La réunion du Forum Crans Montana qui s’est déroulée à Dakhla (Maroc) le 12 mars a accueilli de nombreux représentants d’Etats étrangers sur le thème de la coopération sud-sud en Afrique. Au total, quelques 800 personnes, dont plusieurs ministres africains et les anciens premiers ministres espagnol (Zapatero) et Français (de Villepin), étaient réunies dans cette ville située dans le Sahara marocain.

Débordant le cadre étatique, le forum a permis d’accueillir une vingtaine d’organisations internationales et régionales, dont l’ONU qui était également représentée à travers une déclaration du secrétaire général Ban Ki-moon lue par le président du forum, ainsi que par la présence de Philippe Douste-Blazy, conseiller spécial du secrétaire général depuis 2008, chargé des sources novatrices de financement du développement et secrétaire général adjoint de l’ONU.

Le roi Mohamed VI a souligné que « le Royaume du Maroc qui a fait de la coopération sud-sud l’un des piliers de sa politique extérieure, développe, avec l’élan d’ouverture nécessaire, des partenariats tout aussi fructueux avec ses partenaires européens, nord-américains et asiatiques » et que « l’originalité de cette politique réside également dans le fait qu’elle n’est plus l’apanage exclusif du gouvernement ou des acteurs institutionnels. Elle est, bien au contraire, de plus en plus assumée et prise en charge par les opérateurs économiques privés, et intègre les acteurs de la société civile ».

Dans ce cadre le souverain marocain a déclaré que « la ville de Dakhla est vouée à devenir une plateforme d’échanges multiformes entre l’Atlantique, le Maghreb et le Sahel ».

Dans une Afrique en voie de développement, qui sera peuplée de 2 milliards d’habitants en 2050, le Maroc montre la volonté d’un engagement pour la croissance de la région en dépit des pressions exercées par l’Algérie et le Polisario.

La ville de Dakhla devient ainsi le symbole stratégique d’une vision du Maroc voulant dépasser les scories de la colonisation pour conjuguer réflexion et action autour de projets économiques structurants. Pour le roi Mohamed VI « l’action du Maroc vise à soutenir les pays africains frères dans les efforts consentis pour bâtir des économies solides, par le transfert des savoir-faire, la formation des ressources humaines, l’investissement dans les secteurs clé de l’économie et la mutualisation des ressources. »