« Après des débuts relativement discrets, ils gagnèrent en confiance et redoublant d’audace, s’aventurèrent de plus en plus loin de leurs bases côtières. Capturant alors hommes et navires, ils exigeaient  d’importantes rançons. Le commerce s’en ressentant durement on se décida enfin à agir. » Ces lignes qui paraissent concerner la recrudescence récente et inquiétante de la piraterie maritime dans l’Océan Indien, le golfe d’Aden ou la côte du Nigeria, constituent en réalité une petite compilation de phrases empruntées à des auteurs de langue grecque ou latine, des phrases écrites il y a environ 2 000 ans.

Chacun connaît assez la gravité actuelle de ce fléau. Sur les 20.000 navires qui franchissent le golfe d’Aden, on en a dénombré par exemple près de 50 qui ont été piraté en 2010 et encore 25 en 2011. Les pirates n’hésitent pas à s’en prendre aussi bien aux bateaux de croisière, tel Le Ponant en 2008, avec à bord 30 touristes français, qu’aux pétroliers ou aux navires gaziers. La prise d’otages est leur arme principale, renvoyant directement à des pratiques de l’Antiquité. Jules César, dans sa jeunesse, fut ainsi capturé près des îles Sporades et dut, pour se libérer, payer la somme énorme de 50 talents. 146 millions de dollars auraient été versés en 2011 pour assurer la survie et la restitution des équipages.