jeudi, 22 octobre 2009
Emeutes sociales : Alger sur une poudrière
Des émeutes sociales secouent l'Algérie. Bilan provisoire : une cinquantaine de blessés et une dizaine de contestataires arrêtés.
Diar Echems (les maisons du soleil) est brusquement sortie de l'anonymat par les violents affrontements qui ont opposé, durant deux jours, ses habitants aux forces de l'ordre. Située à el-Madania (ex-Clos Salembier), sur les hauteurs d'Alger, cette cité-dortoir aux murs décrépis, suintant l'ennui et la misère, est un chancre qui jure avec les immeubles qui l'entourent : des ministères, des sièges de banques et d'entreprises florissantes, des boutiques de luxe.
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lundi, 05 octobre 2009
Bombe atomique en Algérie : le dossier du 2ème site secret déterré
Dans le domaine de l'armement nucléaire, l'Algérie doit être classée dans les pays « à risque » du point de vue de la prolifération. C'est là l'une des principales conclusions de Bruno Tertrais. Cet expert français, spécialiste des questions internationales, travaille depuis plus d'une décennie sur le dossier nucléaire. Il vient de publier un livre-événement : « Le marché noir de la bombe ». Un long chapitre y est réservé au projet de la bombe atomique algérienne. Analyse :
Le dossier du projet algérien de fabrication d'une bombe atomique refait surface. C'est l'expert français de renommée internationale, Bruno Tertrais, qui vient de briser le silence sur ce sujet. A travers son nouvel ouvrage « Le marché noir de la bombe » qu'il vient de publier chez Buchet-Chastel, cet expert démontre que l'Algérie reste encore un pays suspect en ce qui concerne l'armement nucléaire. Au terme d'une recherche approfondie sur la question, Bruno Tertrais est formel. « L'Algérie est un autre candidat possible au statut de puissance nucléaire. Ses capacités dans ce domaine sont peu connues, mais pourtant bien réelles », écrit-il dans le long chapitre qu'il réserve dans son livre au projet algérien. « Le programme secret conduit par l'armée algérienne n'a été découvert que très tard », rappelle-t-il, avant de donner ces détails précis : « En 1991, l'Agence internationale pour l'énergie atomique savait que l'Algérie s'était dotée d'un petit réacteur de fabrication argentine, et qui était entré en service deux ans auparavant. Ce réacteur à eau légère dénommé « Nour » (lumière) de faible puissance (un mégawatt thermique), était surveillé et ne comportait pas de risque de prolifération. Mais ce que l'Agence ne savait pas, c'est que l'armée algérienne avait signé, en 1983, un accord avec la Chine pour la fourniture d'une installation beaucoup plus importante. Un réacteur de quinze mégawatts thermiques, dénommé es-Salam (paix) avait été construit à la fin des années 1980, dans le secret le plus total, sur le site d'Aïn Oussera, dans le désert du Sahara, à deux cent cinquante kilomètres au sud de la capitale. Il n'a été découvert qu'en 1991 par les satellites américains. Utilisant l'eau lourde comme fluide modérateur, il se prêterait assez facilement à une utilisation militaire : il pourrait permettre, à partir d'uranium naturel, de produire en un an assez de plutonium de la qualité nécessaire pour une bombe ». S'appuyant sur le témoignage d'un ancien ministre en fonction à l'époque, qui n'avait pas été tenu au courant du programme nucléaire de son pays, l'auteur souligne : « cela ne fait aucun doute : les militaires voulaient disposer d'une 'option nucléaire' ».
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lundi, 24 août 2009
La force militaire algérienne inquiète Israël
Israël a informé les pays du Maghreb arabe, via l'organisation de l'alliance atlantique, et des émissaires américains "qu'il est directement concerné par la sécurité de la Méditerranée occidentale, le détroit de Gibraltar, et les routes maritimes commerciales aux confins des eaux algériennes et libyennes". Les médiateurs occidentaux ont évoqué l'inquiétude grandissante d'Israël envers l'accroissement de la force maritime algérienne au cours de ces dernières années.
Selon une source de haut niveau de l'appareil de sécurité algérien, "l'envoi par l'Algérie d'observateurs militaires pour prendre part aux manœuvres Active Endeavour ne signifie absolument pas que l'armée ou la marine algérienne vont avoir des contacts directs avec Israël". La même source ajoute que "l'Algérie ne peut s'absenter des plans de sécurité maritime en Méditerranée occidentale, du fait de sa conviction et sa foi militaire enracinée".
Le responsable militaire algérien a exprimé la volonté de son pays d'apaiser l'inquiétude des pays occidentaux, de ce qu'ils considèrent comme la montée en puissance de la flotte maritime de guerre algérienne, équipée de moyens modernes, et dont les forces de frappe ont été renouvelées.
D'après certaines informations, l'Algérie subit des pressions américaines depuis février 2006, date de la visite de Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d'Etat à la défense américain, l'enjoignant de fournir des garanties pour que les bâtiments de guerre algériens n'agressent pas la flotte maritime commerciale israélienne dans le cas d'une guerre générale entre Arabes et Israéliens (...).
Le gouvernement de Tel-Aviv a informé l'Algérie par l'entremise de médiateurs américains de son inquiétude grandissante face à la force maritime algérienne qui constitue désormais "un danger pour la sécurité intérieure israélienne", notamment avec sa persistance dans "une attitude d'animosité envers Israël". D'où l'exigence d'Israël de garanties pour la sécurité de sa marine commerciale qui constitue l'un de ses poumons, en ce sens que 60 à 70% de l'ensemble du commerce extérieur israélien, estimé à 80 millions de dollars, transite via le détroit de Gibraltar et des routes maritimes contigües des bases militaires algériennes, à une distance de moins de 100 miles marins.
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mercredi, 17 décembre 2008
Maroc : L’Armée, un enjeu stratégique
Contre qui s’arme le Maroc ? La question est pernicieuse et pourtant il se trouvera toujours quelqu’un pour la poser. En fait, le Maroc n’a aucune intention de faire la guerre à l’Algérie, malgré l’inimitié affichée du voisin de l’Est, ni à l’Espagne, tout en continuant à revendiquer la marocanité de Sebta et Mellilia.
L’armée marocaine a d’autres enjeux. Le premier concerne les menaces venues du Sahel, qui ne concernent pas uniquement le Royaume, mais la paix dans l’ensemble de la région. Ce n’est pas par expansionnisme que Rabat prend ses responsabilités, mais parce que sans l’effort et la vigilance des FAR, la sécurité de tous est menacée. Le second enjeu est la lutte contre les trafics divers, au sud et au nord de notre territoire. L’émigration et la drogue, sont des phénomènes transnationaux que la position géographique du Maroc nous impose. Les reculs constatés de ces phénomènes, salués comme il se doit par l’Union européenne, sont dûs, en grande partie à l’implication de l’armée.
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samedi, 01 novembre 2008
Le dirigeant libyen Kadhafi en Russie pour discuter armement et nucléaire
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a rencontré le président Dmitri Medvedev vendredi soir au début de sa visite en Russie, la première depuis 1985, qui pourrait relancer la coopération militaire et énergétique entre les deux ex-alliés de l'époque soviétique.
"J'espère que votre visite sera productive (...) Nos pays ont des liens d'amitié depuis des décennies", a déclaré M. Medvedev avant un dîner avec son hôte dans sa résidence de campagne de Meindorf, à Barvikha, près de Moscou.
"J'espère que cette visite sera profitable pour nos deux pays", a renchéri M. Khadafi, en djellaba et toque sombre, qui rencontrait pour la première fois son interlocuteur, élu en mars.
Signe de l'importance que Moscou accorde à cette visite, le "Guide de la révolution" libyenne a finalement été autorisé à planter sa tente de bédouin dans l'enceinte du Kremlin, après plusieurs jours de négociations. "La question de l'installation de la tente dans le jardin Taïninski, au Kremlin, est réglée", a déclaré un responsable du protocole. Ce jardin est situé entre les bâtiments présidentiels et le Grand Palais du Kremlin.
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jeudi, 21 février 2008
Maroc : terrorisme, braquage, finance et politique
Le parti de Mostafa Mouatassime et Mohamed Regala devait servir de couverture officielle à un projet remontant à plusieurs années et visant l'assassinat de plusieurs personnalités, civiles, militaires et de confession juive, ainsi que plusieurs autres cibles.
Le réseau "Belliraj" procédait aux braquages en Europe, au transfert des fonds, aux opérations immobilières, touristiques et commerciales au Maroc à des fins de blanchiment pour financer ses projets. En décrétant la dissolution du parti "Al Badil al-Hadari", le Premier ministre, M. Abbas El Fassi, s'est conformé aux dispositions de l'article 57 de la loi relative aux partis politiques.
Cet article, dans sa clarté limpide, dispose que "sera dissous, par décret, tout parti politique qui inciterait à des manifestations armées dans la rue, ou qui présenterait, par sa forme et son organisation militaire ou paramilitaire, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ou qui aurait pour but de s'emparer du pouvoir par la violence, de porter atteinte à la religion islamique, au régime monarchique ou à l'intégrité territoriale du Royaume". Invoqué et appliqué aujourd'hui à l'encontre de "Al Badil al-Hadari", cet article peut-il prêter à équivoque au moment où, d'une découverte stupéfiante de réseau à la saisie spectaculaire d'un arsenal de guerre, l'opinion publique se trouve confrontée à ce terrorisme rampant et à sa variante idéologique qui - à travers un parti politique officiel - n'a jamais été aussi insidieux et dissimulé, parce qu'il épouse le visage d'une certaine légalité, veut fonctionner au mode de la transparence et fourvoyer les citoyens. Inutile de dire que c'est-là un nouveau choc pour tout le monde ! Le démantèlement du réseau terroriste "Belliraj" lundi dans la journée a été accompagné, dans le cadre d'une enquête légale et respectueuse des normes, de nombreuses perquisitions dans les domiciles et les locaux, résidences et lieux de travail des personnes arrêtées.
Le ministère de l'Intérieur, mobilisé à travers toutes ses instances, a annoncé mercredi matin que les services de sécurité ont découvert, notamment à Casablanca et à Nador, d'importantes quantités d'armes, des lots de munitions, d'artifices pyrotechniques. Par la même occasion, ils se sont emparés de plusieurs articles destinés à être utilisés pour garantir l'anonymat des auteurs de la série de crimes planifiés. La police judiciaire, poursuivant ses investigations, a fait état de nouvelles découvertes aussi effarantes que les premières.
Elles restituent le circuit qu'emprunte le réseau démantelé. Ces investigations permettent aux enquêteurs de déterminer l'origine du financement du réseau "Belliraj". Ce financement provient essentiellement de braquages, de recels et de contributions directes effectuées par des membres du réseau terroriste.
Le ministère de l'Intérieur, soucieux d'apporter la plus grande clarté dans cette affaire, rappelle que le braquage commis en 2000 au siège central du groupe BRINKS au Luxembourg, par un membre du réseau Belliraj, avait permis de cueillir la somme de 17,5 millions d'Euros (200 millions de dirhams). Le braquage s'était déroulé avec la complicité avérée de truands notoires, connus sur les places européennes et le butin volé a permis au réseau terroriste "Belliraj" de rapatrier au Maroc l'équivalent d'un montant de 30 millions de dirhams. Le ministère de l'Intérieur souligne, par ailleurs, que ces fonds ont été déployés et investis dans des opérations de blanchiment d'argent sur des projets immobiliers, touristiques et commerciaux à travers plusieurs villes du Maroc.
Le fruit de ces investissements devait servir au financement des activités du réseau terroriste, les biens immobiliers acquis devant en effet constituer le refuge des opérations malveillantes du réseau terroriste. On apprend, par ailleurs, que les recels découverts concernent des bijoux volés en Belgique, ils ont été ensuite introduits au Maroc, transformés en lingots par le biais d'un membre du réseau terroriste connu pour être un orfèvre en la matière et destinés enfin à être revendus et écoulés.
Les investigations se poursuivent toujours, comme devait l'indiquer hier soir le ministre de l'Intérieur au cours d'une conférence de presse à Rabat. L'enquête a permis de découvrir les ramifications des personnes impliquées dans le réseau "Belliraj" avec la Chabiba al-islamya (MJIM), le mouvement révolutionnaire islamique marocain (MRIM), Harakat al-Moujahidin fi-al-Maghrib, Al Haraka min-ajli al-Oumma, des groupuscules non reconnus et enfin avec Al Badil al-Hadari, connu jusqu'ici comme un parti politique dirigé par Mostafa Mouatassim.
Source du texte : LE MATIN (quotidien marocain)
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