Des combats ont opposé mardi matin les forces internationales en Centrafrique à des éléments armés de l’ex-rébellion Séléka à Bria (centre-est), selon un communiqué de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca).

Les affrontements étaient terminés à la mi-journée. Une source proche des forces internationales a affirmé sous couvert d’anonymat qu’il y a des morts et des blessés, sans donner de bilan précis. Cette information n’a pas été confirmée officiellement.

Les casques bleus marocains de la Minusca, épaulés par des militaires français, ont procédé à la reprise de certains édifices publics à Bria, occupés illégalement par les éléments armés ex-Séléka, et se sont heurtés à l’hostilité immédiate du groupe armé, entraînant la riposte déterminée des forces internationales, selon son communiqué.

Cette opération, intervenue après le refus répété des groupes armés d’évacuer pacifiquement les emprises de l’Etat, vise, entre autres, à mettre fin à l’existence d’une administration parallèle, explique la Minusca.

Il s’agissait aussi de permettre la tenue des consultations populaires à Bria en donnant aux citoyens la possibilité de s’exprimer librement sur ce qu’ils pensent être les racines de la crise centrafricaine et leur vision de l’avenir, selon le communiqué.

Fin janvier, les ex-Séléka avaient empêché une délégation gouvernementale en visite à Bria d’organiser des consultations avec les habitants, dans le cadre du forum de dialogue et réconciliation national qui doit se tenir à Bangui prochainement.

Importante ville minière du centre-est de la Centrafrique, Bria et son activité diamantifère sont sous le contrôle des ex-Séléka.

Selon des témoignages d’habitants joints par l’AFP, des tirs nourris d’armes lourdes et légères ont été entendus mardi matin dès l’aube dans la ville, obligeant les civils à se terrer chez eux.

C’est depuis 05H00 (04H00 GMT) que nous n’arrivons pas à mettre le nez dehors. Des tirs nourris sont entendus depuis le secteur de l’aérodrome jusqu’à celui du centre administratif. (…) il y a de violents affrontements, a déclaré en début de matinée un habitant de Bria sous couvert d’anonymat, qui dit avoir vu des rotations d’avion de type Transall et un hélicoptère survoler la ville.

Depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka, qui a depuis abandonné le pouvoir, la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent opposant milices principalement chrétiennes, les anti-balaka, aux rebelles Séléka, essentiellement musulmans.

La présence de trois forces internationales -la force française Sangaris, l’Eufor RCA (UE) et la Minusca – a permis de stabiliser la situation, sans pour autant réussir à pacifier l’ensemble du territoire. Selon RFI « l’ex-Seleka est présente en force à Bria avec des effectifs estimés entre 800 et 1 200 hommes armés. »