jeudi, 13 septembre 2012
Syrie : Le général Manaf Tlass, qui a fait défection, ne veut pas d'intervention étrangère (par Wassim NASR)
J’ai eu l’occasion d’assister à l’entretien conduit par Ulysse Gosset pour BFMTV, Tony el-Khoury pour BBC Arabic et Christian Makarian pour l’Express avec le brigadier-général Manaf Tlass dimanche dernier à Paris. Cet entretien est le premier conduit par une télévision occidentale depuis l’annonce de défection du haut-gradé syrien.
Plusieurs points ont été évoqués dans cet entretien (d’un peu moins d’une heure) avec cet officier qui fut à la tête de la 105ème brigade de la garde républicaine et qui avait ses bureaux au sein même du palais présidentiel à Damas.
Une fois sa loyauté mise en doute et malgré l’amitié qui le liait depuis l’enfance à Bachar al-Assad, le général Tlass fut retiré du service opérationnel et se contentait de rester à son bureau en signe de protestation.
Sa marginalisation au sein de l’appareil baasiste est due à ses contacts avec les rebelles et aux négociations entreprises avec eux dans différentes localités syriennes. Même s’il a conduit ses négociations au nom du régime - avant que le choix de la répression aveugle ne soit entériné - Tlass affirme avoir informé les rebelles de sa "rupture avec les autorités syriennes" et de son "intention de faire défection dès les premières heures de la révolution". Voici les points principaux évoqués lors de cet entretien et quelques clarifications :
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mardi, 28 août 2012
Syrie : La France appelle le CNS à former un gouvernement provisoire...mais quid des fractures ethnico-religieuses
Les dernières défections et la nature même des confrontations sur le terrain renforcent l’aspect confessionnel du conflit syrien. La communauté internationale est-elle capable aujourd’hui d’agir d’une manière déterminante en Syrie à travers une action militaire ? Cela alors que tous les signes d’un conflit sectaire et confessionnel sont détectables dans une guerre que tout le monde s’accorde à qualifier de civile. Dans cette nouvelle configuration, le départ ou le maintien de Bachar el-Assad à la Présidence est-il toujours décisif ?

(Photo : Rebelles syriens dans le quartier Saif al-Dawla, dans le centre d'Alep, le 22 août 2012)
L'impact des défections
Dans mes précédents articles sur la Syrie, j’ai été très réticent à qualifier le conflit de sectaire ou de confessionnel. Désormais ces deux aspects sont de plus en plus perceptibles, depuis la défection du Premier ministre nouvellement nommé Ryad Hijab. En trouvant refuge avec sa famille dans la Jordanie voisine, ce baasiste de carrière et de conviction devient le plus haut dignitaire du régime à quitter le navire depuis le début de la contestation (entre 15 et le 18 Mars 2011). Malgré plusieurs défections à différents échelons du pouvoir, aucune défection d’officiels alaouites, chrétiens ou druze n’a été signalée. (1)
A l’inverse du cas libyen - où la chute de Mouamar Kadhafi et de son régime ont été sensiblement accélérés par les défections - on se retrouve dans une situation paradoxale où les défections ne provoquent pas une réaction en chaîne similaire. Mais bien au contraire ces défections marquent et accentuent la nature confessionnelle du conflit et renforcent la détermination des Alaouites à mener le combat, que ça soit par peur d’un avenir sous domination sunnite ou par conviction.
Avec l’assabiya confessionnelle primant sur les choix politiques d’un côté comme de l’autre, les responsables et officiels sunnites se retrouvent dans une situation où leur soutien au régime devient insoutenable.Même si d’autres défections de hauts responsables suivront celles de Manaf Tlass (Brigadier-Général, à la tête de la 105e brigade de la Garde Présidentielle) et de Ryad Hijab (Premier Ministre) et même si les rumeurs de défection de Farouk el-Charaa (Vice-président de la République) se confirment, toutes ces personnalités appartiennent à la majorité sunnite. Au stade actuel il est normal pour chacun d’eux, comme pour bien d’autres appartenant à cette majorité, de se séparer du régime. Comme il est normal pour ceux appartenant à la minorité alaouite de continuer le combat. D’un côté comme de l’autre, ces hommes dessinent et dévoilent les nouveaux clivages de la société syrienne.
On n’est plus dans la configuration d’un pouvoir qui réprime son peuple, mais plutôt dans une guerre civile qui est aussi une guerre de survie pour les uns comme pour les autres . Sans pour autant que ce développement n’occulte les mois de répressions sanglantes qui ont précédés et accompagnés la militarisation de la rébellion. Dans cette configuration façonnée par une violence à l’œuvre irréversible, la durée ou l’issue du conflit deviennent secondaire.
Avec une telle évolution, la présence d’Assad à la Présidence est aussi de moins en moins importante quand à la résolution du conflit ou même à son issue . Suivant la même logique, l’impact des défections sunnites est de moins en moins important.Sans oublier la maladresse inouïe du Président du Conseil National Syrien (CNS) Abdel-Baset Sieda annonçant en direct sur France24 que Tlass et Hijab "n’auront pas de rôle important à jouer" à cause de leurs défections tardives. Avec cette déclaration Sieda minimise lui-même l’impact des défections et dissuade ceux qui comptaient suivre ce chemin périlleux pour eux comme pour leurs proches. (2)
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mardi, 21 août 2012
Hezbollah et régime syrien : des alliés… aux intérêts divergents !
La configuration d’une scène libanaise évoluant dans le paradoxe d’un Hezbollah à l’apogée de sa puissance, limite la marge de manœuvre de Damas au pays du Cèdre. Néanmoins, si l’exportation du conflit servirait Damas à court terme, elle reste contre-productive pour le Parti de Dieu et pour Téhéran, ses deux seuls alliés dans la région. Mais après plus de 40 ans de manipulation et d’ingérence au Liban, le régime baasiste se laisserait-il prendre la main dans le sac ?
Michel Samaha, a-t-il vendu Bachar el-Assad ?
Michel Samaha a une histoire politique chargée et pleine de retournements. Après avoir fait partie du parti Kataëb (Les Phalanges) et après s’être réfugié en France pour fuir ses anciens frères d’armes (1985), il se transforme - avec la Pax Syriana (1990-2005) - en icône de la tutelle syrienne au Liban.
Parmi les plus virulents défenseurs de Damas et de sa politique régionale, il devient conseiller spécial du Président syrien Bachar el-Assad. Une fois député et trois fois ministre grâce à ses alliances damascènes, il a été appréhendé manu militari par une branche des Forces de Sécurité Intérieure (FSI) connue pour son allégeance aux forces de l’opposition libanaise de la Coalition du 14 Mars. Cette arrestation est inédite dans la vie politique libanaise, dans la mesure où c’est la première fois qu’un "agent" de Damas et des officiers syriens sont mis directement en cause dans une affaire sécuritaire.
(Photo : Chiites du clan Moqdad dans la banlieue sud de Beyrouth, le 15 août 2012)
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