Terroriser l’adversaire. Chacun a ressenti lors du drame du 13 novembre dernier que la stratégie de l’effroi est au cœur de la guerre que Daesh mène désormais contre la France, notamment contre elle. Cette stratégie appelle chez nous tous une résistance à la tentation de la peur qui serait le succès de l’ennemi, et en même temps elle incite à une réflexion sur le passé qui permette de faire surgir l’évidence que depuis que les hommes se battent entre eux, ce ressort de l’angoisse, tant chez les militaires que chez les civils, a été utilisé pour tâcher de paralyser la capacité de résistance de l’ennemi. On constate que Jules César par exemple, durant la guerre des Gaules, y a recouru largement, et on cite toujours les procédés sanglants d’un Genghis Khan ou d’un Tamerlan. Le XXe siècle pour sa part a apporté la nouveauté des bombardements aériens, auxquels ont été assignés, bien au-delà des destructions d’objectifs stratégiques, des finalités psychologiques. Il faut ajouter, et cela n’est pas d’un moindre intérêt, que la terreur comme arme de guerre, s’est trouvée souvent, au long de l’histoire, enracinée dans des cruautés intestines qui se sont déployées notamment lors des plus barbares affrontements des religions.

Avec Hervé Drévillon, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne où il dirige l’Institut des études sur la guerre et la paix, directeur d’études à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM).