lundi, 03 septembre 2012
Vient de paraître : "Comprendre la guerre - Histoire et notions", de Laurent HENNINGER et Thierry WIDEMANN
Depuis une trentaine d'années, l'histoire militaire a peu à peu pris un nouveau visage. Elle n'est plus cette poussiéreuse discipline volontiers ringarde dont l'objet était de nous conter les grandes batailles de façon généralement édifiante. Elle a enfin réalisé son aggiornamento en intégrant les apports de plusieurs décennies de "nouvelle histoire". Elle n'hésite plus à étudier les questions sociales, politiques, économiques, voire culturelles et anthropologiques, en relation avec le fait guerrier, et même à faire appel, pour la compléter, à l'ensemble des sciences humaines et sociales. Non seulement on ne pense plus l'histoire militaire comme on le faisait en 1910 — ou même en 1960 —, mais un grand nombre de certitudes ont été radicalement remises en cause ces dernières années. Cela n'est pas sans conséquences, y compris lorsqu'il s'agit de penser les questions stratégiques contemporaines ou futures.
Aujourd'hui, le point de vue du simple soldat est longuement analysé, ainsi que ses traumatismes psychiques ou ses représentations culturelles. L'armée est étudiée pour sa place dans la cité comme dans l'économie d'une nation. L'évolution des techniques guerrières bénéficie du regard critique et problématisant introduit par l'étude des "révolutions militaires". Les concepts stratégiques et tactiques eux-mêmes sont remis à plat et interrogés par l'analyse historique, qui contribue ainsi à les redéfinir et à les préciser.
Car la guerre et la chose militaire sont omniprésentes dans notre histoire et notre culture comme dans les informations que nous recevons chaque jour, même si l'on n'en a pas toujours pleinement conscience. Or, la "culture militaire" est souvent déficiente dans le public, qui ne connaît pas toujours très bien le sens des mots, dont beaucoup ont été galvaudés, à commencer par celui de "stratégie". Il ne s'agit pas de "militariser" le public, mais bien de lui offrir quelques outils pour mieux s'orienter dans un univers au sujet duquel règne trop souvent une confusion potentiellement dangereuse et entretenue depuis des décennies. À cet égard, nous avons donc voulu bien modestement contribuer à une entreprise démocratique. Tout le monde, sans aucune restriction, devrait y trouver matière à réflexion.
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vendredi, 29 juin 2012
USA : "nation building" ?
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jeudi, 10 mai 2012
CICDE : L'influence en appui aux engagements opérationnels
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mardi, 17 avril 2012
Le mot "citoyen" dans les dictionnaires du XVIe au XXe siècle, avec Frédéric TREFFEL
Le mot "citoyen" revient dans le discours public contemporain.
Comment figure-t-il dans les dictionnaires, des plus anciens aux plus récents, dont celui de l’Académie française bien sûr.
Quelle est l’origine de ce mot, et son histoire ?
Et quelle évolution conceptuelle la notion a-t-elle subi ? Comment l’entend-on aujourd’hui ?
Frédéric Treffel, auteur d’un livre intitulé "le Citoyen", en dévoile l’histoire complète.
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dimanche, 01 avril 2012
L'élaboration historique des techniques de la subversion, par Roger MUCCHIELLI (1976)
I — LES PAMPHLETS POLITIQUES
Depuis qu'il y a des hommes et qui pensent (comme disait La Bruyère), l'idée de réduire l'adversaire à merci en organisant autour de lui le mépris ou en décourageant les gens de combattre pour son service est venue spontanément à beaucoup d'esprits et a inspiré beaucoup d'entreprises. De façon tout à fait empirique, des génies malveillants ou poussés par la foi en leur propre cause, ont perfectionné très tôt et érigé en système le commérage, le racontar, la calomnie, (et autres perfides exploitations des petits faits de la vie quotidienne contre le voisin) qui, eux, ont dû se développer dans l'espèce humaine en même temps que le langage.
Sur le plan militaire, on eut, dès les temps les plus reculés, l'idée d'envoyer sur le territoire de l'adversaire des individus capables de bien s'intégrer à la population, et chargés, en dehors de la mission d'espionnage, de répandre quelques informations démoralisantes ou quelques calomnies sur les chefs locaux. Cela faisait partie de ce qui s'appelait « les ruses de guerre », lesquelles comprenaient aussi — et surtout — les stratagèmes sur le champ de bataille.
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mardi, 27 mars 2012
Rebelles, révoltés et révolutionnaires
Avec l’idée de rébellion, la première des choses à faire est certainement de s’interroger sur la définition du rebelle. Et la meilleure façon de le faire est peut-être de comparer la figure du rebelle à deux autres figures, dont le nom commence d’ailleurs par la même lettre : le révolté et le révolutionnaire. Ces trois figures ont bien entendu des points communs. Le rebelle, le révolté et le révolutionnaire, par exemple, incarnent tous trois une légitimité qui s’oppose à la légalité de l’ordre établi. Mais il y a aussi entre eux des différences.
Le révolté est sans nul doute de tous les temps. Notre passé en est un éloquent témoignage. L’histoire de la France et de l’Europe peut en effet se lire comme une suite presque ininterrompue de révoltes populaires, de mouvements de protestation et de soulèvements insurrectionnels. Des plus anciennes jacqueries paysannes jusqu’à la révolte de la Vendée, de l’époque de Cartouche et de Mandrin jusqu’au soulèvement des canuts lyonnais, de la Guerre des Paysans allemands jusqu’à la très socialiste et très patriotique Commune de Paris, l’indocilité persistante de certaines provinces et de certains milieux sociaux, insurgés, réfractaires et insoumis, est une constante de notre histoire que l’historiographie officielle a trop souvent négligée. Pour ne donner qu’un exemple, alors que certains historiens avaient cru pouvoir parler de "relatif apaisement" à partir de 1670, Jean Nicolas a pu repérer tout récemment quelque 8.500 actes de rébellion ou de révolte en France entre 1661 et 1789 (1). De génération en génération, on se révolte contre la tyrannie, contre la pression fiscale ou l’injustice sociale, contre l’absolutisme, contre les pouvoirs en place. La cible est tantôt le prince, tantôt le prêtre, tantôt l’affameur ou le tyran. A chaque fois, le rejet d’une contrainte insupportable se double d’un véritable instinct de refus, bien souvent entretenu par l’appartenance culturelle ou linguistique, la solidarité professionnelle ou sociale, la claire conscience d’appartenir à une entité collective.
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samedi, 03 mars 2012
Polémologie, irénologie : quelle guerre ?, par François-Bernard HUYGUE

L'apparition, le succès ou le déclin des "logies" (cette désinence qui signale une discipline ayant un champs spécifique comme psychologie, sociologie, écologie..) obéissent-ils à des lois aussi rigoureuses que l'objet qu'elles étudient ? Pour le domaine qui nous intéresse, la guerre et la paix, nous partons avec un double handicap ou avec double charge : il existe une polémologie et un irénologie depuis plusieurs décennies.
Nous sommes ici censés au mieux les réconcilier, au pire susciter une controverse qui permettra à chaque camp d'afficher ses apories et de cerner les vrais points de désaccord. Or il n'y a guère de camps ou de polémiques : nous voici dans une situation - ni guerre ni paix chez les chercheurs - où personne ne semble désireux d'en découdre. La question des dogmes, méthodes et ambitions de chaque discipline semble presque obsolète tant les participants semblent préoccupés d'autres, à commencer par l'évolution de la guerre.
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mardi, 01 novembre 2011
L'idée de guerre à la fin du Moyen Âge : aspects juridiques et éthiques, par Philippe CONTAMINE
Plus peut-être que n'importe quelle autre activité humaine, la guerre, de par sa nature propre, emporte avec elle, dans toute société où elle se situe, un ensemble, souvent complexe et rarement univoque, de conditions juridiques et éthiques. Ce n'est pas nécessairement faire preuve d'idéalisme ni d'irréalisme que de soutenir qu'elle n'est presque jamais voulue ni sentie ni pensée comme violence pure et illimitée, à l'état brut, élémentaire.
Elle se trouve pour ainsi dire enveloppée (masquée aussi) par tout un appareil conceptuel ressortissant à la coutume, au droit, à la morale, à la religion — appareil destiné, dans son principe, à l'apprivoiser, à l'orienter, à la canaliser. En un mot, la guerre est un phénomène culturel. L'idée que s'en fait une époque ou une société donnée retentit de façon plus ou moins visible sur son surgissement, son déroulement, sa conduite. La guerre offre l'occasion à l'historien ou au sociologue d'étudier les rapports entre réalité et norme, entre pratique et éthique, entre fait et droit.
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mercredi, 19 octobre 2011
Qu'est-ce que la guerre ?

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vendredi, 16 septembre 2011
Pierre Conesa et Aymeric Chauprade : La nécessité de "fabriquer" l'ennemi
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