mardi, 19 mai 2009

Theatrum Belli à l'École de Guerre Économique

Le 12 mai votre serviteur était l'invité de l'École de Guerre Économique concernant "les nouveaux modes d'expression par la blogosphère" accompagné de Xavier de Mazenod de la société ADVERBE.

N'étant pas habitué à ce genre d'exercice filmé (c'est la première fois), je tiens à m'excuser pour les imperfections de cette intervention
un peu décousue. J'essaierai de faire mieux la prochaine fois.

Je tiens vivement à remercier M. Harbulot de m'avoir permis de partager cette expérience avec les étudiants de l'EGE.

 

Intervention de Xavier de Mazenod de la société ADVERBE

TV.AEGE

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jeudi, 18 septembre 2008

"Saakashvili n’est pas parti en guerre à l’insu de Bush"

zviad.jpgEn Géorgie, Zviad Pochkhua dirige le quotidien The Financial. Mais hier, c’est à Genève que nous avons rencontré le président de l’Association des journalistes géorgiens. Il était venu témoigner à l’ONU de la situation des médias dans ce conflit qui a coûté la vie à cinq reporters. Un conflit dont personne ne peut rendre compte sans un précieux laissez-passer de Moscou, a-t-il expliqué à quelques confrères au Club suisse de la presse. Avant de livrer son analyse.

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jeudi, 07 février 2008

MAM : "Je veux mettre fin à la propagande terroriste"

ca50a1b0e8d9efd286ac522d6e335139.jpgLe ministre de l'Intérieur s'inquiète des agissements d'individus isolés influencés par Internet et d'une menace d'attentat chimique. Michèle Alliot-Marie, qui sera entendue mardi par la commission des lois de l'Assemblée nationale, a décidé de réunir chaque semaine les responsables de la lutte antiterroriste.

LE FIGARO. Quelle est aujourd'hui la première menace terroriste pour la France ?
Michèle ALLIOT-MARIE. Le terrorisme islamiste est bien sûr notre première préoccupation. Des groupes liés à al-Qaida, au Maghreb, au Liban ou dans la zone pakistano-afghane peuvent vouloir frapper des Français expatriés ou des militaires en opération. Ils peuvent chercher à perpétrer des attentats sur notre sol. Enfin, des fanatiques isolés et fragiles peuvent être manipulés en France même par ces groupes et devenir des kamikazes en puissance. Ce fut le cas il y a quelques mois pour un islamiste interpellé par la Direction de la surveillance du territoire dans l'est de la France.

Comment ces individus peuvent-ils être manipulés ?
Parfois par les membres de réseaux, mais aussi par le biais d'Internet. On y trouve aujourd'hui la propagande terroriste mais aussi des conseils pour fabriquer des explosifs ou même des armes chimiques.

Craignez-vous particulièrement une attaque chimique ?
Les groupes terroristes connaissent très bien le fonctionnement de nos sociétés et cherchent à y semer la terreur la plus dévastatrice et la plus médiatique. Une attaque chimique provoquerait un effet de panique.

Comment mieux lutter contre une telle utilisation d'Internet par les terroristes ?
C'est une de mes préoccupations majeures, et l'une des priorités que j'ai assignées aux services. Cela nécessite du matériel supplémentaire, des effectifs spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité, des moyens juridiques. Je veux que nous puissions arrêter la propagande terroriste, découvrir les réseaux opérationnels, remonter jusqu'à eux et les empêcher de nuire.

De nombreux sites Internet sont domiciliés dans des pays étrangers, et notamment aux États-Unis, ce qui rend leur interdiction plus difficile… 

J'irai prochainement aux États-Unis pour étudier avec les responsables américains comment renforcer notre efficacité antiterroriste, tout en respectant naturellement les libertés fondamentales. J'ai également régulièrement des discussions avec mes partenaires européens sur ce point.

Il y a quelques jours, un groupe de jeunes, présentés comme des «anarcho-autonomes», a été interpellé par les services de police qui les soupçonnaient de visées terroristes. Peut-on parler d'un retour du terrorisme d'extrême gauche ? 

C'est un phénomène limité mais incontestable. Depuis plusieurs mois, j'étais encore ministre de la Défense, j'ai souligné les risques d'une résurgence violente de l'extrême gauche radicale. Le passé nous a montré que la faiblesse des partis politiques extrêmes ouvre souvent la voie aux groupuscules terroristes comme Action directe, les Brigades rouges ou la Fraction armée rouge. L'anticipation est essentielle dans la lutte contre le crime en général et le terrorisme en particulier. Elle est la meilleure des protections. Dès mon arrivée à l'Intérieur, j'ai voulu une direction de la prospective et de la stratégie et j'ai chargé la future Direction centrale du renseignement intérieur de suivre tout particulièrement ces phénomènes.

Croyez-vous à une résurgence de tels groupes en France ?
Nul ne peut le prévoir. Mais la situation évolue extrêmement vite. En quelques mois, depuis l'élection présidentielle, on est passé des slogans radicaux aux cocktails Molotov et aujourd'hui à la volonté de fabriquer de véritables engins explosifs.

A-t-on une idée de l'importance de cette mouvance violente ?
Ce sont quelques dizaines d'individus rassemblés dans des petits groupes informels à l'idéologie assez sommaire. Ils se caractérisent par leur rejet de toute espèce d'expression politique démocratique et leur discours extrêmement violent. Autant de motifs qui m'ont poussée à renforcer leur surveillance par les services de renseignements et de police judiciaire.

Source du texte : FIGARO.FR

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dimanche, 23 décembre 2007

Les Indo-Européens par Georges Dumézil

 
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vendredi, 21 décembre 2007

Edouard Chevardnadze : l'antagonisme Gorbatchev-Eltsine a été fatal à l'URSS

ecec017970943ed7cc4669dbf5220b0c.jpgL'ancien chef de la diplomatie soviétique livre à RIA Novosti son sentiment sur la transition historique URSS-CEI ainsi que sur la campagne présidentielle en cours en Géorgie.

A la veille de l'anniversaire de la signature des accords sur la dissolution de l'URSS et la fondation de la CEI (Communauté des Etats indépendants), M. Chevardnadze a reçu dans sa résidence de Krtsanissi le chef de la représentation de RIA Novosti en Géorgie Bessik Pipia. 

Q : Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata (Kazakhstan), 8 républiques soviétiques rejoignirent la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine en signant la Déclaration mettant fin à l'existence de l'URSS et donnant naissance à la CEI. Comment en était-on arrivé là? Estimez-vous que le processus de transformation de l'Union soviétique en CEI était inévitable et pourquoi ? 

R : A la fin des années 80, tout indiquait que l'Union soviétique était vouée à la désintégration. L'éclatement de l'URSS fut précipité, entre autres, par l'antagonisme entre Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine. Le premier se prononçait naturellement pour une Union soviétique en tant qu'Etat unique, mais Boris Eltsine était déjà devenu président de la Russie (Il devient le 29 mai 1990 président du Soviet suprême de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR), puis président de la RSFSR (premier président russe) le 10 juillet suivant, ndlr.). Peut-être Eltsine était-il lui aussi pour le maintien de l'Union soviétique, mais les deux hommes se haïssaient. Nous autres, c'est-à-dire leur proche entourage, avions essayé de les réconcilier et de mettre fin à leur joutes verbales. Mais en vain. 

Ensuite, le processus fut accéléré par le putsch contre Mikhaïl Gorbatchev, plus précisément contre le président de l'URSS. J'avais démissionné avant ces événements. Au ministère des Affaires étrangères, dont j'avais assumé la direction, environ 30% des employés étaient agents du KGB. Selon leurs renseignements, une contre-révolution était en préparation. J'avais parlé à certains d'entre eux, sans réussir à persuader personne. Alors, en signe de protestation, je présentai ma démission. 

J'avais dit à l'époque : "J'ai à faire la déclaration la plus courte de toute ma vie. La dictature approche, personne ne sait quelle sera cette dictature ni qui sera le dictateur, qui arrivera (au pouvoir) ni ce qu'il adviendra de la perestroïka, de la démocratie, etc.". On m'avait demandé de rester, mais j'avais quitté la salle, j'étais monté en voiture et j'étais rentré chez moi. 

A peu près un mois et demi plus tard, Mikhaïl Gorbatchev arriva à Foros (Crimée) pour s'y reposer. Mais, à mon avis, il fit d'abord escale à Minsk où il déclara aux dirigeants locaux que la menace de la dictature était réelle et demanda aux partisans de la perestroïka de faire preuve de prudence et d'empêcher l'instauration de cette dictature. 

Puis il y eut le putsch du GKTchP (Comité d'Etat pour la situation d'urgence), et les rapports entre les présidents de l'URSS et de la Russie s'envenimèrent encore plus. Il était impossible d'arrêter la désintégration de l'Etat. 

a62ad1827fd3942f6be56c022f984690.pngQ : La Géorgie a adhéré à la CEI deux ans après la fondation de la communauté. Lui a-t-on forcé la main ou était-ce une décision volontaire ? 

R : Je n'aspirais pas à adhérer à la CEI, je ne brûlais pas d'envie de le faire. Après avoir lu les statuts de la communauté, j'avais constaté que cette organisation ne pourrait remplacer l'Union soviétique. Mais Boris Eltsine insista beaucoup, il me téléphona plusieurs fois. Je n'étais pas contre, mais la Géorgie avait déjà un parlement, dont 30 à 40% des députés étaient opposés à l'adhésion à la CEI qu'ils associaient à l'Union soviétique. 

Environ deux ans après, au cours d'un séjour à Moscou, j'avais rencontré Boris Eltsine et lui avais déclaré être disposé à rejoindre la CEI, malgré les contradictions qui existaient au parlement. La tragédie de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud était criante, et j'estimais que le règlement de ce problème dépendrait de la Russie. 

Q : Ces problèmes ont été gelés pour plusieurs années, mais le troisième président géorgien Mikhaïl Saakachvili a récemment déclaré qu'il réussirait en quelques mois à faire revenir l'Ossétie du Sud sous juridiction de la Géorgie. 

R : Je ne sais pas trop quoi dire. L'ancien ministre de la Défense, (alors) son ami, l'avait également déclaré. Ils n'y sont pas parvenus. En ces temps de campagne présidentielle (en Géorgie, ndlr.), les candidats distribuent généreusement des promesses à droite et à gauche. Il a promis de reprendre également Soukhoumi (capitale de l'Abkhazie, ndlr.), mais ce n'est pas si simple. Rien ne se fera sans la Russie. Si l'on arrive à s'entendre avec Moscou, si l'on trouve des variantes admissibles pour la Géorgie comme pour l'Abkhazie et la Russie, alors on pourra résoudre ce problème. 

Je me suis entretenu maintes fois avec Vladimir Poutine. Je suis certain qu'il est possible de s'entendre avec lui, malgré les relations actuelles très complexes entre la Russie et la Géorgie. M. Poutine est un homme de parole. 

Un jour, je reçus un coup de fil de Vladimir Poutine qui se reposait à Sotchi. Il m'invita à le rejoindre, pour me reposer à mon tour et pour parler affaires. J'acceptai. Il me proposa de rétablir le secteur abkhaze du chemin de fer, afin que les trains puissent rallier Bakou, Erevan, et même la Turquie. Je ne fis aucune objection, mais lui demandai à mon tour d'assurer le retour des réfugiés dans le district de Gali. A l'époque soviétique, il comptait 80.000 habitants, pour l'essentiel, des Géorgiens. Riche en thé, en agrumes et en noix, ce district nourrissait, pour ainsi dire, presque la moitié de l'Abkhazie. 

Vladimir Poutine décrocha le téléphone et appela le général russe qui assumait le commandement des forces de paix. "Des habitants du district de Gali résident dans les districts mingréliens, dit-il. Donne l'ordre de réunir ces gens et de les rapatrier dans le district de Gali. J'ai donné ma parole au président géorgien, par conséquent, je vérifierai dans quelques jours comment tu auras accompli cet ordre". Il était impossible de réunir tout le monde, mais 50 à 60.000 réfugiés retournèrent dans le district de Gali. 

Q : Revenons à l'Union soviétique. Qu'en pensez-vous, est-il possible de recréer quelque chose de semblable ? 

R : C'est exclu. Tous les Etats sont devenus indépendants, et pas seulement la Géorgie. Par exemple, il est douteux que le Kazakhstan renonce à son indépendance: c'est un pays très riche possédant tous les éléments du tableau de Mendeleïev. D'ailleurs, Noursoultan Nazarbaïev s'est proclamé président à vie. 

f726671ed5cb947ee7d2381a736ed9d1.pngQ : La CEI a-t-elle un avenir ?

R : Oui, si cette organisation se met à vraiment fonctionner, si elle influe réellement sur la situation dans l'espace de la CEI. C'est possible. 

Q : Passons maintenant de l'URSS et de la CEI à la Géorgie indépendante. Différents bruits circulent à propos de votre démission du poste de président géorgien. Les uns disent que Mikhaïl Saakachvili est votre disciple, que vous lui avez transmis le pouvoir au moyen de la "révolution des roses", d'autres affirment que vous manquiez de forces et de moyens pour venir à bout des manifestants, d'autres encore estiment que Moscou vous a contraint à le faire. Qu'en est-il en réalité ? 

R : Moscou n'y est pour rien. 

Q : Pourquoi Igor Ivanov, le ministre russe des Affaires étrangères de l'époque, s'était-il alors rendu en Géorgie ? 

R : Igor Ivanov était arrivé en tant qu'ami. Avant notre rencontre, il avait contacté l'opposition. Mais il ne pouvait rien faire pour moi. Il m'avait demandé un avion pour partir pour Batoumi, et de là pour Moscou. Sa mission s'était arrêtée là. 

J'étais en train de prononcer un discours à la tribune du parlement lorsque les conspirateurs Saakachvili, Jvania et autres ont fait irruption. J'ai vu dans la salle des gens armés de fusils d'assaut, de pistolets, de couteaux, de matraques... 

Q : Où étaient donc les roses ? 

R : Il n'y avait pas de roses, je ne sais pas pourquoi cette révolution fut baptisée la "révolution des roses". Je n'ai vu aucune rose. 

Naturellement, en voyant cette menace, mes gardes du corps me conduisirent dans la cour où je vis, d'un côté, des partisans de l'opposition et, de l'autre, mes partisans, au total, environ 2.500 personnes. On me dit de tenir ferme, que 100.000 personnes se rassembleraient le lendemain en vue de me manifester leur soutien. 

Je qualifiai la situation de tentative de coup d'Etat et décrétai l'état d'urgence. Je montai dans ma voiture et rentrai chez moi. En route, je raisonnais comme suit : "Certes, je peux le faire, puisque je reste président et commandant en chef, et que l'armée doit obéir aux ordres du commandant en chef. L'armée a des canons, des chars, elle n'est pas très grande, mais assez bien équipée. Naturellement, l'armée vaincra. Mais il y aura des morts d'un côté comme de l'autre. En tant que président de la Géorgie, je me dis que si des gens meurent, leur appartenance à tel ou tel camp a-t-elle la moindre importance ?" 

De la voiture, j'appelai la chancellerie et ordonnai l'annulation de l'état d'urgence. A la maison, ma femme me dit : "Qu'est-ce que tu veux faire? Je sais parfaitement ce qu'est l'état d'urgence. C'est un bain de sang que tu veux ?" Je lui répliquai qu'il n'y aurait aucune effusion de sang, mais que le lendemain je ne serais plus président, que j'allais présenter ma démission. Mon fils me téléphona de Paris, il travaille à l'UNESCO. "Papa, est-ce que du sang sera versé ?" demanda-t-il. Je lui dis qu'il n'y aurait pas d'effusion de sang. Ensuite, j'invitai les conspirateurs Jvania et Saakachvili et leur dis : vous savez ce qui s'est produit hier. Que fait-on maintenant ? 

Jvania me dit que la démission du président serait l'issue la moins douloureuse. "Puisque nous sommes vos élèves, nous ne pouvons pas vous le proposer", dit-il. "Alors, nous perdons inutilement du temps, répliquai-je. J'ai pris hier ma décision : dès aujourd'hui, je ne suis plus président. Si mes conseils peuvent vous être utiles, je suis à votre disposition". 

Ensuite, des élections eurent lieu, et Jvania devint premier ministre, avant d'être assassiné. 

Q : S'agit-il d'un meurtre ou d'une intoxication au monoxyde de carbone ?

R : C'est un meurtre. D'abord, on a déclaré qu'il s'était intoxiqué au monoxyde de carbone, mais les experts géorgiens et américains n'ont pas confirmé cette version. 

Je ne sais pas où il a été assassiné ni dans quelles circonstances. 

Q : Comment expliquez-vous les événements qui se sont produits début novembre à Tbilissi ? 

R : Le peuple est affamé. Je sais que les Russes ne sont pas tous riches, qu'il y a des problèmes dans certaines régions. Mais la Russie n'est pas affamée, d'ailleurs, le mérite en revient à Vladimir Poutine. C'est un homme instruit et intelligent, il a assuré une vie décente au peuple russe. Chez nous, le peuple endure la misère et la famine... 

Q : Quelle est votre évaluation de la réaction des autorités ?

R : Lorsqu'on a appris que la population allait se rassembler à Tbilissi, le président aurait dû le même jour descendre dans la rue et parler au peuple. S'il avait promis la moitié de ce qu'il promet aujourd'hui, même un tiers, la foule se serait dispersée. Rien ne se serait produit. 

Quant à la fermeture de la chaîne de télévision Imedi, c'est de la barbarie, personne ne traite ainsi la télévision dans aucun pays. Est-ce que la télévision américaine ne répand que des louanges à l'adresse de George W. Bush? Il fait l'objet de critiques acerbes. Cependant, les chaînes de télévision n'ont pas été fermées aux Etats-Unis ni, d'ailleurs, dans aucun autre pays. 

Q : Quel est le rapport des forces pour l'élection présidentielle en Géorgie ? Quel candidat, à votre avis, pourrait apporter le plus aux citoyens du pays ? 

R : Je n'exclus pas que le peuple réélise Mikhaïl Saakachvili. Mais il se peut que l'opposition ne s'y résigne pas, il y a parmi ses opposants des personnalités fortes qui jouissent d'un soutien populaire important. Si Saakachvili échoue, nul ne sait comment il se conduira. Je crains de nouveaux troubles et une nouvelle menace de guerre civile. 

Q : Que pouvez-vous dire au sujet de Badri Patarkatsichvili ? 

R : Badri est arrivé en Géorgie grâce à moi. Il était recherché, de même que Boris Berezovski. 

J'avais entretenu des contacts avec Badri. Plus précisément, notre ambassade en Russie entretenait des contacts avec lui. Si la chaîne de télévision russe ORT, dont il était directeur commercial, préparait une émission négative à l'égard de la Géorgie, il suffisait de téléphoner à Badri pour que cette émission soit annulée. 

A propos, j'ai dit un jour à Vladimir Poutine: nous avons délivré un passeport géorgien et autorisé à résider à Tbilissi un homme que vous recherchez. Berezovski? a demandé Poutine. Non, Badri Patarkatsichvili, lui ai-je répondu. Ah, Badri, a-t-il dit. Badri n'est pas mal, Badri est un homme bien. 

Badri se présente aussi à la présidence géorgienne. J'ai d'ailleurs dit que si j'étais président, je le nommerais premier ministre. Il est très intelligent, il sait compter l'argent, il s'est beaucoup occupé d'actions caritatives, et a dépensé beaucoup pour cela. Chez nous, il jouit d'un grand respect, et même d'une grande affection. 

Mais il ne se trouve pas actuellement à Tbilissi. On lui a mis des affaires sur le dos, à juste titre ou non, je ne saurais le dire. 

Q : Permettez-moi de vous poser une question sur l'élection présidentielle en Russie. Quelle est votre attitude par rapport au fait que le nom du futur président soit presque connu ? 

R : A mon avis, il est très important que Vladimir Poutine reste, d'une manière ou d'une autre, le premier personnage, car il est soutenu par la majorité parlementaire et jouit du respect du peuple. Dmitri Medvedev est moins connu du peuple que Vladimir Poutine. Par conséquent, si Vladimir Poutine devient premier ministre, il sera, en fait, le premier personnage. Quant à Medvedev, j'ai entendu dire qu'il était un homme cultivé et instruit, mais je ne le connais pas personnellement. 

Q : Ya-t-il une recette pour l'amélioration des rapports entre la Géorgie et la Russie ? 

R : Tout dépend des dirigeants. Je pense non pas au futur président Dmitri Medvedev, mais à Vladimir Poutine, ainsi qu'à celui qui sera élu en Géorgie. 

Il leur faudra avancer l'un au-devant de l'autre, et le premier pas doit être fait par le président géorgien. Mais si Vladimir Poutine prend l'initiative, ce sera tout à son honneur, et tout le monde y verra un signe de magnanimité.

Source de l'entretien : RIA NOVOSTI

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jeudi, 30 août 2007

Statut du Kosovo : Vuk Jeremic rappelle les propositions serbes

b6122ddebe13010f505091f084a22dce.jpgLes discussions sur l’avenir du Kosovo reprennent aujourd’hui à Vienne. Le ministre des Affaires étrangères de Serbie, Vuk Jeremic, rappelle les positions de Belgrade, en détaillant ce que serait le contenu de l’autonomie accordée au Kosovo et ce que pourrait signifier le maintien de la souveraineté serbe... Une chose est en tout cas certaine : Belgrade se félicite de la reprise des négociations, qu’elle considère comme un premier succès diplomatique.

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lundi, 27 août 2007

Colonel Vincenz : "L’armée suisse se transforme en intrus au sein de notre démocratie"

f4e28bf93ae83b31ff88db3f517e43ba.jpgDans l’interview que nous publions ci-après, M. Albert Vincenz, ancien colonel, répond à quelques questions concernant l’accident d’avalanche de la Jungfrau. Après avoir fait carrière au sein des troupes de montagnes où il a exercé diverses fonctions de commandement et d’état major, M. Vincenz a été, jusqu’en 1995, commandant du régiment d’infanterie 60 (brigade frontalière 12, Grisons).

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mercredi, 08 août 2007

Léon Degrelle (1906-1994) : Autoportrait d'un soldat politique

Documentaire télévisé (en 2 parties) réalisé par Jean-Michel Charlier en 1978

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vendredi, 09 mars 2007

L'Amérique à Bruxelles

medium_Florence_AUTRET.jpgComment la CIA accède-t-elle à nos données personnelles depuis l'Europe ? Comment les services secrets US peuvent-ils enlever et torturer en toute impunité sur le sol européen ? Quel est le véritable pouvoir de nos élus dans la communauté européennes qui se construit ? Comment les Etats-Unis influencent-ils nos dirigeants ?
 
Journaliste économique et conférencière à Science-Po en tant que spécialiste du lobbying européen, Florence Autret nous dévoile cette face cachée de l'Europe : celle d'une Europe noyautée par Washington.
 
 
 

lundi, 11 décembre 2006

JEAN MABIRE par ERIC LEFEVRE

medium_Jean_mabire.2.jpgEric Lefèvre fut le documentaliste de Jean Mabire.

Il nous raconte leur association et l’amitié qui les lia.

 

« La grande force de Jean,

c’était sa puissance de travail. »

 

Comme Ernst Jünger avait élu domicile dans l’annexe du château des Stauffenberg, en Souabe, Eric Lefèvre vous accueille à l’entrée de la propriété familiale, dont il occupe les dépendances juste à droite du portail, quelque part en banlieue parisienne, au milieu des arbres et des fourrés. Suivez-le au salon, son bureau bibliothèque est bien à l’image de ses livres, surchargé d’histoires et de souvenirs. Partout ce sont des photographies couleur sépia, encadrées ou non, des plans, des cartes ; ici un sabre d’empire, là le drapeau d’un régiment dissout enroulé sur sa hampe ; là encore, posé sur une pile de livres anciens, un char miniature dont la peinture s’écaille et sur le parquet, les fauteuils, dépassant des tiroirs ouverts, un amoncellement de papiers, de journaux jaunis. On ne sait où donner de la tête. Eric Lefèvre est journaliste et historien militaire, avec une préférence marquée pour le XXe siècle. En témoignent les titres de ses livres : La Division Brandebourg, Les Panzer en Normandie, Dunkerque. La Bataille des dunes, Opération Epaulard, La LVF. Il fut aussi pendant dix ans le documentaliste « attitré » de Jean Mabire et un de ses amis les plus fidèles. Eric Lefèvre a accepté de nous recevoir chez lui pour nous parler, non sans émotion, du Jean Mabire qu’il a connu.

 

Eric Lefèvre, vous avez été le collaborateur de Jean Mabire sur plusieurs livres, mais comment vous êtes-vous connus et qui a eu l’idée de cette coopération ?

Nous nous sommes connus en 1974 par l’intermédiaire d’un ami de mon père, Robert B., à l’époque où Jean travaillait au deuxième volet de sa trilogie sur les SS français, La Division Charlemagne. Je le connaissais de réputation et aussi pour ses articles dans Europe-Action et L’Esprit Public. Je m’étaismedium_waffen_ss_francais_de_la_division_Charlemagne.2.gif spécialisé dans l’histoire militaire, en particulier les Français sur front de l’Est, et il m’a proposé de l’aider. J’avais vingt-cinq ans, et lui un passé déjà très diversifié. Jean avait publié son livre sur Drieu La Rochelle [ndlr : Drieu parmi nous, LTR], Les Hors-la-loi, sorti en mai 68 en librairie, ce qui fait qu’il n’a pas eu un destin digne de sa qualité, et puis La Brigade Frankreich, sorti en 1973. Je n’en avais encore lu aucun à ce moment-là. Le premier, Les Hors-la-loi, je l’ai lu en accomplissant mon temps légal à Commercy. On a tout de suite accroché lui et moi. 

En quoi consistait votre participation ? Sur quels livres avez-vous travaillé avec lui ?

Jean avait besoin d’un documentaliste. Au départ je suis intervenu comme iconographe, pour illustrer ses cahiers photos. Jean n’étant pas un spécialiste des aspects matériels (armement, uniformes, etc.), je suis devenu plus ou moins son conseiller pour toutes ces questions.

Ma première contribution en tant que documentaliste fut sur L’Eté rouge de Pékin. [ndlr : paru chez Fayard en 1978] Nous étions alors à la recherche d’un sujet fort. Nous sommes allés au cinéma du quartier, lequel rediffusait Les 55 jours de Pékin, le film de Nicholas Ray que nous n’avions jamais vu ! Je me suis chargé de rassembler la documentation. Lors de notre dernière conversation téléphonique, nous parlions encore de sa prochaine réédition, au Rocher. Plus tard, nous avons travaillé sur l’histoire de La Division Wallonie chez Art et Histoire d’Europe. Lui a fait le texte, moi les légendes des photos et la maquette. Notre principale collaboration a débuté dans les années 80, une histoire de la LVF en plusieurs volumes, le premier étant paru en 1985 chez Fayard. Entre-temps j’ai composé les cahiers photos de certains de ses livres dans la collection « Troupes de choc ».

Je suis aussi intervenu pour illustrer à la gouache deux de ses trois livres sur les SS français et L’Eté rouge de Pékin. Pour le reste, je l’ai aidé, aiguillé sur les sources, mais je n’ai pas fourni la documentation. 

De tous ses livres, près d’une centaine, quel fut son plus gros succès de vente ?

Son plus gros succès reste la trilogie sur la Brigade Frankreich. Les trois tomes [ndlr : La Brigade Frankreich, La Division Charlemagne, Mourir à Berlin, aux Editions Fayard et réédités chez Grancher] se sont vendus à des dizaines de milliers d’exemplaires, toutes éditions confondues. 

Et son échec le plus cuisant ?

Les livres de ces dernières années, dans l’ensemble. Mais je ne suis pas sûr que ce soit tellement dû à une désaffection du public pour son talent ; plutôt à un désintérêt pour le livre en général je dirais et au trop grand nombre d’ouvrages publiés. Les gens passent plus de temps devant un écran de télévision que devant un livre de nos jours.

La revue Hommes de guerre, pourtant très bien faite, aussi a été un bide. Jean venait de faire une belle prestation avec l’hebdomadaire Troupes d’élite, et quand ça s’est arrêté, je l’ai mis en relation avec la maison d’éditions Histoire & Collections, de façon à poursuivre l’aventure. Mais Hommes de guerre n’a pas réussi à attirer à lui les fidèles de Troupes d’élite. Le public est attaché à un titre, pas à un contenu. Nous l’avons compris brutalement.

Sa plus grande déception, je crois, fut l’échec de ses Eveilleurs de peuples, chez Fayard, en 1982 : Jean croyait que ça marcherait tout seul, que le livre trouverait son public sans effort. Le livre ne s’est pas vendu, parce qu’il n’y avait tout simplement pas de public pour lui.

25 ans en 1974, donc 19 ans en 1968 : comment en êtes-vous venu à vous spécialiser dans l’histoire militaire ?

Suivant le même processus que tous ceux dans le même cas, j’ai commencé avec les soldats en plastique et les véhicules miniatures Dinky Toys. De là les modèles réduits, de là la collection d’objets, et puisque je savais écrire… Je suis très sensibilisé à la photographie, à son commentaire. La photographie n’est pas, comme la plupart le pensent, juste destiné à illustrer un texte, mais une source en soi. Je suis resté un peu collectionneur, mon père m’ayant donné le goût de l’objet. Cela implique de tout connaître d’une armée : le recrutement des hommes, l’organisation tactique, etc. Aujourd’hui je continue, j’ai plusieurs ouvrages en préparation, outre un album de plusieurs centaines de photos des français de la LVF en attente d’un éditeur. Et des articles en préparation pour Militaria Magazine, Batailles. Je n’ai certes pas la puissance de travail de Jean, qui était une machine à écrire, et avec une facilité ! Je l’ai vu écrire des nuits entières et le lendemain livrer son manuscrit prêt à imprimer. La grande force de Jean, c’était sa puissance de travail. 

Et en tant qu’historien de la chose militaire, quels sont selon vous ses meilleurs livres sur le sujet et pourquoi ?

Ses meilleurs livres, en tant qu’historien militaire, sont ceux qui ont vraiment apporté une contribution à l’histoire : en premier lieu La saga de Narvik, La Crète tombeau des paras allemands, et dans l’autre sens, La Bataille des Alpes. [ndlr : les trois ont paru aux Presses de la Cité] 

Jean Mabire était-il plutôt un romancier ou un historien ?

Pour moi, avant d’être historien, Jean était d’abord un raconteur d’histoires : lisez Les Hors-la-loi, Les Paras perdus, La Maôve. [ndlr : Robert Laffont, Presses de la Cité] Il avait l’étoffe d’un grand romancier.

Parce que ces livres se sont le mieux vendus, beaucoup continuent de réduire l’œuvre de Jean Mabire à l’historique de l’armée allemande. D’aucuns l’ont même accusé de nourrir une germanophilie des plus suspectes. Qu’en était-il en réalité ? On a beaucoup glosé aussi sur son engagement en faveur de la cause normande.

Jean n’était pas du tout germanophile, malgré ce qu’on pourrait croire. Il voulait célébrer la grandemedium_Chevalier_anglais_2.2.gif aventure, les prouesses guerrières, sous n’importe quel drapeau. Toutefois, son livre sur la 6è Airborne britannique en Normandie, qui était le pendant de sa production sur les paras allemands, a été un échec. Jean n’était pas seulement l’homme de la Wehrmacht ou de la Waffen-SS, il a aussi écrit sur les chasseurs alpins, Narvik, la bataille des Alpes. Mais il était d’une anglophilie extraordinaire, tellement l’histoire de l’Angleterre et de la Normandie étaient liées, au point de considérer, certes avec un peu d’humour, que le dernier duc de Normandie était la Reine d’Angleterre. Il s’estimait normand et européen mais pas français. Là-dessus, je le confesse, je n’ai jamais pu le suivre. En même temps, Jean avait une admiration profonde, sincère et totale pour la langue française, qui était pour lui le plus bel instrument, le plus riche, le plus élégant jamais inventé pour s’exprimer. Il était hermétique aux langues étrangères, il baragouinait deux trois mots d’anglais, et du reste, il ne parlait ni ne comprenait le patois normand. 

On connaît Jean Mabire écrivain, romancier, conférencier, mais comment était-il dans la vie ? Quel souvenir garderez-vous de lui ?

Sur le plan humain, Jean était je dois dire un type exceptionnel. Il avait gardé une âme d’enfant, un rien l’émerveillait, et je lui dois d’avoir découvert une Normandie que je ne connaissais pas. Je ne tarirais pas d’éloges à son sujet. Jean était de ces gens qui veulent refaire le monde. En cela il était un peu de gauche. J’étais un peu mal dans ma peau, il m’a psychologiquement remis sur les rails sans avoir l’air d’y toucher. En trente ans, nous avons eu deux engueulades, dont une était pleinement de ma faute.

Jean avait un humour fantastique, ce qui arrange bien des choses. Il savait mettre en confiance. Quand il vous parlait, vous aviez l’impression d’être seuls au monde, alors qu’il entretenait des relations avec des centaines de personnes. Lui me tutoyait, moi je le vouvoyais. J’aurais pu le tutoyer mais il avait l’âge d’être mon père. Au demeurant il ne me l’a jamais demandé. Tout ce que j’ai lu sur lui est vrai sauf un détail : Jean n’aimait pas la bière glacée mais la bière chaude. Jean adorait la vie. Incapable de méchancetés, c’est un truisme mais c’est vrai. Un rêveur, comme tous les artistes. Et quel orateur ! Il avait cette qualité rare, souvent incompatible, à savoir qu’il dominait aussi bien la plume et le verbe. Il aurait pu être tribun. Il n’était pas susceptible surtout. Quand il est mort, on a vraiment eu le cœur arraché. 

Propos recueillis par Laurent Schang

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