jeudi, 24 mai 2012
École de Guerre : Tables rondes autour de l’utilisation militaire de l’espace (27 JUIN 2012)
L’espace, ce milieu physique particulier, objet de nombreux fantasmes est le lieu de tous les défis scientifiques et technologiques. Il est encore fort méconnu et semble être réservé à quelques privilégiés.
Pourtant, sans que nous en ayons conscience, l’espace a déjà envahi notre quotidien au travers de multiples applications.
Même s’il n’est pas (encore) question d’y faire la guerre, l’espace est omniprésent dans le domaine des opérations militaires. Les technologies spatiales, sont de véritables multiplicateurs de puissance tant sur le plan tactique que politique.
Au-delà des applications bien connues de transmission d’imagerie ou de géolocalisation, elles concourent à améliorer la connaissance, l’anticipation et les liaisons. Elles permettent d’agir dans le tempo des engagements modernes et de répondre à l’exigence de résultat.
L’accès à l’espace est devenu un enjeu stratégique pour chaque Etat qui a la volonté d’assurer sa sécurité et sa souveraineté, tout en pouvant faire entendre sa voix sur la scène internationale.
L’École de guerre organise le 27 juin 2012 des ateliers de réflexions sur le thème "Espace et opérations, enseignements et perspectives".
En s’appuyant sur l’expérience acquise lors des derniers engagements opérationnels, l’objectif sera de mettre en évidence cette prééminence de la "chose spatiale" dans les opérations actuelles, mais aussi, d’identifier les domaines dans lesquels des évolutions sont nécessaires.
Inscriptions libres et par mail : atelier-espace.edg@academie.defense.gouv.fr
Cliquer sur l'image pour télécharger le programme
Merci d'indiquer dans votre mail d'inscription que vous venez suite à l'information diffusée par TB.
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samedi, 19 mai 2012
Manipulation de l'opinion, ordre public et intelligence économique
Existe-t-il des opérations d'influence de l'opinion susceptibles de nuire aux intérêts économiques stratégiques de la France et de troubler l'ordre public ? Les médecins disent que ''l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence''. Or, la manipulation est un crime sans preuve mais pas sans trace.
Manipuler l'opinion pour forcer les dirigeants des démocraties à prendre des décisions allant contre les intérêts supérieurs de la Nation a déjà été pratiqué par les régimes totalitaires. Leurs recettes restent d'actualité.
En effet, l'opinion publique est peu réceptive aux enjeux à long terme et internationaux. Elle se mobilise plus facilement pour ses conditions de vie immédiates. Ce qui facilite le travail de manipulation.
Certains acteurs économiques, parfois étatiques mais surtout privés, mènent une lutte d'influence invisible pour l'homme de la rue. La forme ne pouvant qu'être indirecte, ils n'agissent que par des intermédiaires affichant des motivations louables.
L'opinion publique est manipulée, influencée, au nom de la bonne cause mais pour des intérêts strictement matériels.
La méthode est simple. Il suffit d'utiliser une peur viscérale, de l'adapter à un sujet actuel et même une diffusion à grande échelle ne laissera que des questions ou un faisceau d'indices mettant le manipulateur initial hors de toute accusation formelle.
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vendredi, 18 mai 2012
La maîtrise des armements conventionnels en Europe : un concept périmé issu de la guerre Froide ?
L'auteur de cet article souhaite remercier tout particulièrement le chef de corps de l'Unité Française de Vérification et son personnel.
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Du temps de la guerre Froide, la multiplication des armements conventionnels en Europe avait poussé les nations européennes et leurs alliés à instaurer un dialogue avec le bloc soviétique pour limiter la course aux armements. Mais dans une Europe aujourd’hui apaisée, la maîtrise des armements conventionnels semble moins prioritaire. Est-ce, dès lors, un concept périmé ?
La stabilité européenne résulte de ce dialogue. Elle repose sur une architecture de sécurité basée, entre autres, sur la maîtrise des armements conventionnels en Europe, d’où l’importance de cette question. Mais cette stabilité reste fragile. Aujourd’hui, les outils de maîtrise des armements conventionnels sont remis en cause par certains acteurs de la sécurité européenne. A terme, cette situation pourrait compromettre l’avenir de la maîtrise des armements en Europe. Comment sortir de l’impasse ?
La crise de l’architecture de la sécurité européenne reflète une logique de blocs post-guerre Froide. L’incompréhension persistante entre la Russie et l’OTAN ne permet pas d’envisager une sortie de crise rapide. Or, plus le temps passe, plus les marges de manœuvre dans les négociations s’amenuisent.
Pour avoir une vue d’ensemble de la situation, il faut répondre aux questions suivantes : comment s’inscrit la maîtrise des armements conventionnels dans l’architecture actuelle de la sécurité européenne ? Quels sont les points bloquants dans les négociations actuelles ? Quels sont les risques en cas de non-sortie de crise ?
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vendredi, 20 avril 2012
L’art glorieux de la retraite, par le commandant Fabrice FORQUIN (École de Guerre)
Peu étudiée et rarement mise en exergue car faisant presque toujours suite à une défaite, la retraite, si elle est bien conduite, confère paradoxalement au chef qui en a la charge un grand mérite - à défaut d’une grande gloire - car dans l’art de la guerre, la retraite est sans doute l’exercice le plus difficile et rares sont les chefs de guerre y ayant excellé. Plutôt que de se lancer dans une évocation forcément incomplète et contestable des plus belles retraites de l’histoire militaire, l’étude portera sur deux d’entre elles, différentes l’une de l'autre donc complémentaires, afin d’en tirer des enseignements. Ainsi, seront plus particulièrement évoquées la retraite du maréchal Grouchy à la fin de la campagne de Belgique de 1815 et l’évacuation de Gallipoli en 1915.

Les campagnes militaires sont surtout connues et étudiées à travers leurs hauts faits d’armes, charges héroïques, batailles homériques, victoires spectaculaires ou offensives éclair. Inversement, les brillantes retraites sont peu évoquées du fait probablement de leur caractère par essence peu décisif et en apparence peu glorieux. Il est vrai, qu’au premier abord, les mots "retraite" et "brillante" semblent antinomiques. Ainsi, à titre d’exemple, la "retraite de Russie" est devenue légendaire non bien sûr pour la qualité de sa conduite ou de sa conception mais seulement pour son caractère dramatique. C’est pourtant un tort que d’occulter l’étude des retraites car l’art du repli est sans doute le plus difficile à maîtriser pour un général et c’est sans doute le plus discriminant quand il s’agit de s’interroger sur la valeur d’un chef de guerre. Le général qui y réussit est à coup sûr un grand chef de guerre car il est toujours en position délicate et le plus souvent à la tête de forces battues et abattues. A l’inverse, le vainqueur d’une offensive récolte les lauriers de la gloire alors qu’il possédait le plus souvent avant sa victoire de solides atouts par rapport à son adversaire.
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jeudi, 12 avril 2012
Point de vue : Pourquoi les héros sont-ils très discrets ?
Lors des cérémonies du 11 Novembre, le président Sarkozy a rendu un hommage appuyé à tous les soldats tombés en 14-18 : "Tous furent des héros, même ceux qui, après avoir affronté avec un courage inouï, les plus terribles épreuves, refusèrent un jour d’avancer parce qu’ils n’en pouvaient plus." Ces mots illustrent bien la différence et la distinction entre Mémoire et Histoire. La politique de mémoire peut choisir de réhabiliter certains ou en oublier d’autres : elle suit un objectif qui lui est propre et qui peut varier au fil des ans et des circonstances. L’histoire, elle, souligne les faits et les inscrit dans la durée. Comment, alors, définir le "héros" ? Peut-on le caractériser au-delà des circonstances du moment et de façon "transcendante" ? Héros : comment ce terme paroxystique résonne-t-il aujourd’hui pour nos concitoyens ? Est-ce trop élogieux ?
Hélas, il en faut ! Heureusement nous en avons… "Les nations ont besoin de héros et de saints comme la pâte a besoin de levain", disait Gustave THIBON. Cette citation mérite à mon sens d’être développée : la notion de héros revêt diverses acceptions, du dépassement de la condition humaine au héros comme labellisation d’un projet politique. Sur ce plan, les Anglo-saxons n’hésitent pas et ont valeur d’exemple. Le terme "heroes" apparaît régulièrement en première de couverture et les médias décrivent volontiers les actes de bravoure, dans le détail, sans ambages. Le président Obama a décoré l’an dernier et en grande pompe le Staff Sergeant Salvatore GIUNTA pour ses actes de bravoure au combat en Afghanistan. Il est le premier soldat à recevoir la médaille d’honneur de son vivant depuis la guerre du Vietnam… Si vous tentez l’expérience de taper son nom sur le web, plus de quatre millions de résultats apparaîtront ! Le sens donné à l’action des militaires américains, explique cette mise en valeur : les Etats-Unis sont en guerre depuis 2001, et le soldat est le défenseur de la "destinée manifeste" du pays. Il représente la lutte du bien contre le mal. Sous la bannière étoilée, il incarne la métaphore du soldat d’Hollywood.
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mercredi, 28 mars 2012
Kadhafi et Gbagbo tombent à l’eau…. Qu’en retenir pour nos Armées ?
L’histoire militaire retiendra de 2011 le début du retrait annoncé par l’OTAN en Afghanistan. N’oublions pas pour autant les deux succès militaires dans lesquelsla Francea pris une part déterminante : le premier en République de Côte d’Ivoire (RCI), caractérisé par la chute du président sortant Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, le second en Libye, marqué par la capture du "roi d’Afrique", Mohammar Kadhafi, le 20 octobre 2011.

Sans préjuger de l’issue des phases de transition en cours, ni en tirer des conclusions péremptoires, ces succès militaires démontrent la pertinence actuelle de l’outil de défense, qui a permis d’atteindre rapidement les buts politiques fixés. Ce modèle n’existe actuellement que parce quela Franceassume le choix d’un outil de défense à large spectre.
Les deux conflits montrent la complémentarité et la maturité des armées, quinze années après le début de la professionnalisation.
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vendredi, 16 mars 2012
Opinion : La "grande muette" doit surtout parler de ses soldats
En septembre dernier la députée de Gironde, Michèle Delaunay militait pour que la Défense "valorise l'action et l'engagement de ses soldats indépendamment des interrogations et des réserves qui peuvent accompagner notre engagement en Afghanistan." Elle demandait au ministre de la Défense de préciser les mesures que le gouvernement comptait prendre "afin que notre pays, ses élus et ses responsables manifestent leur reconnaissance et leur compréhension aux soldats qui paient un lourd tribut".

Considérant les mesures déjà prises par le gouvernement pour promouvoir cette reconnaissance nationale, cette interrogation souligne la nécessité de réfléchir sur la visibilité de ces dispositifs. Cela pose ainsi la question des objectifs de la communication des armées.
Une armée professionnelle a le devoir de parler de la violence à ses concitoyens : faire saisir son sens profond mais aussi rappeler que la force est employée en leur nom et dans leur intérêt. La communication des armées a un rôle clé à jouer afin que le lien qui unit le soldat à la Cité ne se rompe pas : elle doit faire partager, montrer, honorer et humaniser l’action de nos soldats engagés en opération où la France leur demande de servir, voire de mourir.
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jeudi, 08 mars 2012
Création d'un club "wargame" à l'École de Guerre
L’Ecole de Guerre a créé cette année un club wargame au sein de la 19ème promotion. Ce club regroupe les officiers des trois armées et de la gendarmerie ainsi que des officiers étrangers pour pratiquer cette activité.
Dans ce cadre, nous organisons une convention ouverte au public le week-end des 02 et 03 juin 2012 à l'Ecole Militaire à Paris, 1 place Joffre, 75007.
Celle-ci sera ouverte à tous les types de jeu et toutes les époques.
Une participation de 5 euros sera demandée, l’intégralité des bénéfices sera reversée à la Cellule d’Aide aux Blessés de l’Armée de Terre (CABAT) via l’association Terre Fraternité.
Une loterie sera organisée pour remettre aux gagnants les jeux que de nombreux éditeurs nous ont gracieusement offerts.
Une présentation des armées et de l'Ecole de Guerre sera également proposée.
Le colonel Goya sera présent au cours de ce week-end ainsi qu’une dizaine d’officiers de l’Ecole de Guerre.
Renseignements et inscriptions : wargame.ecoledeguerre@hotmail.fr
- lors de votre inscription merci de fournir noms et prénoms (contrôle des identités à l'entrée car zone militaire)
- si vous venez le samedi et le dimanche ou un seul des deux jours
- quels jeux vous apportez ou lesquels souhaitez vous pratiquer (une liste sera publiée ultérieurement)
- si vous souhaitez manger sur place et dans ce cas précisez midi, soir et le jour (6€ le repas complet au mess de l'Ecole)
- les horaires pour l'instant sont fixés entre 09h30 et 19h30 mais on affinera peut être
- un petit déjeuner vous sera offert le samedi matin
- une participation de 5 euros vous sera demandée à régler sur place en espèce ou en chèque
- ouvert à TOUS les jeux, TOUTES les époques, TOUTES les échelles
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lundi, 05 mars 2012
Quand la Défense défend…l’environnement
Dans la région du grand Galibier au beau milieu des Alpes existe une communauté d’intérêt pouvant paraître surprenante entre le ministère de la Défense et les milieux écologistes : la présence d’un champ de tir militaire rend impossible toute prédation humaine et permet ainsi de protéger une rare variété de truite de torrent.
Même si la vocation de la Défense n’est a priori pas la protection de l’environnement, ce cas est loin d’être isolé : 200 hectares inutilisés de prairies du marais de la Beaune, dans une boucle de la Charente, viennent également d’être rétrocédés au conservatoire du littoral. L’ancienne emprise militaire sera désormais administrée par la ligue de protection des oiseaux (LPO). "Quand la grande muette parle de biodiversité, on écoute", a commenté à cette occasion Alain Bougrain-Dubourg, le président de la LPO.
Depuis 2007, le ministère de la Défense a pris à son compte le "Grenelle de l’environnement" en le déclinant en un "Brienne de l’environnement", dotant le ministère d’un plan d’action couvrant tous les sujets environnementaux. Occupant des espaces naturels très étendus, exploitant des installations classées pour la protection de l'environnement et gérant le parc immobilier le plus vaste de France, le ministère de la Défense se doit en effet d’avoir une responsabilité affirmée dans le domaine de l'environnement. Plus particulièrement, les 250.000 hectares de terrains militaires d'entraînement (terrains de manœuvres, champs de tirs, etc.) d'accès réglementés, préservés de l'urbanisation et des pesticides agricoles, présentent bien souvent une richesse faunistique et floristique remarquable. Parmi les zones les plus sensibles, 600 hectares de côtes ont déjà été cédés au Conservatoire du littoral, et plusieurs dizaines de dossiers sont en cours de traitement. Vingt pour cent de ces terrains parmi lesquels figurent notamment les camps de la Valbonne, de Canjuers, de Captieux et de Montmorillon sont d’ores et déjà classés Natura 2000 et appartiennent donc à ce réseau de sites écologiques dont les deux objectifs sont de préserver la diversité biologique et de valoriser le patrimoine naturel de nos territoires. Et dire que les mouvements écologistes ont soutenu la lutte contre l’extension du camp du Larzac !
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jeudi, 01 mars 2012
Afghanistan : L'ambition d'un enfant et les larmes d'une femme…
L'École de Guerre transmet aujourd'hui aux lecteurs de TB un texte particulier sur sa forme. Nous retrouvons ici la narration qui tranche agréablement avec les textes habituels d'analyse. Cette courte nouvelle, écrite par un stagiaire, devrait ultérieurement s'insérer dans un recueil.
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La brise de la nuit parcourait les flancs de la vallée. Elle régnait encore tant que les rayons du soleil, qui rosissaient déjà les sommets, ne viendraient pas attiser de leurs feux les murs de terre sèche. Comme une caresse sur nos joues, elle était cette douceur que l'on ne connaît plus depuis quelques mois. Ô combien nous manque-t-elle cette douceur, cette parole douce d'une femme qui murmurait à nos oreilles, avant notre départ. Cette oreille qui écoutait nos exploits, nos désirs, nos déceptions et nos fiertés. Désormais, nos pensées, nos impressions, nous les gardons pour nous ; ce matin, je les confie à la brise... C'est étonnant comme les sentiments se retrouvent comme gommés, après des mois d'opérations. L’absence de la famille ne se fait plus cruel. Nous ne sommes jamais totalement heureux ou satisfaits ; nous ne sommes jamais totalement déçus ou affectés. Même la peur n'est plus aussi intense. Elle est toujours là, mais bien cachée, oubliée, toujours prête à se rappeler un peu, lorsque l'on franchit un passage qui porte encore les stigmates de la déflagration d'un "engin explosif"... Les ordres, les tâches de chacun, l'observation minutieuse l'oblige à se carapater à nouveau pour se faire oublier.

Cela fait trois jours que nous parcourons cette partie d'une vallée où les insurgés circulent habituellement avec tant d'aisance. Usant de stratagèmes pour se fondre dans ce labyrinthe de murets de terre et de bâtisses insondables, ils sont aidés par une végétation qui cache l'origine des coups qu'ils tentent de nous porter. Le départ du poste, de la "FOB" (1) - terme incompréhensible pour le commun des mortels et si familier pour nous qu'il est en devenu un mot -, ce départ nous semble dater d'une éternité. Il s'est passé tant de choses depuis. Tant de longues minutes à écouter d'où viennent les coups. Tant de courts instants à voir jaillir ces petits panaches de poussière que forment les impacts de balles sur le sol, les murs ou les talus. Le bruit, les ordres, la radio, les détonations, le bruit toujours, assourdissant qui fait trembler jusqu'au coeur lorsque les avions de chasse font leurs "passages bas"...
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mercredi, 29 février 2012
In Memoriam Hervé Coutau-Bégarie (1956-2012) : L'héritage de la pensée militaire française

Crédit photo : Ecole de Guerre
"Nous ne savons pas quelle sera l'évolution du système stratégique du XXIe siècle. La guerre au sein des populations, les conflits asymétriques n'ont pas nécessairement rendu caduque la possibilité de guerre de haute intensité dans lesquelles la technique restera un facteur central sinon déterminant. Mais il ne fait aucun doute que ces conflits asymétriques, ces crises régionales ou locales perdureront et même s'amplifieront pour des raisons démographiques, économiques ou idéologiques. Elles resteront, dans un avenir prévisible, le quotidien de nos armées, comme elles le sont depuis pratiquement une génération. Refuser d'en tirer les conséquences reviendrait à valider les thèses des néo-conservateurs américains sur une Europe en train de sortir de l'histoire."
In Le meilleur des ambassadeurs (théorie et pratique de la diplomatie navale), éditions Economica, 2010
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jeudi, 23 février 2012
Les territoires numériques et les dangers des nouvelles pratiques : des viols dématérialisés ?, par le chef d'escadron Yves MARZIN
Selon une étude CSA/Fellowes la délinquance identitaire sur Internet n'a cessé de progresser entre 2005 et 2010. Quand la part des cambriolages des domiciles principaux ou résidences secondaires augmente et influe directement sur la prévention technique de la malveillance ou la protection des biens privés - installation de porte blindée, d'alarme ou recours à des sociétés de sécurité privée ou aux dispositifs institutionnels tels que tranquillité absence- l'explosion des réseaux sociaux engendrant la mise à jour de données personnelles ne semble cependant pas inquiéter à première vue, et pourtant...
Une exposition généralisée et banalisée des données personnelles : une certaine inconscience des utilisateurs
A ce jour près de 64% des Français sont équipés d'Internet selon l’INSEE et plus de 50% d’entre eux possèdent au moins une page web sur un ou plusieurs sites de réseaux sociaux ou blogs personnels. Cette démarche individuelle visant à exposer librement une partie de sa vie privée est cependant complétée par une sollicitation de nombreux acteurs extérieurs. Les Français fournissent régulièrement, parfois en toute innocence, diverses données personnelles par tous moyens tels que téléphone, fax et surtout courriels. Les divers interlocuteurs interrogent souvent les internautes sur leurs noms, date de naissance, habitudes de consommation, goûts personnels, loisirs et autres données parfois personnelles, voire intimes. De même l'utilisation banalisée des smart-phones et leurs nombreuses applications poussent les utilisateurs à paramétrer de manière permanente une grande partie de leur accès à leurs sites favoris : banque en ligne, mail, site de stockage de données en ligne....
La barrière séparant la vie privée de la vie numérique n'est aujourd'hui plus clairement établie et le stockage ou l'utilisation des données fournies échappent ainsi quasiment toujours à leurs propriétaires.
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jeudi, 16 février 2012
La sécurité énergétique des opérations extérieures françaises : un enjeu opérationnel fort à maîtriser pour faire face à la dépendance pétrolière des forces engagées
L’empreinte énergétique des forces françaises engagées en opérations à l’étranger est essentiellement liée à la consommation de carburants (1) nécessaires à la mobilité des forces mais surtout à la production d’énergie électrique (2). Elle est rarement prise en compte dans la planification et la conduite des opérations. Pour les chefs militaires du niveau opératif dont le cœur de métier réside naturellement dans "l’opérationnel" pur c'est-à-dire l’action en elle même, la consommation d’énergie des forces apparaît comme une donnée trop souvent secondaire qui resterait l’affaire de logisticiens spécialisés.
Pourtant, l’expérience de nos opérations à l’étranger montre que l’autonomie énergétique d’une force reste primordiale. La dépendance énergétique s’avère une vulnérabilité dont il convient de prendre conscience dès maintenant. A ce titre, elle constitue une contrainte opérationnelle. Les décideurs militaires, au sein de leur états-majors et dans le cadre du travail de planification, doivent alors apprendre à exprimer leur niveau de besoin en énergie requise auprès de la cellule logistique de la même manière qu’ils expriment leur besoin en renseignement auprès de la cellule renseignement. Cette expression de besoin du chef militaire est fondamentale.
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mercredi, 15 février 2012
Afghanistan - Pakistan, demain, la guerre !
Grâce à l'aide internationale, un Etat afghan plus puissant émerge et devient, dès lors, capable de développer ses propres stratégies de puissance. Influencé par ses élites militaires, il entend se doter d'une armée à même de contrecarrer l'influence pakistanaise sur ses marches orientales. La coalition internationale qui le soutient se doit d'étudier sans naïveté ses ambitions régionales.
Sommes-nous en train d'armer les Afghans contre le Pakistan ?
Si vous demandez à un officier afghan quel est son ennemi, il vous répondra sans ambages… "Le Pakistan". Cette réponse surprenante pour nous occidentaux, m'a été souvent rapportée lors de mon récent déploiement en Afghanistan au sein de la mission de formation de l'OTAN, NTMA. Ne pouvait-on s'attendre à ce que le rebelle taliban figure en pole position ? Après six mois passés au milieu des élites militaires afghanes, cette réponse ne surprend plus. Elle traduit leur perception de leur environnement géopolitique et le rôle régional qu'elles veulent pour cet Afghanistan renforcé par l'action internationale.
Engagée depuis 2001 dans l'équipement, la formation et le soutien de l'armée afghane, la coalition occidentale ne se leurre-t-elle pas sur ses réelles ambitions stratégiques ? Ne risque-t-elle pas de se retrouver piégée en modifiant le fragile équilibre régional dans cette zone d'influence partagée entre l'Inde et le Pakistan ? Comment le soutien de la France dans le domaine de la formation sera-t-il jugé par l'Histoire si demain éclate au grand jour le conflit larvé, et largement passé sous silence, que se livrent l'Afghanistan et le Pakistan ? Fidèles à la devise de la coalition en Afghanistan, l'ISAF, "Shona ba Shona", coude à coude avec les Afghans, certes mais vers où, vers quoi ? Grâce à l'aide de l'ISAF, un Afghanistan plus puissant émerge et devient, dès lors, capable de déployer ses propres stratégies de puissance. Influencé par ses élites militaires, il entend se doter d'une armée capable de contrecarrer l'influence pakistanaise sur ses marches orientales. La coalition internationale qui le soutient se doit d'étudier sans naïveté ses ambitions régionales. Levons donc le voile sur les tensions autour de la ligne Durand avant de livrer quelques éclairages sur les ambitions afghanes et de s'interroger sur le risque de compromission pour la coalition occidentale.
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vendredi, 10 février 2012
Le soldat : héros ordinaire de la Cité
Féru d’historiographie militaire, le cinéma hollywoodien semble faire des émules en France. Le phénomène est récent, mais après, par exemple, Les chevaliers du ciel (2005), L’ennemi intime (2007) ou L’assaut (mars 2011) et avec la sortie récente de Forces spéciales, la production cinématographique française semble accorder, à l’instar de sa consœur américaine, une part plus importante à la mise en scène – certes de manière moins manichéenne – des opérations des armées françaises. Le soldat français sortirait-il de l’oubli ?

Il y a un demi-siècle le putsch d’Alger avait pourtant fait apparaître une réelle et tragique césure entre la France et son armée. Depuis, le temps a atténué les passions. Si le soldat français a parfois le vague sentiment, à tort ou à raison, que la nation l’oublie et que le budget de la défense sert de variable d’ajustement au budget de l’Etat (1), les différents sondages d’opinion montrent que les Français ont une excellente image de leur armée et de leurs soldats. Ce qui fait naître ce vague sentiment d’oubli n’est peut-être pas tant l’impression que la nation ne pense pas à ses soldats ; il résulte peut-être davantage du fait que lorsque les affres des combats les touchent dans leur chair, ils se trouvent placés en situation de victimes, comme on le serait d’un accident de la route ou d’un cancer, et non de héros.
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jeudi, 02 février 2012
Résurgence de la menace et défis capacitaires
En évoquant ouvertement la possibilité d’une guerre en Europe dans les dix prochaines années, le ministre des finances de la Pologne a suscité, le 14 septembre dernier, un émoi certain (1). Pourtant, il n’est pas le premier haut responsable à évoquer cette éventualité.
Dès 1995, Philippe Delmas alertait : "Pourquoi la guerre qui nous fut quotidienne nous serait soudain étrangère ? Parce que 10% de l’humanité l’ont évitée chez eux pendant deux générations ? La belle affaire." (2) et en 2003, le colonel Guy Hubin affirmait déjà que "La disparition de la menace majeure a un caractère éminemment conjoncturel, sa résurgence peut être presque aussi rapide que son effacement (3)." Ultérieurement, le chef d’état-major des armées rappelait lui-même que "la possibilité d’une guerre ne doit jamais être écartée" (4). Face à cette possibilité, la réflexion sur les capacités militaires françaises est d’autant plus primordiale qu’elle induit des conséquences fortes sur l’indépendance nationale.
Écrit par SG (Webmaster) dans > Armées, > Ecole de Guerre, > Points de vue, > Textes de réflexion, DÉFENSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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