UCK insigne

La hiérarchie militaire de l’UCK, l’armée de libération du Kosovo, sera poursuivie pour crimes de guerre. Clint Williamson, le procureur responsable de l’enquête internationale sur les exactions commises après la guerre d’indépendance du Kosovo en 1999, fait état de traitements inhumains, d’assassinats de prisonniers pour prélever leurs organes et les vendre au marché noir. Mais les preuves ne sont pas encore suffisantes dit-il pour parler de trafic d’organes : “Le nombre de cas se compte sur les doigts de la main, c’est littéralement 10. J’en ai discuté avec Dick Marty, je pense que l’information que nous avons est cohérente avec celles qu’il a rassemblées, c’est donc le nombre approximatif.”

C’est sur la base du rapport du juge suisse Dick Marty publié en 2011 que démarre une enquête de trois ans. Directement mis en cause, l’actuel Premier ministre kosovar Hashim Thaçi, il était au moment des faits le chef de l’UCK. Le procureur n’a révélé aucune identité mais a dénoncé les difficultés de l’enquête : “Il est juste de dire qu’il y a une très forte suspicion concernant des pressions exercées pour intimider ou influencer les individus qui sont témoins ou des témoins potentiels dans cette affaire.”

L’enquête portait sur 500 personnes tuées et 300 disparus, des Serbes, des Roms et des Albanais du Kosovo. Un tribunal international pour les crimes de guerre commis au Kosovo devrait voir le jour en 2015 probablement aux Pays-Bas.

Ci-dessous : Interview audio de Dick Marty le 29 juillet 2014 sur le site suisse RTS

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Photo : Hashim Thaci (à gauche) en visite à l’Otan le 20 mars 2013. Crédit : Otan

Ecouter l’interview de Pierre Péan sur son livre « Kosovo, une guerre juste pour créer un Etat mafieux »