Les mots « hussard », « dragon », vous sont familiers, « reitre » peut-être un peu moins. Mais connaissez-vous en revanche les mots « coutilier », « argoulet », « carabin », « escopettier », « pistolier », « corassier », « estradiot » ? Outre ces mots, ce sont aussi des batailles célèbres comme Azincourt, Rocroi, Marignan, Eylau qui surgissent à notre mémoire.

Un beau livre sur L’Age d’or de la cavalerie, co-édité par le ministère de la Défense et Gallimard vous invite à découvrir « l’arme équestre » à travers plusieurs siècles d’histoire et de batailles. Très riche en illustrations, appuyées par des textes passionnants d’une vingtaine d’historiens* civils et militaires, l’ouvrage se divise en trois grandes parties : « Naissance de la cavalerie : les nouveaux défis », « L’âge classique de la cavalerie », « De l’épopée au chant du cygne ».

L’homme et son cheval constituent un véritable système d’armes qui évoluera à travers les siècles. Comme le soulignent Daniel Roche : « Depuis la fin du Moyen Age, les cavaliers doivent tenir compte de la capacité de résistance des fantassins et de leur puissance de feu, dévoilée lors des guerres franco-anglaises et italiennes. Les armes à feu mettent plus d’un siècle à triompher du scepticisme des gens de guerre. Dès lors, l’évolution du rôle des cavaleries apparaît comme une adaptation à la spécialisation et comme une volonté sociale d’échapper à une première relégation possible. Ce processus d’adaptation fait de la cavalerie l’arme qui doit porter l’offensive, tout en restant indispensable à l’échelle tactique et stratégique. Les missions de renseignements et de protection, d’observation et de défense sont devenues aussi indispensables que la charge. »

Les différentes participations montrent que la cavalerie a su faire preuve d’adaptation à travers les époques en relation avec les innovations en matière d’armements. Cavalerie lourde et cavalerie légère se complètent et s’affrontent parfois sur le terrain de la doctrine d’emploi. La dimension culturelle, identitaire, n’est pas non plus oubliée où la relation de l’homme avec sa monture depuis plusieurs siècles représente un véritable patrimoine, véhiculant les valeurs d’héroïsme et de vitalité que l’on retrouvent dans d’innombrables peintures, productions littéraires et cinématographiques.

Cet ouvrage est assurément une réussite qui mérite de faire partie de vos prochains cadeaux de Noël. Un petit regret toutefois ; un auteur aurait pu être ajouté à la liste en la personne de Iaroslav Lebedynsky sur les influences militaires sarmato-alaines de la cavalerie européenne.

*  Liste des auteurs :

Julie d’Andurain, Nicole de Blomac, Jean-François Brun, Olivier Chaline, Frédéric Chauviré, Bruno Colson, Joël Cornette, Jérôme Delaplanche, Benjamin Deruelle, Jean-Pierre Digard, Hervé Drévillon, Bertrand Fonck, lieutenant-colonel Pierre Garnier de Labareyre, Colonel Thierry Noulens, Gervase Phillips, Sandrine Picaud-Monnerat, Olivier Renaudeau, François Robichon, Bertrand Schnerb, Gene Tempest.

 

Editions Gallimard, Collectif, Paris, 2015, 288 pages, 240×305, 49 €

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Age d'or de la cavalerie

Sommaire

  • Préface : Cavaliers et chevaux, l’arme et l’esprit
  • Avant-propos

NAISSANCE DE LA CAVALERIE : LES NOUVEAUX DÉFIS

  • La chevalerie médiévale, de l’apogée à la remise en cause
  • L’arme équestre de la Renaissance
  • Le cavalier et son équipement au XVIe siècle
  • Face au feu : les mutations de la cavalerie dans la seconde moitié du XVIe siècle
  • La culture chevaleresque au XVIe siècle

L’AGE CLASSIQUE DE LA CAVALERIE

  • Au temps de la guerre de Trente Ans, 1618-1648
  • Peindre le choc. La cavalerie dans la peinture des XVIIe et XVIIIe siècles
  • La cavalerie dans les guerres de Louis XIV
  • La remonte de la cavalerie au XVIIe et XVIIIe siècles
  • Le choc et le feu. Théorie et pratique du combat de cavalerie au XVIIIe siècle
  • La naissance de l’équitation militaire
  • La cavalerie légère et la petite guerre

DE L’ÉPOPÉE AU CHANT DU CYGNE

  • La cavalerie dans les guerres napoléoniennes
  • La charge héroïque ou la construction d’un mythe
  • Le cheval de guerre dans la première moitié du XIXe siècle
  • Formation et culture équestre : l’école de cavalerie de Saumur
  • La cavalerie au combat au XIXe siècle
  • La cavalerie sur les théâtres coloniaux
  • La cavalerie dans la Première Guerre mondiale
  • Les unités montées après 1918

ANNEXES

  • Postface
  • Bibliographie
  • Index
  • Remerciements
  • Crédits photographiques