8 février 1250 : bataille de la Mansourah (actuelle Egypte).

Louis IX, futur Saint Louis, à la tête de la 7e croisade se dirige vers le Caire et tente de prendre la forteresse de Mansourah qui protège l’accès à la ville. Son frère Robert d’Artois, voulant exploiter les premiers succès de l’attaque pénètre dans la forteresse avec son parti mais se fait tuer. Le siège est mis jusqu’à ce que la maladie oblige les croisés à faire retraite. Louis IX sera fait prisonnier le 7 avril (libéré contre rançon un mois plus tard).


8 février 1738 : débarquement des troupes françaises en Corse (Bastia).

A la demande de la République de Gênes, Louis XV envoi en Corse le maréchal de camp Louis de Frétat à la tête d’un corps expéditionnaire afin de mater la rébellion.


8 février 1807 : bataille d’Eylau (actuelle enclave russe de Kaliningrad).

Espérant en finir avec l’armée russe du général Bennigsen (80 000 hommes), Napoléon attaque en très nette infériorité numérique (50 000 hommes) alors que son armée vient d’effectuer une marche longue et éprouvante pour reprendre contact avec l’ennemi. Au cours de la bataille, une tempête de neige au centre du dispositif français désoriente le 7e corps d’armée Augereau, qui égarée, présente son flanc à l’artillerie russe et est anéantie. La brèche est immédiatement exploitée par les Russes qui foncent sur le cimetière d’Eylau où Napoléon se tient. Ce dernier commande à Murat de charger avec tout ce dont il dispose pour repousser les Russes. Il réunit environ 10 000 cavaliers et mène la plus grande charge de cavalerie de l’Histoire. Mais c’est finalement l’arrivée de Ney qui oblige Bennigsen à se replier. Les pertes sont énormes dans les deux camps et le combat est qualifié de boucherie par les plus aguerris. Napoléon est resté maître du champ de bataille mais les Russes se sont retirés en bon ordre et estiment avoir remporté la victoire.  Ney résume la situation en découvrant les lieux du combat : « quel massacre! Et sans résultat ! »

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Le 7e corps d’armée Augereau, qui, pris en écharpe de trois côtés par les fantassins et l’artillerie russes se fait étriller en peu de temps. L’épisode le plus célèbre en est relaté dans les mémoires d’un participant : un bataillon  du 14e de ligne résiste seul sur un petit promontoire pendant quelques temps et, avant d’être totalement détruit, ne sauve son aigle que grâce à l’intrépidité du capitaine baron de Marbot (le mémorialiste en question). L’espace créé par la disparition du 7e Corps au centre français suscite une menace terrible d’effondrement, que l’Empereur conjure en injectant d’abord ses grenadiers de la Garde qui tiennent le cimetière d’Eylau, puis en lançant « la charge des 80 escadrons » sous Murat qui n’a pour objectif que de ralentir la progression russe le temps de rameuter des unités (en allongeant le front du 4e Corps de Soult) pour colmater la brèche (et aussi parce que l’Empereur attend que l’attaque du 3e Corps de Davout sur l’aile droite porte ses fruits). En effet et depuis l’apparition de la baïonnette, aucune charge de cavalerie (même la « grosse cavalerie » des cuirassiers et carabiniers) n’est alors capable d’entamer une ligne d’infanterie qui n’a pas été désorganisée par des tirs d’artillerie ou une mousqueterie d’infanterie auparavant. La charge de Murat est donc toute de sacrifice et n’a pour objet que de fixer l’infanterie russe pour gagner du temps. Quelques bataillons russes trop lents à passer de la formation d’attaque (en colonne) à celle de défense (ligne ou surtout carré, plus adapté contre la cavalerie) sont sabrés, mais le résultat net de la charge est très relatif. C’est son résultat incident qui est majeur : grâce à cette prise de risque très hétérodoxe, l’attaque russe est enrayée, l’Empereur peut reconstruire son centre et poursuivre la bataille. Et clamer qu’il l’a gagnée dans son bulletin de la Grande Armée (bien qu’il ait échoué à atteindre son objectif qui était de détruire l’armée russe, et ce malgré une situation stratégique favorable).

Une lecture particulièrement instructive, claire et très agréable à lire sur le sujet : Eylau 1807, de Frédéric NAULET, aux éditions Economica, collection campagnes et stratégie, 2007 ». CNE Loic B. (Ecole du Train et de la Logistique opérationnelle).


8 février 1862 : naissance de Louis Ferdinand Ferber (Lyon).

Futur polytechnicien (à 20 ans), officier du Génie, puis d’artillerie, il construit une série de planeurs, et vole sur divers types d’avions . Il publie : L’aviation, ses débuts, son développement. Il meurt dans un accident d’avion, l’un des premiers, alors qu’il est capitaine. Une stèle à sa mémoire est à proximité immédiate de l’aéroport de Nice Côte-d’Azur, et par extension, le quartier de Carras est aussi appelé « Ferber ». Il est l’un des précurseurs français méconnu de l’aviation. (LCL Pierre B. CFA).


8 février 1917 : Guynemer abat son premier bombardier.

C’est aussi le premier pilote allié à parvenir à abattre un bombardier Gotha G.III avec son Spad VII.


8 février 1921 : prise d’Ain Tab par l’armée du Levant (actuelle Turquie, ancienne Cilicie).

La ville d’Ain Tab est considérée comme le Verdun turc. Durant toute la Première Guerre Mondiale, elle est l’objet d’attaques turques, arméniennes, syriennes, et franco-anglaises. Les Turcs se rendent aux Français après un siège épuisant. La Cilicie sera cédée aux Turcs par l’accord franco-turc du 11 mars 1921.


8 février 1958 : bombardement du village de Sakiet (Tunisie).

Une escadrille de B 26 français bombarde le village situé près de la frontière avec l’Algérie. La Tunisie fournissant un soutien logistique aux combattants algériens, une mesure de représailles est décidée, notamment après qu’un avion de reconnaissance français a été pris à parti depuis le village de Sakiet. Malheureusement, le bombardement est particulièrement sanglant (62 civils tués dont des enfants) et le tollé international que soulève cette action décrédibilise l’action de la France au Maghreb.