12 mai 1694 : Duguay-Trouin se rend (au large des iles Sorlingues).

Après un combat héroïque, le capitaine Duguay-Trouin, commandant de la frégate Diligente se rend à une escadre anglaise (six vaisseaux du contre-amiral David Mitchel). Il a perdu 230 hommes sur un équipage de 250 marins. Fait prisonnier, il s’évade peu après de Plymouth avec la complicité d’une jolie anglaise qu’il a séduite.


12 mai 1940 : première bataille de chars (d’envergure) de l’histoire (Hannut – Belgique).

Le corps de cavalerie commandé par le général français Prioux (239 chars Hotchkiss et SOMUA 35) donne un coup d’arrêt puis freine le 16e corps de Panzer du général Hoepner (674 Panzer I, II, III et IV). Cette bataille démontre la supériorité technique du char français sur les chars allemands (I, II et III) et la bonne connaissance des nouvelles tactiques d’utilisation des blindés en campagne par le général Prioux. Ce premier succès ne peut cependant pas être exploité faute de munitions suffisantes, de coordination avec l’infanterie et de l’ordre de replis donné afin d’éviter l’encerclement. L’action des Stukas sur l’artillerie française prive aussi les blindés de précieux appuis.

Les Allemands perdent 164 chars, les Français 105. Il ne manquait au SOMUA 35 que la radio et une autonomie suffisante pour être le char parfait du moment.

Si cette bataille reste bien l’une des toutes premières de l’Histoire, les rectifications qui suivent ne permettent pas de continuer à y voir une occasion de victoire manquée. Le rapport de force était au global équilibré entre Français et Allemands. La mission du corps de cavalerie était de couvrir l’installation de la 1ère armée sur la ligne Wavre-Gembloux-Namur (40 km en arrière de la ligne Tirlemont-Hannut) et de renseigner sur la situation des Belges sur le canal Albert (50 km plus loin) ce qu’elle n’a pas pu réellement accomplir, les chars français étant victimes de 2 défauts congénitaux majeurs : absence de radio (interdisant coordination entre eux et avec les appuis ) et tourelle à 1 homme (le chef de char est à la fois tireur et chargeur).

Pour approfondir sur Hannut, lire le texte du COL Lajudie :

– « La présentation du RAPFOR laisse croire que dans un RAPFOR très défavorable (presque 1 contre 3 selon vos chiffres) le corps de cavalerie a réussi sa mission. Or vous ne citez pour le corps de cavalerie que les chars à proprement parler (SOMUA S35 et Hotchkiss), alors que vous comptez d’un coup tous les Panzer pour le XVIème Panzer Korps. Or les chiffres détaillés font apparaitre une situation bien différente : le corps de cavalerie aligne 180 SOMUA et 231 Hotchkiss H35 ou H39, mais aussi 63 AMR 35 et 86 AMD , soit un total de 560 engins. Le XVIe Korps aligne de son côté un total de 618 engins mais cela comprend 252 Pz I, et 234 Pz II, des engins sous armés et déjà dépassés que nos AMD elles-mêmes n’eurent aucun mal à « ranger à l’honneur », et seulement 82 Pz III et 50 Pz IV. Donc, si on ne compte que les chars proprement dits cela fait un RAPFOR de presque 4 contre 1 en faveur des Français pour les S35 contre Pz IV, de 1,5 contre 1 si on compte les S35 seuls contre Pz III et Pz IV, de plus de 4 contre un si on compte Somua+ Hotchkiss contre Pz III et IV. Les CR de certains commandants de régiment allemands observent d’ailleurs que le nombre de ces chars étaient insuffisants dans leur unité et qu’en avoir plus aurait considérablement réduit les pertes. En allant plus loin on trouve 68 pièces anti-chars de 25 et 47 côté français contre 138 pièces de Pak 3.7 côté allemand, soit un RAPFOR de 1 contre 2 au détriment des Français, et pour l’artillerie 108 pièces de 105 et de 75 côté français contre 98 pièces diverses côté allemand soit environ 1 contre 1, enfin un nombre à peu près équivalent de groupes de combat d’infanterie portée (186 français contre 219 allemands). On peut donc considérer que le RAPFOR global quantitatif était assez équilibré : dans ces conditions le corps de cavalerie était théoriquement capable de faire beaucoup plus que de porter un très rapide coup d’arrêt et de freiner.

– La mission du corps de cavalerie, renforcé par tous  les groupes de reconnaissance de la 1ère armée, n’est pas de porter un coup d’arrêt et de freiner l’ennemi, mais de couvrir le déploiement et l’installation de la 1ère armée sur la ligne Wavre-Gembloux-Namur (40 km en arrière de la ligne Tirlemont-Hannut) et de renseigner sur la situation des Belges sur le canal Albert (50 km plus loin). Le combat dure en gros du 12 au 14 mai, et se conclut par ce que tout le monde appelle une « poursuite » par le XVIe Korps. Et il ne me semble pas qu’on puisse dire que les délais gagnés dans ces combats aient permis le déploiement de la 1ère armée dans des conditions lui permettant de remplir sa mission. En conséquence, dire que « ce premier succès ne peut être exploité » me parait un contre-sens. L’engagement a tourné au désavantage des Français qui n’ont pu récupérer leurs billes qu’avec grande difficulté, et pas seulement à cause des Stukas (les souvenirs d’un lieutenant du corps de cavalerie laissent penser que les effets réels de ces derniers étaient assez limités et que, passée la première attaque, on s’y était habitué).

– Techniquement la supériorité française réside dans le blindage et surtout dans l’armement : les Allemands jugent notamment le 25 mm et le 47 mm français très supérieurs et proposent d’en armer rapidement une partie de leurs engins (notamment les Pz II avec le 25mm). En revanche les chars français sont trop peu mobiles et surtout, apparemment,  aveugles : ils ne semblent pas voir leur ennemi manœuvrer. Les Allemands observent que les Français n’attaquent jamais mais manœuvrent  habilement en défensive comme une artillerie anti-chars mobile en utilisant lisières, villages et contre-pentes. Ils constatent aussi que les compagnies ne s’appuient pas mutuellement. En réalité tout cela tient à deux défauts congénitaux des chars français : l’absence de radio en dessous des commandants de compagnie qui interdit de coordonner les actions, ralentit les manœuvres, oblige des commandants de bataillon à partir seuls en radada chercher des unités laissées en arrière, etc. Ce qui produit la lenteur observée par l’ennemi et leur permet de l’emporter pas des manœuvres rapides et hardies qu’ils appellent des « charges en zig-zag. » Deuxième défaut : des tourelles à un homme dans lesquelles le chef de char est en même temps tireur et pourvoyeur (dans le Somua, le troisième homme n’est que radio et ne se trouve pas en tourelle), tourelles trop exiguës pour y mettre des munitions. Donc le chef de char est constamment obligé de quitter son poste de tir et d’observation pour aller cherche l’obus suivant en fond de caisse, au lieu de continuer d’observer son terrain et de préparer le tir suivant. Et lorsqu’il est chef de section ou commandant de compagnie, c’est la même chose, sauf que pendant ce temps-là, non seulement personne ne prépare le tir suivant mais personne ne prépare non plus l’action suivante du peloton ou de la compagnie. Les chars français sont donc non seulement « aveugles », mais les pelotons et escadrons ne sont pas commandés dans le combat. En face les Pz III et IV ont tous la radio et des équipages de 5 hommes, standard qui s’imposera jusqu’à la fin du conflit. Tout ceci explique que le corps de cavalerie, engagé dans un RAPFOR et des conditions pas spécialement défavorables en théorie, n’ait réussi finalement qu’à porter un coup d’arrêt aux effets assez modestes. Donc je ne crois pas qu’on puisse dire que le S35 aurait pu être « le char parfait du moment », un jugement qui irait beaucoup mieux au Pz IV qui est resté le meilleur rapport qualité-prix et le char de bataille principal de la Panzerwaffe pendant toute la guerre et a pratiquement servi de référence aux chars modernes. »


12 mai 2016 : La 310e promotion de sous-officiers de Saint Maixent a été baptisée « Sous-officiers de Verdun » hier à Douaumont

sous-officiers de Verdun