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> Conflit armé

  • Mali : "Enduring Serval" (Note IRSEM n°5)

    Le voyage du Président de la République au Mali, le 2 février, a marqué symboliquement la fin de la fin de la phase de reconquête des villes du fleuve Niger et la scission de l’opération française en deux directions nettement séparées : stabilisation et, faute de meilleur qualitatif, contre-terrorisme, dans deux cadres géographiques séparés. Ces deux nouvelles opérations comportent des risques spécifiques et des logiques différentes qui peuvent par ailleurs se contredire.

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    Crédit photo : ECPAD / EMA

    Plus qu’avec les expériences en Bosnie et au Kosovo, où une longue phase de stabilisation sans ennemi succédait à une courte phase de combat, la situation ressemble plus à celle de l’Afghanistan au-début de 2002 lorsque les Américains, et quelques troupes alliées, poursuivaient le combat le long de la frontière avec le Pakistan tandis que se constituait à Kaboul la Force internationale d’assistance et de sécurité. La situation apparaissait alors également comme une belle victoire américaine, au moins partielle, et l’avenir s’annonçait favorable jusqu’à ce que plusieurs erreurs stratégiques soient commises.

    La première fut d’avoir confondu l’hôte et le parasite, c’est-à-dire les Taliban et Al Qaïda, et d’avoir continué à combattre les premiers tandis que les seconds avaient quitté le pays et continuaient à agir en réseau transnational. L’organisation tellurique des Taliban, renforcée par le Pakistan et la présence même de la Coalition, s’est finalement réimplantée dans les provinces pashtounes jusqu’à engluer les forces étrangères. La seconde fut d’avoir engagé un projet très ambitieux de transformation du pays tout en le faisant reposer sur des bases fragiles comme l’alliance initiale avec les seigneurs de guerre ou la mise en place d’une constitution à l’américaine paralysante. L’aide économique, à la fois massive et dispersée, a ensuite autant permis le développement de la corruption (et donc rendue encore plus séduisants l’offre administrative talibane "honnête") que de celui des services sociaux ou éducatifs. La compensation de ces erreurs initiales a alors imposé un engagement croissant de ressources afin de tenter de dépasser les effets négatifs que cette même fuite en avant engendrait. Cette spirale afghane est actuellement dans l’esprit de tous même si personne ne l’évoque ouvertement pour le Mali.

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    Lien permanent Catégories : > Afrique, > Conflit armé, > Mali, > Opération Serval (Mali), > Opérations extérieures (Opex), GUERRES (Typologies) 0 commentaire