samedi, 22 décembre 2012
Vient de paraître : J-F-C FULLER, le stratège oublié (1913-1933)
Theatrum Belli vous présente en avant-première l’introduction du livre du lieutenant-colonel Olivier ENTRAYGUES qui vient de paraître aux éditions Brèches. Ce livre est la thèse qu'il présenta brillamment à l’Ecole de Guerre cette année consacrée à une figure singulière de l’armée britannique : le général JFC Fuller. L'auteur est actuellement officier de liaison à la Defence Academy à Shrivenham. Il anime au sein de TB la rubrique "Frangleterre".
Pour vous procurer cet ouvrage, veuillez cliquer ICI. (N'attendez pas car le tirage est limité).

Selon l’auteur, cet ouvrage est "une biographie intellectuelle. Une biographie dont l’essence est d’essayer de relier une vie, un Homme et une œuvre dans son temps historique pour arriver à saisir le sens de la pensée du général Fuller et sa portée dans l’histoire militaire du XX siècle.
Sa vie, bornée par l’avènement de Victoria Impératrice des Indes en 1876 et le début de l’enlisement américain au Viet-Nam, en 1966, pourrait être tirée d’un roman de Rudyard Kipling, tant les événements vécus sont extraordinaires. Un inventaire à la Prévert ne suffirait pas à qualifier l’Homme, tant l’épaisseur de sa personnalité est complexe et paradoxale. Officier général, Britannique, Européen, mais aussi, pro germanique, fasciste, antibolchévique, anti-communiste, antisémite, intellectuel, non-conformiste, rebelle, hérétique, iconoclaste, prophète, occultiste, agitateur d’idées, provocateur, journaliste, tacticien, stratège, doctrinate, historien ou philosophe… Cette cohorte d’adjectifs n’en fait pas aux premiers abords un personnage très attachant.
Et pourtant, lorsque l’on commence à découvrir l’œuvre, dense, volumineuse et profonde, le regard sur l’Homme change subitement : 48 livres et près de 120 articles majeurs publiés entre 1913 et 1961. L’œuvre de Fuller c’est encore plus de 80 textes de conférences dactylographiées durant l’hiver 1923-1924 alors qu’il occupe la fonction centrale de directeur de l’instruction au Staff College. C’est aussi des centaines et des centaines de pages de notes tactiques écrites entre décembre 1916 et mai 1918, comme chefs des opérations du Tank Corps. C’est enfin des relations épistolaires soutenus avec ses proches, dont des lettres, comme sa correspondance avec Liddell-Hart éclairant avec pertinence le sens de sa pensée."
L’approche de l’auteur "d’esquisser une telle biographie intellectuelle revient alors à mobiliser plusieurs champs de recherche historiques : sa biographie d’officier, entre l’histoire militaire et l’histoire de l’Empire Britannique ; sa pensée, entre l’histoire des idées et l’histoire des doctrines militaires mais encore son expérience de combattant de la Première guerre mondiale, entre l’histoire des technologies et celle des armements. Il s’agit surtout d’un travail transversal où tour à tour l’étude de l’anthropologie militaire, de la philologie, de la psychologie, de la biologie et de la langue anglaise deviennent le cœur du sujet !"
L'image de couverture est du peintre-illustrateur Pascal Boillet que TB vous avait présenté début octobre.
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jeudi, 08 novembre 2012
La DGA et DE&S lancent l'expérimentation "Watchkeeper"
Le 22 octobre 2012, la DGA et son homologue britannique, DE&S, ont lancé l'expérimentation du drone tactique Watchkeeper.
La France et le Royaume-Uni poursuivent la coopération sur les drones tactiques engagée dans le cadre du traité de Lancaster House et confirmée le 12 juillet dernier par les ministres de la Défense.
L'évaluation du système britannique Watchkeeper par l'armée de terre française va permettre à nos forces de définir les conditions d'une coopération opérationnelle étroite. L'expérimentation débutera ce mois-ci avec les premières formations d'opérateurs français. Les campagnes de vol seront réalisées à Istres en 2013.
Le contrat notifié par la DE&S à THALES UK le 22 octobre couvre les prestations de formations des opérateurs et le soutien de l'expérimentation : transport, logistique, maintenance.
Le Watchkeeper est un drone tactique destiné aux forces terrestres que le ministère britannique de la Défense a acheté en 2005.

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mercredi, 24 octobre 2012
Photo du jour : Royal Marine britannique et marsouin français au cours de l'exercice Corsican Lion
Cliquer ICI pour accéder à la galerie photos coté british et ICI coté français

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense de la France et le Rt Hon Philip Hamond MP, son homologue Britannique, se rendent, ensemble, à bord du Charles-de-Gaulle et de HMS Bulwark en Méditerranée ce vendredi 26 octobre 2012.
Ils prendront part aux dernières manœuvres de Corsican Lion, débuté le 17 octobre dernier. Corsican Lion marque la première concrétisation du volet maritime du concept de Combined Joint Expeditionary Force (CJEF), né de l'accord signé le 2 novembre 2010 à Lancaster House par la France et la Grande-Bretagne.
Avec la CJEF, la France et le Royaume-Uni en 2016 disposeront d'une vraie capacité à mettre en œuvre, à partir de la mer, une puissante force franco-britannique interarmées.
Réalisé à proximité du littoral corse, le scénario fictif de Corsican Lion prévoit l'intervention sous mandat international d'une force amphibie franco-britannique dans un État politiquement affaibli, en proie à l'insécurité et à la recrudescence d'actes de piraterie en mer.
Il déploie 5000 militaires des deux pays, répartis en deux groupes. L'un amphibie, formé autour du HMS Bulwark de la Royal Navy et du BPC Mistral de la marine nationale sous leadership britannique. L'autre est un groupe aéronaval, formé autour du porte-avions Charles-de-Gaulle dont l'escorte est franco-britannique.
Il est dirigé par un état-major français. Corsican Lion marque une étape importante dans la coopération de défense entre la France et le Royaume-Uni ; c'est la démonstration que les Français et les Britanniques détiennent une capacité opérationnelle commune, s'appuyant sur un double socle aéronaval et amphibie.
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lundi, 17 septembre 2012
La photo du jour : Eurofighter britannique (Typhoon T3) et Rafale B français
Démonstration commune dans le cadre du RAF Leuchars Air Show

Crédit photo : MoD / Ministère de la Défense britannique
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mercredi, 25 juillet 2012
Thales : La France et le Royaume-Uni vont conjointement évaluer le drone "Watchkeeper"
Le Royaume-Uni et la France viennent de marquer une avancée majeure en prouvant leur Engagement dans la coopération de défense visée par le Traité de 2010 de Lancaster House. La France a en effet annoncé qu’elle procèdera à des évaluations opérationnelles et à des essais du système WATCHKEEPER de Thales en 2012 et 2013 en coopération avec le Royaume-Uni afin de développer le drone tactique le plus avancé d’Europe. Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion bilatérale à Londres entre le secrétaire d’État britannique à la Défense, M. Philip Hammond, et le ministre français de la Défense, M. Jean-Yves Le Drian.
Victor Chavez, Directeur général de Thales UK, explique : "L’avantage opérationnel que représentent les systèmes de drone sur l’espace de bataille est évident. Et ces systèmes sont, à juste titre, un pilier central de la collaboration franco-britannique en matière de défense."
L’annonce, aujourd’hui, de ces essais de WATCHKEEPER montre combien les deux nations tiennent à coopérer sur l’espace de bataille et dans le développement de ce secteur stratégique. »
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mardi, 10 avril 2012
Discours de soutenance sur la biographie intellectuelle de J.F.C. FULLER par le lieutenant-colonel Olivier ENTRAYGUES
Monsieur le Président,
Mon général,
Messieurs les Professeurs,
Qu’il me soit d’abord permis de vous remercier pour votre présence à ce jury et de l’honneur que vous me faites d’y participer.
A cet instant, je voudrais surtout souligner la mémoire du Professeur Hervé Coutau-Bégarie qui aurait du être parmi vous aujourd’hui !
J’aimerais débuter ce propos en citant Albert Camus. Journaliste à Combat, le futur prix Nobel de littérature écrit dans Poésie 44 : "Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde". Cet aphorisme pousse d’emblée à définir ce que j’ai l’intention de tenter. Quel est l’objet de notre thèse : J.F.C Fuller, Comprendre la guerre ?
Il s’agit d’une biographie intellectuelle. Une biographie dont l’essence est d’essayer de relier une vie, un Homme et une œuvre dans son temps historique pour arriver à saisir le sens de la pensée du général Fuller et sa portée dans l’histoire militaire du XX siècle.
Sa vie, bornée par l’avènement de Victoria Impératrice des Indes en 1876 et le début de l’enlisement américain au Viet-Nam, en 1966, pourrait être tirée d’un roman de Rudyard Kipling, tant les événements vécus sont extraordinaires. Un inventaire à la Prévert ne suffirait pas à qualifier l’Homme, tant l’épaisseur de sa personnalité est complexe et paradoxale. Officier général, Britannique, Européen, mais aussi, pro germanique, fasciste, antibolchévique, anti-communiste, antisémite, intellectuel, non-conformiste, rebelle, hérétique, iconoclaste, prophète, occultiste, agitateur d’idées, provocateur, journaliste, tacticien, stratège, doctrinate, historien ou philosophe… Cette cohorte d’adjectifs n’en fait pas aux premiers abords un personnage très attachant.
Et pourtant, lorsque l’on commence à découvrir l’œuvre, dense, volumineuse et profonde, le regard sur l’Homme change subitement : 48 livres et près de 120 articles majeurs publiés entre 1913 et 1961. L’œuvre de Fuller c’est encore plus de 80 textes de conférences dactylographiées durant l’hiver 1923-1924 alors qu’il occupe la fonction centrale de directeur de l’instruction au Staff College. C’est aussi des centaines et des centaines de pages de notes tactiques écrites entre décembre 1916 et mai 1918, comme chefs des opérations du Tank Corps. C’est enfin des relations épistolaires soutenus avec ses proches, dont des lettres, comme sa correspondance avec Liddell-Hart éclairant avec pertinence le sens de sa pensée.
Notre approche délibérée d’esquisser une telle biographie intellectuelle revient alors à mobiliser plusieurs champs de recherche historiques : sa biographie d’officier, entre l’histoire militaire et l’histoire de l’Empire Britannique ; sa pensée, entre l’histoire des idées et l’histoire des doctrines militaires mais encore son expérience de combattant de la Première guerre mondiale, entre l’histoire des technologies et celle des armements. Il s’agit surtout d’un travail transversal où tour à tour l’étude de l’anthropologie militaire, de la philologie, de la psychologie, de la biologie et de la langue anglaise deviennent le cœur du sujet !
Il me semble donc important de revenir sur les origines de ce travail de doctorat, de vous présenter les difficultés rencontrées, avant de tracer quelques grandes conclusions et perspectives éventuelles.
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mercredi, 04 avril 2012
Un jardin terriblement Anglais...par Olivier ENTRAYGUES
Pour mieux appréhender les relations Franco-britannique il est primordial de nous placer sous l’angle spécifique de l’ethnologue qui scruterait page après page les connotations culturalistes laissées et incarnées par l’Empire Britannique.
Il s’agit en définitive pour un lecteur français d’un regard croisé, d’une vue de l’autre côté du Channel pour oublier les vieilles querelles liées à la perfide Albion où Crécy, Azincourt, Jeanne d’Arc, Jean Bart, Marlborough, Maurice de Saxe, l’amiral Nelson, le Duc de Wellington, l’Aiglon, le commandant Marchand, Dunkerque, Mers-el-Kébir seraient évoquées sans relâche. On parlera donc ici d’un nouveau type de relation franco-anglaise car cette étape indispensable doit conduire le Gaulois à découvrir une lecture de l’Anglais par un Anglais terriblement anglais !
Dans ces mémoires après avoir écrit qu’il avait mis à profit les courant d’idées déclenchées par le général Fuller (1) Charles De Gaulle rapporte une conversation qu’il semble avoir eue avec le Premier Ministre britannique vers le 20 juin 1940 : « M. Churchill et moi tombâmes modestement d’accord pour tirer des événements qui avaient brisés l’Occident, cette conclusion banale mais définitive : en fin de compte, l’Angleterre est une île ; la France, le cap d’un continent ; l’Amérique, un autre monde (2) ». Or, lorsque l’on cherche à aborder les caractéristiques d’une nation qui nous est étrangère nous devons éviter d’entrer dans les domaines de la subjectivité et de la relativité. C’est un exercice difficile et délicat que le chef de la France Libre avait redoutablement saisi lorsqu’il prononce le 25 novembre 1941 le discours en l’Université d’Oxford que l’écrivain Maurice Barrès qualifié de « lieux où souffle l’esprit ». Le général commence son discours en écrivant : « Quand on parlait à M. Thiers des relations franco-anglaises, il avait coutume d’écouter en silence le discours de son interlocuteur. Puis il disait, en regardant par-dessus ses lunettes : « Comme cela est intéressant ! Mais n’aurait-il pas suffi de dire que l’Angleterre est une île ? M. Thiers entendait que ce simple aphorisme géographique expliquait complètement tout ce qui s’est passé, tout ce qui se passe et tout ce qui se passera entre la nation française et la nation britannique. » Certes cette théorie de M. Thiers qui soutient que la position insulaire de la Grande-Bretagne a déterminé le fil de son histoire permet de définir en un seul mot un Anglais ordinaire. Cette homme est un îlien qui raisonne en îlien par opposition au domaine continental que représente la vieille Europe. En se qualifiant d’îlien, maritime nation, cet Anglais anonyme, nous a tout appris ou il ne nous encore rien enseigné ! Ainsi pour allez plus loin dans cette démarche, la connaissance de l’autre, l’altérité, le Gaulois doit maintenant chercher à décrypter afin de mieux saisir ce jardin verdoyant qui définit l’Anglitude…. La relecture du discours d’Oxford devient alors un exercice incontournable...
(1) Charles De Gaulle, Mémoires, Plon, Paris, 1954, Tome 1, L’Appel, chapitre La pente pages 16 et 17.
(2) Ibid., chapitre La France Libre, page 112
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jeudi, 08 mars 2012
Cent ans de coopération stratégique franco-britannique, par Hervé Coutau-Bégarie
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mercredi, 07 mars 2012
De l’Entente cordiale au Traité de Lancaster : Quelles alternatives stratégiques « frangleterres »!?
Le lieutenant-colonel Olivier ENTRAYGUES a accepté de rejoindre THEATRUM BELLI. Il disposera d'une tribune libre de réflexions sur la coopération franco-britannique sous l'appellation "Frangleterre". Voici sa première contribution. Ce texte paru la première dans la Revue Défense Nationale" a été depuis remanié par ses soins.
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