Le 25 juin 1876, le général Custer se fait massacrer avec 261 de ses hommes par les guerriers du chef sioux Sitting Bull lors de la bataille de Litlle Big Horn. Encore euphorique deux jours après la fin les réjouissances du centenaire de l’indépendance, l’Amérique est en émoi : comment ce héros de la guerre de Sécession a-t-il pu être vaincu par une horde de « sauvages » ? Ce désastre militaire n’en fait pas moins entrer ce jeune général de cavalerie, fauché au sommet de sa gloire, dans la légende de la conquête de l’Ouest.

Une personnalité ambivalente

Au moyen de témoignages d’historiens et de photos d’archives, ce documentaire retrace le parcours hors du commun du célèbre leader du 7e régiment de cavalerie. De sa scolarité turbulente à l’académie militaire de Westpoint à sa fin tragique à Little Big Horn en passant par ses glorieux faits d’armes lors de la guerre de Sécession – notamment pendant la décisive bataille de Gettysburg – ; se dessine le portrait d’un homme à la personnalité ambivalente, archétype du self-made man américain.

Homme d’action impétueux, officier ambitieux s’attirant parfois les foudres de sa hiérarchie, mais aussi fin communicant et mari follement épris de son épouse, il devient par son « sacrifice » l’incarnation du courage et du patriotisme. Une place qu’il occupera dans la culture populaire américaine jusqu’à l’émergence du mouvement de contestation de la guerre du Viêtnam dans les années 1970. Dépeint comme un illuminé dans le Little big man d’Arthur Penn, il se transforme alors en symbole de l’impérialisme et de l’oppression. À travers le destin de cet adversaire acharné des Amérindiens, qu’il admirait néanmoins, ce documentaire édifiant interroge le rapport ambigu que les Américains entretiennent avec leur histoire.