tabeur-chute-second-empire-zDepuis trop longtemps la guerre de 1870 n’avait pas fait l’objet d’une étude aussi poussée sur la période impériale et en particulier sur les opérations militaires de l’Armée du Rhin et de l’Armée de Châlons. Jean Tabeur nous propose donc de revivre ce tragique mois d’août 1870 qui vit s’effondrer, sans gloire pour l’Empereur et ses maréchaux, le rêve dynastique des Bonarparte.

L’auteur nous offre donc une immersion dans les rouages qui conduisirent la France sur le chemin de sa plus grande défaite militaire à l’époque depuis Azincourt. Des coulisses du piège tendu par Bismarck avec la dépêche d’Ems à la capitulation de Bazaine à Metz, rien n’échappe au lecteur sur cette fulgurante désagrégation politique et militaire qui se déroule en à peine trois mois. L’armée, bien que mobilisée dans la plus grande improvisation, fait preuve de mordant et de ténacité dans tous les combats qu’elle mène contre les armées allemandes. Chaque victoire allemande est chèrement payée notamment grâce à l’efficacité des célèbres fusils Chassepots.

Jean Tabeur appuie son exposé sur une exploration des archives et des historiques régimentaires qui fera date. Chacune des batailles est passée au crible et les amateurs de jeux d’Histoire y puiseront de précieux renseignements pour faire revivre ces combats trop souvent oubliés. Cette analyse permet également de saisir que le sort malheureux de nos armes vient plus d’une défaillance des officiers généraux et des maréchaux que du courage des soldats et de leurs chefs en première ligne.

Enfin, en terminant son ouvrage sur la capitulation de Bazaine à Metz, l’auteur nous éclaire sur l’absence de confiance qui règne dans l’armée à l’égard de la personne de l’Empereur, diminué et affaibli par la maladie, et dans lequel personne ne croit pour mener la guerre tant politiquement que militairement. On comprend mieux alors que Bazaine, véritable idole populaire à l’entrée en guerre, soit tenté par l’idée de jouer un rôle politique en cas d’effondrement du régime impérial et qu’ainsi il préfère sauvegarder son armée, qui a pourtant fait jeu égal avec les Allemands à Mars-la-Tour et Saint-Privat, pour éventuellement marcher sur Paris et rétablir l’ordre.

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