mercredi, 10 août 2011
La citation du jour : Général (2s) Vincent DESPORTES

" Il est clair que l’Otan est une vaste machine à produire des normes, c’est-à-dire dans les faits à adopter puis à imposer la norme américaine.
Or cette norme n’est pas à notre portée ; elle nous épuise, sans prouver d’ailleurs globalement son efficacité dans les conflits dans lesquels nous sommes engagés depuis la fin de la guerre froide. Il me paraît donc tout à fait important de ne pas « rêver américain ». Fondée sur une confiance absolue dans la capacité de la technologie à régler les problèmes humains, la perception américaine repose sur une culture qui nous est étrangère, une conception de la guerre qui n’est pas la nôtre et une vision du monde qui ne correspond pas forcément parfaitement à nos intérêts stratégiques. (…)
L’épuisement budgétaire auquel nous conduit l’imposition de la norme américaine ne serait-il pas une démarche directe de subordination ? Le cas récent de la Libye nous a appris en tout cas que nous, pays majeurs européens, ne sommes plus capables de mener une guerre de manière autonome même très près de nos frontières. C’est saisissant !"
Général (2s) Vincent DESPORTES
Citation tirée du magazine DSI Hors Série n°19 d'août-septembre 2011
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vendredi, 27 mai 2011
Citation : Le sabre et l'esprit

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mardi, 15 mars 2011
Le lansquenet, par Ernst Jünger
Il est profondément significatif que ce soit justement l'existence la plus forte qui se sacrifie le plus volontiers. Mieux vaut s'abîmer comme un météore, dans une gerbe d'étincelles, que s'éteindre à petit feu vacillant.
Le sang des lansquenets ne cessait d'écumer sous les pales tournoyantes de la vie, et pas seulement lorsque l'ivresse de fer du combat les emportait sur la crête des vagues. Il leur fallait exprimer et façonner une vie sauvage et violente, telle qu'elle sourdait continûment en eux depuis les profondeurs. Si jeunesse et virilité leur tenaient lieu d'ivresse et de flamme, le combat, le vin, l'amour les chauffaient à blanc, jusqu'à courir follement à la mort. Chaque heure exigeait d'être remplie, les jours leur coulaient entre les doigts colorés et brûlants, comme les perles d'un chapelet de feu qu'il leur fallait égrener jusqu'au bout pour remplir leur propre mesure. Tout l'être jaillissait flamboyant d'une seule et même source, qu'il se reflétât dans un verre rempli, dans les yeux fous de l'adversaire ou le doux sourire d'une fille. L'ivresse réveillait leur âme de vainqueurs, les cimes de la bataille leur versaient l'ivresse, dans les bras de l'amour tous deux ne leur étaient plus qu'un. Comme d'autres dans l'art ou dans la vérité, ils cherchaient leur accomplissement dans la lutte. Nos voies sont diverses, chacun porte en son coeur une autre boussole. Pour chacun, vivre veut dire autre chose, pour l'un le chant du coq au matin clair, pour l'autre l'étendue qui dort au midi, pour un troisième les lueurs qui passent dans les brumes du soir. Pour le lanquenet, c'était le nuage orageux qui couvre au loin la nuit, la tension qui règne au-dessus des abîmes.
Ernst Jünger (1922)
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dimanche, 19 décembre 2010
Manipulation des consciences
Des techniques de propagande ont été codifiées et appliquées la première fois d'une façon scientifique par le journaliste Walter Lippmann et le psychologue Edward Bernays (neveu de Sigmund Freud) au début du XXè siècle. Pendant la Première Guerre mondiale. Lippman et Bernays furent engagés par le président des États-Unis Woodrow Wilson pour faire basculer une opinion américaine traditionnellement isolationniste vers l'interventionnisme. Pour cela, il fit aux appels aux Comités pour l'Information du Public (Comitee for Public Information) dirigés par le journaliste George Creel, "privatisant" ainsi la propagande de guerre.
La campagne de propagande de Creel, Lippman et Bernays effectuée pendant six mois fut si intense que l'hystérie anti-Allemande générée a impressionné l'industrie américaine, qui découvrait tout à coup les immenses ressources que l'on pouvait déployer pour influencer l'opinion publique d'un pays entier. Bernays a inventé les termes d'esprit de groupe et d'ingénierie du consentement, des concepts importants en propagande appliquée.
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mardi, 21 septembre 2010
Amiral LANXADE : "On est en train de construire un monstre interarmées"
Dans la conduite des opérations, l’approche interarmées est une nécessité. Là où les problèmes commencent, selon moi, c’est lorsque l’on veut "interarméiser" le fonctionnement non opérationnel, la gestion. (…)
Il faut préserver la culture et le mode de fonctionnement de chaque armée. Ne pas ôter de responsabilité à la chaîne de chaque armée pour les donner à une chaîne interarmées. Que fait le chef d’état-major de l’armée de terre si cela ne fonctionne pas dans un régiment ? Il lui est moins aisé de donner ses ordres directement, n’ayant pas en main tous les éléments. En outre, en période de réformes et de contrainte budgétaire, cela fait monter des tensions, puisque l’on fait porter à la réforme tous les maux. A mon avis, on est allé beaucoup trop loin. On est en train de construire un monstre interarmées dans lequel chacune des trois armées ne se reconnaît déjà plus, et où chaque chef d’état-major n’a plus sa place. Je pense que cela peut sauter à un moment ou un autre !
Amiral Jacques LANXADE
Ancien chef d’état-major des armées
In revue DSI (Hors Serie n°13)
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samedi, 14 août 2010
Citation d'actualité : "Ouvrir les yeux quand il est temps"
Tous ceux qui voient n’ont pas les yeux ouverts, ni tous ceux qui regardent ne voient pas. De réfléchir trop tard, ce n’est pas un remède, mais un sujet de chagrin. Quelques-uns commencent à voir quand il n’y a plus rien à voir. Ils ont défait leurs maisons et dissipé leurs biens avant de se faire eux-mêmes. Il est difficile de donner de l’entendement à qui n’a pas la volonté d’en avoir, et encore plus de donner la volonté à qui n’a point d’entendement. Ceux qui les environnent jouent avec eux comme avec des aveugles, et tout la compagnie s’en divertit ; et d’autant qu’ils sont sourds pour ouïr, ils n’ouvrent jamais les yeux pour voir. Cependant, il se trouve des gens qui fomentent cette sensibilité, parce que leur bien-être consiste à faire que les autres ne soient rien. Malheureux le cheval dont le maître n’a point d’yeux ! Il sera difficile qu’il engraisse.
Balthasar GRACIAN (1601-1658)
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mercredi, 23 juin 2010
L'honneur et la gloire au combat
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jeudi, 03 juin 2010
"Il faut à tout prix intéresser le grand public français aux choses de la marine"
"Il faut à tout prix intéresser le grand public français aux choses de la marine, elles ne peuvent que gagner à être enfin connues, appréciées sous leur véritable jour, envisagées sur leur véritable terrain... Il ne faut pas que le public croie plus longtemps que la marine est, pour ainsi dire, un objet de luxe, une de ces fantaisies ruineuses que l'on satisfait quand les finances sont prospères, que l'on néglige quand les jours difficiles sont venus... Tout vaut mieux que l'indifférence, tout doit être fait pour la dissiper... Cette indifférence du pays est dangereuse et de nature à metre la sécurité en péril."
Capitaine de vaisseau Gougeard, 1882.

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dimanche, 25 avril 2010
Bravoure
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mercredi, 10 février 2010
Juan de Mariana : Que les citoyens cultivent les arts militaires sur terre comme sur mer...
... Je pense qu'il faut permettre aux habitants des provinces - et même exiger s'ils refusent - d'avoir chacun des chevaux et des armes dans son patrimoine familial.
Il faut veiller à ce qu'ils pratiquent les arts militaires : que les cavaliers courent à cheval, que les fantassins, comme pour un juste combat, s'exercent au saut, au lancer, à la lutte et à la course ; qu'ils lancent des flèches sur une cible, ou projettent des balles de plomb grâce à un tube de fer et une flamme. A celui qui se distinguera ou sortira victorieux de ces épreuves sera accordé un prix prélevé sur le trésor public : un habit, une pierre précieuse ou un anneau. Que le Prince préfère le secours dû au bon vouloir et au génie des citoyens pour protéger la dignité nationale et conserver la sécurité publique, à celui qu'il pourrait obtenir de l'armée et des soldats mercenaires...
Que soit accordé aux habitants des provinces ce que nos lois permettent et ce que leurs coutumes avaient établi... de sorte que, grâce à des associations mettant leurs forces en commun, ils construisent des ressources privées, des trirèmes et des bâtiments légers ; grâce auxquels ils exerceront la piraterie et feront irruption, féroces et formidables, sur les côtes impies. Etant donné que cela est permis aux ennemis, que l'une et l'autre mer sont tous les ans infestées de pirates qui souvent provoquent la guerre et se constituent du butin à partir de nos biens, pourquoi voudrions-nous que cette faculté soit totalement retirée à nos compatriotes ?
... Que cette liberté soit accordée, sinon à tous les hommes, du moins aux nations et aux provinces d'Espagne, pour que, à leurs frais, elles protègent leur littoral et mettent le cap sur les côtes ennemies. A partir de chacune de ces flottes, quand l'occasion se présentera et que la guerre surviendra, il sera facile de constituer une immense flotte ; grâce à elle les ennemis seront assujettis et la domination de la terre sera évidente. Voilà notre opinion qui a été arrêtée depuis de nombreuses années, puisse-t-elle être d'autant plus adéquate et mériter la reconnaissance qu'elle émane d'une âme sincère ; qu'elle soit reçue avec le meilleur soin pour le service de la patrie.
Juan de Mariana (1536-1624)
Jésuite espagnol qui affirmait l'importance de la force armée garante de la prospérité publique.
In Hispani e societate Iesu, De rege et regis institutione (Livre III, chap. V, p 245-253)
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