L’Arménie a menacé samedi l’Azerbaïdjan de représailles militaires après des heurts meurtriers dans la région séparatiste du Nagorny-Karabakh que se disputent ces deux ex-républiques soviétiques du Caucase, faisant craindre une escalade sans précédent en vingt ans de fragile cessez-le-feu. Alors que les accrochages se multiplient ces derniers jours et impliquent des armes de plus en plus lourdes, le président arménien Serge Sarkissian a dénoncé des « violations grossières du cessez-le-feu » de la part de l’Azerbaïdjan, ajoutant que son pays avait « peur d’une guerre mais pas peur de combattre ».

« Pour répondre aux actions de l’ennemi, les forces armées arméniennes auront recours à des moyens proportionnés avec des frappes d’artillerie et de missiles visant les positions des forces azerbaïdjanaises, les mouvements de personnel militaire et d’équipements », a indiqué de son côté le ministère arménien de la Défense dans un communiqué. L’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux anciennes républiques soviétiques du Caucase du Sud, sont en conflit depuis la fin des années 1980 au sujet du Nagorny-Karabakh. Rattachée à l’Azerbaïdjan à l’époque soviétique, cette région en majorité peuplée d’Arméniens a été le théâtre d’une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994. 

Les accrochages s’y multiplient à nouveau depuis plusieurs mois, l’Azerbaïdjan et l’Arménie s’accusant mutuellement de déclencher des attaques qui ont fait plusieurs dizaines de morts l’année dernière. Vendredi, les autorités de l’enclave ont affirmé que des bombardements de l’armée azerbaïdjanaise avaient tué quatre soldats arméniens. Jeudi, trois femmes avaient été tuées selon l’Arménie par des tirs de mortier des forces azerbaïdjanaises sur le territoire arménien. Le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais a accusé Erevan de « transformer délibérément les civils en cibles » en bombardant les forces azerbaïdjanaises à partir de lieux habités.