Domaine complexe, le cyberespace a révolutionné la conduite de la guerre. Ce nouveau champ d’action désormais incontournable représente à la fois un défi et un avantage stratégique majeur, à l’heure où les technologies de l’information affectent l’ensemble des relations au niveau mondial. Les Etats dans leur ensemble se trouvent déstabilisés par une dépendance croissante à l’égard du numérique exposant leur appareil de défense à de nouvelles vulnérabilités. Sur cet enjeu crucial, aucune stratégie de coopération internationale claire n’a encore été élaborée. Pourtant, s’il représente un indéniable facteur d’accroissement du potentiel militaire, le « cyber » reste une menace en l’absence de réponses adaptées. Asymétrie des acteurs, diversité des cyber-armes, absence de frontières, les caractéristiques de cet espace doivent donc faire l’objet d’une analyse critique. Celle-ci devra interroger les concepts approximatifs de « cyber-guerre » et de « cyber-dissuasion », et redéfinir les termes d’une « cyber-stratégie » cohérente et assumée au niveau national. Seules l’instauration d’une doctrine crédible et la consolidation d’unités spécialisées permettront de conduire des opérations efficaces. 

Officier de l’armée de Terre, le chef de bataillon (TA) Michel Baud appartient à l’arme des transmissions. Diplômé de l’enseignement militaire supérieur, du Cours Supérieur d’Etat-Major ainsi que de l’Ecole de Guerre, il est détaché comme chercheur au sein du LRD de l’Ifri.

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