En dépit des différences réelles qui existent entre ces deux territoires et ces deux campagnes, il apparaît que les deux armées, l’armée britannique au Kenya et l’armée française en Algérie, peinent dans un premier temps à adapter leurs déploiements et leurs modes d’action aux formes prises par le conflit. Dans une deuxième étape, elles adaptent leurs moyens et refondent à la fois leur organisation propre et l’emploi de leurs forces.

On constate donc, paradoxalement, qu’à l’issue d’une première phase, les deux armées se rejoignent dans certains domaines : importance du renseignement qui doit être immédiatement exploité, emploi limité des troupes supplétives autochtones, nécessité d’une étroite coordination entre les unités engagées au sol et la troisième dimension, etc. De la même façon, ces deux armées occidentales se trouvent confrontées à un adversaire extrêmement mobile qui connaît bien et utilise à fond le terrain : le quadrillage par des petits postes fixes permanents, qui permet de « tenir » une région, doit être complété par de vastes opérations de « ratissage » afin de chasser les groupes rebelles de leurs sanctuaires.

Au-delà de leurs caractéristiques propres, ces deux conflits voient donc deux armées régulières connaître des évolutions continues, parallèles sinon communes, face à un ennemi irrégulier après une première phase d’adaptation nécessaire. De nombreux enseignements tirés de ces deux expériences conservent aujourd’hui leur pertinence.

Source : CDEF