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AVEC :

Michèle Battesti : historienne, directrice du domaine « Défense et société » à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, spécialiste de l’histoire de la marine.

Aux confins de l’histoire, de la géographie, de l’économie et de la diplomatie, la mer subit une criminalité qui lui est particulière, dont l’illustration la plus visible est la piraterie. Depuis les années 1990, elle a resurgi dans les statistiques mondiales alors qu’elle semblait reléguée à des temps archaïques, à un passé révolu de la marine à voiles et de l’île de la Tortue, réduite à hanter les romans et les films d’aventure. Le présent ouvrage dresse un état des lieux sur les principaux foyers actuels de la piraterie maritime, ces nouveaux avatars d’un phénomène immémorial et intemporel, tout en interrogeant l’Histoire universelle, de l’Antiquité à nos jours, pour appréhender les réussites et les échecs des pratiques piratiques, les facteurs favorisant leurs émergences, la réalité des menaces qu’elles font peser sur la liberté des mers et les moyens de lutte mis en oeuvre par les États pour les éradiquer ou les contenir à un niveau supportable, le tout avec en arrière-plan la figure symbolique du pirate, chantre de tous les contre-pouvoirs.

urne et fusilMathilde Larrère : maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris-Est

D’août 1830 à février 1848, plus de 50 000 Parisiens, au sein de la garde nationale, revêtent l’uniforme plusieurs fois l’an pour goûter aux joies de la patrouille, de la faction et de la tournée de cartes au corps de garde.
Dans les rues barricadées, ils affrontent à trois reprises les émeutes, parfois tentés de les rejoindre. L’été, le roi fait parader ses « chers camarades » pour célébrer l’union du trône et de la milice. Les républicains ripostent en cherchant à détourner ces solennités, avant de briguer l’épaulette. Les élections de la garde parisienne, les plus démocratiques du règne, deviennent les temps forts de la vie politique. Le garde national entre dans les romans de Balzac, dans les toiles de la galerie de l’Histoire de France du nouveau musée de Versailles aussi. Et la milice bourgeoise, attachée au trône à force de solennités et de barricades renversées, n’en parvient pas moins à traverser la révolution de 1848, apparaissant en février comme une institution républicaine. Pourquoi ?
Comment ?
Mathilde Larrère interroge ce symbole du peuple, mémoire de la révolution et figure de la citoyenneté qu’est la garde nationale. Elle compose ainsi, à travers le portrait de ses « bourgeois parisiens », une histoire politique et institutionnelle mais aussi sociale de la Monarchie de Juillet.