assimilés. Si le baptême de Vladimir en 988 marque d'une date symbolique l'évangélisation d'un peuple longtemps païen, la fondation de Saint-Pétersbourg en 1703 résume le dessein de Pierre le Grand : rattacher à l'Europe un pays resté à la traîne de la civilisation commune. Louis Martinez revient ici sur cette longue maturation de la langue, de la conscience religieuse, puis nationale d'un peuple à la fois isolé, attaché à ses traditions et convaincu de sa nature exceptionnelle.

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mercredi, 25 mars 2009

Brésil : une victoire identitaire des Indiens de la "Terre du Renard"

Raposa2.jpgLa Cour suprême leur reconnaît le droit de vivre seuls dans les réserves dont sont expulsés les fermiers blancs.

Ils vont pouvoir enfin chanter "anna pata, anna yan". En macuxi, la langue d'une des principales ethnies d'Amazonie, cela veut dire "notre terre, notre mère". La Cour suprême brésilienne vient de mettre fin à une dispute de trente ans sur la propriété d'une réserve indienne, dans l'État du Roraima, à la frontière avec le Venezuela et la Guyane. Les onze sages ont donné raison aux quelque 18.000 Indiens qui revendiquaient la démarcation continue de ce territoire, baptisé "Raposa Serra do Sol" -  littéralement "terre du renard et montagne du soleil", grand comme la moitié de la Belgique. La justice a ordonné l'expulsion de la quarantaine de fermiers blancs qui cultivait le riz dans la réserve, en violation de la Constitution. Au Brésil, la démarcation d'une réserve implique automatiquement l'expulsion des non-Indiens, au nom de la préservation des valeurs ancestrales des tribus.

À l'annonce du verdict, des dizaines d'Indiens qui campaient devant la Cour, à Brasilia, sur l'esplanade des Trois-Pouvoirs dessinée par Oscar Niemeyer, ont lancé des cris de victoire devant des passants amusés. Le corps recouvert de peinture, une coiffure de plumes sur la tête, les leaders des cinq principales ethnies de la réserve ont fait des milliers de kilomètres pour faire pression sur les juges.

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11:21 Publié dans Amérique du Sud, Patria | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

jeudi, 19 février 2009

CID : Chauprade riposte !

De nombreux médias de télévision et de radio avaient pris contact avec Aymeric Chauprade afin de faire des émissions ou des entretiens avec lui.

Les déprogrammations d'émissions pleuvent ! Seules les télévisions étrangères (Russie, monde arabe) maintiennent leurs éditions. La presse écrite n'est pas en reste : certains qui avaient pris contact avec Aymeric Chauprade sont désormais aux abonnés absents ou se murent dans le silence de leur plume. La réaction de certains journalistes laisse à penser que des ordres ont été donnés pour qu'on ne tende pas le micro à un homme libre désormais de défendre sans entraves l'indépendance de la diplomatie et de la politique de Défense française et européenne.

Source : SOUTIEN-CHAUPRADE.COM

12:23 Publié dans Europe, France, Otan, Patria | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chauprade, cid, défense, otan, atlantisme | |

dimanche, 15 février 2009

Affaire Chauprade : le dessous des cartes

Aymeric Chauprade, l'un des plus éminents géopoliticien français vient d'être banni du Collège Interarmées de Défense sur ordre du ministre de la Défense Hervé Morin. Un article diffamatoire sur le site de l'hebdomadaire Le Point signé Jean Guisnel a suffit au ministre pour limoger Aymeric Chauprade. Ce dernier a immédiatement attaqué en justice Le Point pour diffamation et porté plainte contre Hervé Morin pour discrimination.

cha2.jpgEn raison de l'excellente réputation dont il jouit, tant auprès de ses élèves que de la communauté diplomatique et de Défense, son éviction a alerté une large part du monde militaire sur une possible purge des partisans d'une politique d'indépendance de la France et de l'Europe vis a vis des États-Unis au profit d'une politique de Défense atlantiste et néoconservatrice dont A. Chauprade aura été une des premières victimes.

Ce que certains appellent déjà "l'affaire Chauprade" semble loin d'être classée…

 

Source : SOUTIEN-CHAUPRADE.COM

22:49 Publié dans Armées, États-Unis, France, Géopolitique, Idéologies, Otan, Patria | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

mercredi, 04 février 2009

Le sentiment national italien

À la différence de la France, où le sentiment d'appartenance à une communauté nationale et à une entité politique et administrative centralisée apparaît précocement, l'Italie devra – comme l'Allemagne – attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour se constituer en État unitaire. Il faudra une longue et difficile maturation pour que se réalise l'aspiration de Vittorio Alfieri (1749-1803) à voir l'Italie « désarmée, divisée, avilie, enchaînée, impuissante » surgir « vertueuse, magnanime, libre et unie ». C'est le même Alfieri qui popularise le terme de Risorgimento, apparu vers 1750 – de risorgere, « ressusciter » – pour désigner la renaissance et la régénération spirituelle et politique de la Péninsule, ainsi que l'émergence de l'idée de nation. Paul Guichonnet auteur de L'unité italienne, (PUF, « Que sais-je ? », 1996) analyse ici les différents courants de pensées et les événements qui, tant en Europe que dans la Péninsule, ont précédé l'unification de l'Italie.

 

garibaldi5.jpgLa philosophie politique des Lumières

Berceau de l'immense Empire romain et centre de la chrétienté occidentale, l'Italie voit, dès le haut Moyen Âge, se succéder sur son sol les dominations étrangères. Arabes, Normands et Angevins, empereurs germaniques s'en disputent la souveraineté, avant les « descentes » des rois de France, lors des guerres d'Italie, de 1494 à 1559. Après la prépondérance espagnole, l'hégémonie autrichienne s'exerce sur les régions les plus riches. Si l'on excepte la période révolutionnaire et impériale de 1792 à 1815, la tutelle des Habsbourg pèsera jusqu'en 1859 et 1866 et c'est seulement en 1919 que les dernières terres irrédentes, « non rachetées », de Trente et de Trieste feront retour à la mère patrie.

La mémoire collective conserve le souvenir de la Rome impériale et de l'âge d'or de la Renaissance. La nostalgie des grandeurs passées est particulièrement vive chez les Italiens cultivés qui l'expriment, dès le XVIIe siècle, dans des œuvres littéraires et historiques mais c'est le XVIIIe siècle, celui de l'ère des Lumières, l'illuminismo, qui élabore la pensée politique inspiratrice de la génération du Risorgimento. Dans le sillage de Machiavel (1469-1527) qui avait analysé les pouvoirs du prince, Giambattista Vico (1668-1744) et Cesare Beccaria (1738-1794) appliquent à la situation de l'Italie les nouveaux principes du droit des gens. Au même moment, en face du mouvement catholique de la Contre-Réforme se crée un courant de pensée janséniste qui influence fortement les élites, et préfigure les thèmes de la Révolution française, affirmant que seule la nation est dépositaire du pouvoir et que la souveraineté du peuple l'emporte sur celle des monarques.

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12:52 Publié dans Europe, Patria | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : risorgimento, carbonari, patriotisme, patrie, mazzini, cavour, nationalisme | |

lundi, 26 janvier 2009

Stauffenberg : le héros de l’opération Walkyrie

A notre époque où l’héroïsme semble une vertu oubliée, l’exemple de Claus Graf von Stauffenberg nous interpelle. Notre grille de lecture franco-française de la résistance nous amène à ne pas considérer ces personnages, patriotes, aristocrates, catholiques ou protestants, qui surent s’opposer au mouvement révolutionnaire national-socialiste.

stauffenberg.jpgJean-Louis Thiériot présente ici l’histoire d’une vie qui marque encore de nos jours l’imaginaire allemand. Originaire de la haute-aristocratie germanique, Claus von Stauffenberg n’eut pas une lucidité immédiate sur la réalité du national-socialisme. Pourtant, cela ne l’empêche pas de condamner l’antisémitisme du début des années 30 et de refuser le bellicisme du Führer. Son devoir le pousse sur les champs de bataille mais aussi dans une administration militaire qu’il connaît parfaitement. Dès lors, grâce à un réseau aux multiples ramifications, il tisse sa toile pour finalement atteindre le centre de tous les malheurs européens : Hitler.

Thiériot décrit parfaitement cette conjuration de centaines d’hommes qui surent préserver "le" secret de l’acte qui allait, en cas d’échec, les condamner inévitablement à la mort. Le 20 juillet 1944, la mort d’Hitler s’est jouée à quelques centimètres...

 

 

09:35 Publié dans 2ème Guerre Mondiale, Idéologies, Patria | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : stauffenberg | |

dimanche, 04 janvier 2009

L'éloge de la patrie, par Lucien de Samosate

Rien n'est plus doux que la patrie, dit un commun proverbe. Est-il en effet rien de plus aimable, de plus auguste, de plus divin ? Seulement, tout ce que les hommes regardent comme divin et auguste, n'est tel qu'en raison de la patrie, cause et maîtresse souveraine, qui donne à chacun la naissance, la nourriture et l'éducation. On peut admirer la grandeur, la beauté et la magnificence des autres cités ; mais on ne chérit que celle où l'on a reçu le jour ; et, de tous les voyageurs qu'entraîne le plaisir de voir un spectacle agréable, il n'en est aucun qui se laisse séduire par les merveilles qu'il trouve chez les autres peuples, au point d'oublier entièrement le lieu de sa naissance.

Roman_Soldier_31.jpgQuiconque se fait gloire d'être citoyen d'une ville fortunée ignore, ce me semble, quel est le véritable hommage qu'on doit rendre à la patrie ; il montre qu'il serait fâché que le ciel l'eût fait naître dans des lieux moins célèbres. Pour moi, je pense que c'est le nom même de notre patrie que nous devons honorer. Si l'on veut comparer une ville à une autre, on examinera leur étendue, leur beauté, l'abondance dont elles jouissent ; mais s'il faut faire un choix, personne ne préférera la cité la plus brillante à sa patrie. Il pourra bien souhaiter qu'elle égale en opulence les villes les plus riches ; mais, telle qu'elle est, elle sera toujours l'objet de ses vœux.

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12:35 Publié dans Patria, Textes anciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

dimanche, 13 juillet 2008

"Des hommes seront toujours nécessaires pour défendre notre pays"

À l'occasion du 14 Juillet, le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées prend la parole. Choisissant délibérément de ne pas commenter l'actualité récente, il réfléchit sur l'état de soldat à l'heure où la haute technologie envahit le monde de la défense et de la sécurité.

 

LE FIGARO. - La première question porte sur la situation morale et intellectuelle des armées aujourd'hui : notre pays n'a pas connu la guerre depuis un demi-siècle. Quel regard porte-t-il sur son armée ?

Jean-Louis GEORGELIN. - Je constate que ce regard est positif au vu de l'ensemble des sondages dont nous disposons. Jamais l'image des armées, telle qu'elle est mesurée dans ces sondages, n'a été aussi bonne ces dernières années, alors que paradoxalement la notion de guerre a déserté les esprits. Cela tient probablement au fait que la population ressent un fort besoin de sécurité face aux menaces qui pèsent sur le territoire.

 

Vous êtes le chef d'état-major d'armées qui ont connu au cours du XXe siècle plusieurs défaites. Le souvenir de ces épisodes entraîne-t-il un défaut de crédibilité des armées françaises, notamment aux yeux de l'étranger ?

Je n'ai pas du tout le sentiment que les défaites que vous évoquez pèsent sur nous. L'histoire militaire est toujours une succession de victoires et de défaites. Les Américains, par exemple, ont remporté des victoires extraordinaires à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais ils ont depuis connu le Vietnam. Il est vrai cependant que sur l'armée française pèse symboliquement la défaite de 1940, ressentie comme une véritable humiliation, puis l'Indochine, où l'on a pu mesurer le divorce entre le corps expéditionnaire et le pays, et enfin l'Algérie, où il y a eu une véritable tension entre l'armée et les dirigeants politiques. Personnellement, je reste très marqué par la défaite de 1940, sujet que nous n'avons pas encore épuisé, comme le prouve la lecture de L'Étrange Défaite, de Marc Bloch, livre important que je fais toujours lire à mes subordonnés.

Aujourd'hui, chez les jeunes officiers, ce passé s'estompe, ne serait-ce que parce que ces événements remontent à près de soixante-dix ans. Aujourd'hui, nous sommes dans un autre type de guerre. Votre question suggère qu'il pourrait y avoir un complexe à l'égard de cette histoire. La réponse est non. D'abord parce que les ouvrages récents d'historiens réhabilitent la manière dont les Français ont combattu en 1940. La débâcle n'a pas empêché des comportements individuels conformes à l'honneur militaire. La France a été présente à la victoire en 1944 et 1945. Enfin, depuis la fin de la guerre d'Algérie, elle a conduit un certain nombre d'opérations militaires, en Afrique ou ailleurs ; et à chaque fois elle y a démontré une réelle capacité militaire, qui fait que notre image à l'extérieur n'a cessé de se renforcer.

 

1870, 1914, 1940... Il semble qu'il y ait une sorte de fatalité qui fait que l'armée française est toujours en retard d'un conflit…

Dans les défaites, la responsabilité des militaires n'est pas unique. Ils la partagent avec les dirigeants politiques qui ont pris des options stratégiques et budgétaires, et avec la nation elle-même. L'historien Jean-Baptiste Duroselle a bien analysé la différence qu'il y a entre une diplomatie et un outil militaire. Mais il montre aussi qu'il doit y avoir une cohérence totale entre les deux. Car il y a une difficulté à laquelle nous sommes confrontés en permanence : les calendriers. La durée de construction d'un outil militaire ne correspond pas à la rapidité avec laquelle on peut changer de concept diplomatique ou de vision politique. On peut faire évoluer une politique en quelques années, mais un outil militaire se bâtit en trente ou quarante ans. Nous venons de changer de monde avec la disparition du pacte de Varsovie et, en France, la professionnalisation de l'armée. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut liquider tous les équipements que nous avions : on a pu voir le rôle de l'artillerie dans le siège de Sarajevo, celui du char Leclerc au Liban. D'une manière générale, en temps de paix, on a toujours reproché aux militaires de coûter trop cher.

 

Pour les opinions occidentales, la seule intervention militaire légitime est celle qui s'appuie sur des mandats internationaux, non pas pour défendre l'intérêt national mais pour rétablir un état de droit dans les pays lointains. N'y aurait-il plus de soldats, mais des policiers de l'ordre international ?

L'histoire de la France étant ce qu'elle est, notamment comme membre du Conseil de sécurité, il me paraît difficile pour elle de se décharger de ses responsabilités lorsque l'ordre du monde est mis à mal. Souvent, on me demande : «Mourir pour Kaboul, qu'est-ce que cela veut dire ?» Cela veut dire que le soldat est un serviteur qui obéit à la mission qui lui est donnée. C'est au président de la République d'apprécier le bien-fondé de la mission. Or notre société tend à perdre la notion de l'obéissance, qui suppose discipline et humilité. L'armée, issue de cette société, n'est pas à l'abri d'une telle dérive. Obéir, cela veut dire reconnaître une autorité qui nous est supérieure, ce que notre époque, extrêmement relativiste, a du mal à admettre.

Nous pouvons aussi nous poser la question de savoir si la notion de guerre elle-même est dépassée, ce qui signifierait la fin du soldat. Pour ma part, je ne crois pas que, quelle que soit la sagesse des hommes, on puisse affirmer que la guerre a disparu. En particulier parce qu'un niveau de richesse comme celui de l'Europe sera tôt ou tard convoité, surtout si ce continent reste un îlot de prospérité au milieu d'un monde pauvre. La nation française sera-t-elle capable d'endurer une prochaine guerre ? Oui, si elle a su conserver à l'intérieur de ses frontières, dans le cadre de ses alliances, des femmes et des hommes forts d'un esprit de sacrifice et de renoncement ; qui auront accepté une vie faite d'abnégation, de goût du risque. Je pense souvent à ce discours que Thucydide met dans la bouche de Périclès faisant l'éloge des combattants morts face à Sparte : "Il n'y a pas de bonheur sans liberté et il n'y a pas de liberté sans courage." Nous ne devons pas oublier cette réalité.

 

Que signifie l'idéal militaire en 2008 ?

Une de mes préoccupations est le risque de banalisation de l'état militaire. Dans la perspective d'une situation internationale difficile, où nous devrions nous engager à une grande échelle dans un conflit dur, mon souci est d'avoir des militaires vraiment prêts à répondre aux exigences de l'état militaire. Quand je réunis les chefs d'état-major, c'est un thème que j'aborde souvent. Nous devons toujours être prêts à faire face à un événement grave, et qui pourrait dépasser le cadre actuel de nos opérations extérieures. Pour moi, le devoir du chef est d'obtenir cette attitude et de la maintenir. Dans les écoles d'officiers, la détermination des élèves me frappe. Il ne faudrait pas que sur la durée ce sentiment s'affadisse. Je me permets de prendre une comparaison dans le domaine religieux : on trouve des religieux dans des pays où on est porté par une vraie foi. Un pays qui ne serait plus concerné par sa sécurité, mais exclusivement par des préoccupations individuelles, serait menacé.

 

Ces jeunes gens sont formés avec un idéal fondé sur la notion de sacrifice. Que signifie cette notion aujourd'hui alors que les officiers de l'armée de terre n'ont guère eu de morts depuis la fin de la guerre d'Algérie ?

Nous avons eu depuis la fin de la guerre d'Algérie plus de six cents morts sur les théâtres d'opérations. Nous avons eu des morts au Liban, en Bosnie, au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan. Mais nos jeunes officiers ne doivent pas se tromper d'époque et vivre dans la nostalgie de la RC4. Nous devons être prêts à mourir si la liberté de la Cité l'exige. On ne peut pas exclure aujourd'hui l'esprit de sacrifice dans la formation que nous dispensons. Une armée qui renoncerait à cet esprit de sacrifice deviendrait une simple police internationale. Nous ne pouvons pas passer sous silence ce qui fait la véritable spécificité et la véritable noblesse du métier militaire. Une armée qui y renoncerait ne serait plus une armée.

 

Nous possédons une petite armée. Est-il raisonnable de penser qu'elle doit faire de la gestion de conflits de basse intensité, du maintien de l'ordre tout au long de l'année ? Peut-elle à la fois faire cela et être préparée à des événements plus graves ?

C'est ma responsabilité d'être en mesure de le faire. J'ai actuellement sous mes ordres 250 000 militaires. Nous devons à la fois être capables de participer à ces opérations tout en continuant à nous former et à nous entraîner. Je m'interroge toujours quand j'entends expliquer que la France ne doit intervenir que dans quelques opérations : c'est souvent la situation internationale qui dicte les opérations dans lesquelles nous devons nous impliquer. Nous n'avons pas toujours le choix. L'armée française doit pouvoir intervenir dans trois directions : faire face à une brusque aggravation de la situation internationale, lutter contre l'instabilité dans le cadre de nos engagements internationaux, participer à la protection de nos intérêts et de nos concitoyens notamment dans des opérations à caractère civil sur le territoire national, comme lors de catastrophes naturelles, par exemple. Nous aurions tort de croire que nous pouvons privilégier un de ces axes au détriment des deux autres.

 

La mission du militaire n'est pas sans lien avec celle du policier, même si celui-ci ne se pose pas la question du destin collectif de la nation et agit à l'intérieur du cadre national pour préserver l'état de droit. Peut-on cependant établir une différence entre ces deux états ?

Il y a une différence fondamentale entre le policier et le militaire même si, c'est vrai, les deux risquent leur vie dans l'exercice de leur métier : la nature de l'adversaire. L'adversaire du policier est un délinquant qu'il doit neutraliser au nom de la société ; celui du soldat est un homme qui, comme lui, est en charge du destin de sa nation et se bat pour son pays. Dans ce dernier cas, le niveau de violence peut atteindre un stade extrême.

 

Mais depuis vingt ans, les armées françaises sont engagées à l'extérieur dans une action de répression des délinquants au regard du droit international…

Je ne nie pas le fait qu'effectivement on a affaire à une certaine forme de délinquants. Mais la différence est qu'ils agissent rarement pour des intérêts propres mais plutôt au nom d'une certaine vision collective, ce qui leur donne idéal et persévérance dans l'action.

 

Avez-vous le sentiment aujourd'hui que l'armée réfléchit sur elle-même, qu'elle produit une pensée, pour concevoir ou prévoir ? Les centurions sont-ils un peu docteurs ?

On fait souvent le procès de la pensée militaire française. C'est aussi une conséquence de nos défaites. On oublie qu'un certain nombre de nos penseurs militaires comptent encore à l'étranger. Connaissez-vous Guibert, le commandant Ardant du Pic, l'amiral Castex, qui sont reconnus et étudiés aux États-Unis ? Dans les années 1960, nous avons également eu deux types de penseurs militaires français : les spécialistes de la guerre révolutionnaire, David Galula (le penseur de la contre-insurrection publié depuis longtemps aux États-Unis et qui arrive seulement en France), le colonel Trinquier. D'autres militaires ont eu une véritable réflexion sur l'ère nucléaire, les généraux Beauffre et Gallois et, naturellement, Lucien Poirier.

Alors, c'est vrai, en France on écrit moins qu'aux États-Unis. Mais j'observe avec satisfaction que cela évolue. Récemment, plusieurs ouvrages de doctrine, d'analyse de l'histoire, de stratégie ont été publiés par des colonels. Nous encourageons naturellement les officiers à publier, grâce au Cerems (Centre d'études et de recherche de l'enseignement militaire supérieur) ou à la revue Inflexions. On a aussi créé le CICDE (Centre interarmées de concepts, de doctrines et d'expérimentations), qui réfléchit en profondeur sur tous ces sujets, avec également les centres de doctrine propres à chaque armée.

 

La réflexion est ardue parce que, à la différence d'il y a cinquante ans, la menace est plus diffuse…

C'est précisément parce que la situation est plus difficile que la réflexion est encore plus nécessaire. La réflexion, notamment par l'écriture, est propice à l'homme d'action pour éviter qu'il ne dérape. Réfléchir à quoi ? Il paraît important de réfléchir sans cesse à ce qu'est que la guerre aujourd'hui. Que signifie ce mot dans un pays d'Europe qui a repoussé la menace loin de ses frontières, situation inédite, et qui a fermé la parenthèse de la conscription ouverte par la Révolution française ? Qu'est-ce que la guerre aujourd'hui ? À quels types de conflits faut-il se préparer, au moment où les technologies (et notamment les technologies de l'information et de la communication) ont considérablement évolué ? Il faut tirer avantage des possibilités qu'offre la technologie, mais croire que nous pouvons protéger notre société sans prendre de risques est une dangereuse illusion. Pour être respecté, il faut savoir prendre des risques humains. Regardez les difficultés des Américains en Irak. On les a vus détruire l'armée de Saddam Hussein en trois semaines. Quatre ans après, ils sont dans une situation extrêmement difficile. La guerre n'est pas un monde rationnel pur. Prenez la notion de courage. Dans toutes les sociétés, c'est une vertu. Et pourtant... Tant que l'on n'est pas mis à l'épreuve, on ne sait rien du courage. Le courage peut être individuel ou collectif. Je suis toujours fasciné par la réaction de Margaret Thatcher au moment de la guerre des Malouines. Qu'est-ce qui justifiait d'aller faire la guerre pour quelques îlots perdus, sinon l'honneur et le courage qui commandaient de prendre des risques ? L'idée que seulement par des caméras, des satellites, des armements sophistiqués on va pouvoir être défendus contre tout est une illusion. Si je suis militaire, c'est parce que je crois qu'il faut qu'il y ait des hommes et des femmes pour défendre notre patrie, nos valeurs, ce à quoi nous croyons. Cette dimension a été totalement prise en compte dans le livre blanc.

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mardi, 17 juin 2008

L'honneur du peuple russe... et des peuples d'Europe

Lomonosov.jpg"L'honneur du peuple russe exige de montrer ses capacités et son acuité dans les sciences, et que notre Patrie puisse employer ses fils, non seulement à la vaillance guerrière et autres affaires importantes, mais aussi aux réflexions d'un savoir élevé."

 

Mikhaïl Vassilievitch Lomonossov (1711-1765)

Historien, astronome, orateur, peintre, poète, navigateur, linguiste, musicien, fondateur de l'Université de Moscou.


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samedi, 23 février 2008

Defence of the Realm : The ‘New’ Russian Patriotism on Screen

68bee4d069c4d6d7d50d31f60262627d.jpgThis text examines the war theme in Russian film since the collapse of the Soviet Union, with special reference to the ongoing conflict in the Caucasus. It will explore the tension and seeming contradiction between the military machine as faceless bureaucracy, and the ordinary soldier, seen as the honest and true face of Mother Russia. Through an analysis of both TV and feature films, it will also explore the evolution of attitudes towards the 'new' Putin-era reality, where business and capitalism are condemned as helping the 'enemy', at the expense of the Motherland.

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23:05 Publié dans Cinéma, Patria, Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma guerrier russe | |

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