30 mars 1707 : mort du maréchal Vauban (Paris).

Vauban est un des plus grands maréchaux de France.  Même s’il commence sa carrière des armes parmi les « Frondeurs » de Condé, il a l’âme d’un grand serviteur ce que Mazarin découvre lorsqu’on lui présente le jeune Vauban fait prisonnier. Le cardinal, en le ralliant à la cause royale donne à Louis XIV et à la France, l’inventeur du « pré carré » (le réseau défensif français aux frontières), le père du génie militaire (les ingénieurs du Roi), le rénovateur de la poliorcétique (attaque et défense des places fortes),…  Les sujets d’intérêt de Vauban dépassent ses préoccupations de militaire et concernent toujours l’amélioration des conditions de vie et travail des sujets du royaume (statistiques, agronomie, hygiène, hydraulique, architecture, …et finances). Il propose au roi l’idée d’un impôt touchant tous les revenus sans exception afin de renflouer les caisses. L’idée est acceptée mais du fait des nombreuses exemptions, perd de son efficacité, une fois appliquée. Il souhaitait de plus que cette dime remplace les autres impôts sans s’y rajouter et expose son projet dans un ouvrage que le roi interdit. 


30 mars 1814 : bataille de Paris.

Paris, dont les fortifications ont été peu entretenues pendant l’Empire, est attaqué sur un arc nord-est allant de Montmartre à Vincennes. Les Français infligent aux coalisés plus de 6000 morts, mais sont submergés par le nombre.  La défection de Marmont, duc de Raguse, (« raguser » signifie dès lors « trahir ») contraint Napoléon à jeter l’éponge, faute de troupes disponibles. L’ennemi pénètre dans Paris le lendemain malgré ça et là des actes héroïques, comme celui des élèves de l’école polytechniques à la barrière de Clichy. Pour l’anecdote, le mot bistro (« vite » en russe) entre dans le vocabulaire français à ce moment : Les soldats russes emploient fréquemment le mot en commandant leur consommation au café. 


30 mars 1856 : le traité de Paris met fin à la guerre de Crimée 


30 mars 1885 : bataille de Pendjeh (Afghanistan).

Le général russe Komarov lance une attaque sur Pendjeh, une des entrées naturelles vers l’Afghanistan et bat des troupes afghanes qui s’y étaient aventurées. Cette incursion fait craindre un moment un affrontement avec le Royaume-Uni. L’empire russe cherchant une voie vers l’Océan indien et l’empire britannique voulant étendre ses possessions depuis l’Inde vers le Nord-est, se rencontrent en Afghanistan où se jouent des luttes d’influences que Kipling dans son ouvrage Kim a qualifié de Grand jeu. Ces luttes exploitent les traditionnelles faiblesses afghanes : insoumissions et guerres claniques incessantes. 


30 mars 1902 : création officielle des compagnies méharistes (Algérie).

Reprenant une idée de Bonaparte en Egypte (1799), le commandant Laperrine recrute dès 1901 des nomades qu’il encadre par des officiers français sachant monter les dromadaires. Il s’agit pour lui de remplacer les troupes spéciales sahariennes (1894) composées uniquement de Français, issus des Spahis et Tirailleurs et donc moins rompues à la nomadisation dans le désert. Laperrine convainc le commandement de créer par Loi du 30/03/1902, cinq compagnies méharistes sahariennes.


30 mars 1912 : convention de Fez (Maroc).

Le Sultan Moulay Hafid signe la convention faisant du Maroc un protectorat français.

rabat hafid et consul


30 mars 1954 : début de la bataille des cinq collines (Diên Biên Phu).

La première vague d’assaut (13 et 14 mars) des divisions 316 et 312 de Giap a conquis les centres de résistance Béatrice et Gabrielle qui défendaient l’accès nord au terrain d’aviation. Surpris par l’ampleur des moyens ennemis engagés, les Français luttent à 1 contre 6 et tentent de reprendre pied. Le 30, dans la soirée, Giap, après avoir réorganisé son dispositif, lance un deuxième assaut mais cette fois sur les centres de résistance Eliane et Dominique, à l’est du camp retranché : si ces collines sont prises, c’en est fini. Le lieutenant Brunbrouk parvient, grâce à une utilisation en tir tendu de ses canons, à repousser momentanément les vagues d’assaut de l’armée populaire causant de très lourdes pertes chez l’assaillant qui sont finalement insuffisantes puisque les deux centres de résistance tombent le lendemain, avant d’être partiellement repris dans les jours qui suivent. La résistance de Brunbrouk, aidé par les tirailleurs nord-africains, les parachutistes vietnamiens et les deux mitrailleuses quadruples qui font des ravages dans les rangs du Viêt-Minh, oblige cependant Giap à renoncer aux attaques frontales pour privilégier désormais le pilonnage et l’étouffement du camp retranché par un immense réseaux de tranchées et de boyaux qui rappellent la Grande Guerre. La piste d’aviation est, depuis le 26 mars, inutilisable, le mauvais temps empêche l’appui aérien, le ravitaillement et le renforcement du camp sont impossibles, … Le point de non-retour est franchi. Diên Biên Phu va pourtant résister jusqu’au 7 mai.


31 mars 1994 : accident sur l’Emeraude (au large de Toulon).

Alors que le sous-marin nucléaire d’attaque Emeraude est en plongée à 180 mètres, une explosion accidentelle et sans incidence nucléaire provoque la mort de 10 hommes d’équipage dont le commandant.

IN MEMORIAM :

  • Capitaine de corvette Jean-Luc ALVAR (35 ans), commandant de l’Emeraude
  • Lieutenant de vaisseau Olivier ANTOIS (32 ans), adjoint énergie
  • Premier maître Franck JEANNIN (28 ans), mécanicien
  • Premier maître Alain VALLOIRE (32 ans), mécanicien moteur
  • Premier maître Christophe TIXIER (31 ans), mécanicien
  • Premier maître  Christian CESSAC (29 ans), mécanicien
  • Maître Laurent THOMINE (28 ans), navigateur
  • Maître Jean-Pierre BELFIO (26 ans), mécanicien
  • Maître Philippe SCHWEITZER (27 ans), mécanicien
  • Second maître Yves BREVALLE (30 ans), mécanicien