jeudi, 23 octobre 2008
Kosovo : quelque 80 Américains vont participer à la mission de l'Union européenne
Quelque 80 Américains contribueront à la mission européenne de police et de justice au Kosovo, marquant ainsi la première participation des Etats-Unis à une opération de l'Union européenne (UE), aux termes d'un accord signé mercredi à Bruxelles.
"C'est la première fois que des Américains prennent part à une telle mission européenne. Cela j'espère crée un précédent pour la coopération future entre les Etats-Unis et l'UE", a déclaré le secrétaire d'Etat américain adjoint chargé des affaires européennes, Dan Fried.
La participation de Washington "souligne la vision partagée de l'Europe et des Etats-Unis de travailler ensemble pour soutenir le développement du Kosovo", a-t-il ajouté.
Les quelque 80 Américains - essentiellement des policiers, plus quelques juges et procureurs - devraient être opérationnels d'ici le début du mois de décembre, selon les diplomates.
La majorité d'entre eux est en fait déjà sur place, sous l'uniforme de la mission de l'ONU au Kosovo, présente depuis 1999 et qui doit passer le relais à la mission de l'UE, selon une source diplomatique européenne.
Les 27 pays membres de l'UE ont décidé en février de déployer une mission européenne au Kosovo censée accompagner l'indépendance de ce territoire serbe jusque-là proclamée le 17 février.
Mais le déploiement a pris du retard, en raison notamment des obstacles mis par la Serbie et la Russie - opposées à cette indépendance - au transfert des moyens de la mission de l'ONU à la mission de l'UE.
A ce jour, seuls quelque 500 des 2.000 policiers, juges et douaniers européens prévus sont effectivement sur place et 200 des 1.000 assistants kosovars sont opérationnels, selon une source européenne.
L'UE espère que la mission débutera réellement début décembre.
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mardi, 16 septembre 2008
Film espagnol : Guerreros (2002)
Synopsis : Durant la guerre au Kosovo, un bataillon espagnol intégré à la KFOR a pour mission de réparer un générateur électrique dans une zone frontalière avec la Serbie.
Réalisé par Daniel Calparsoro en 2002, Guerreros a pour sujet la guerre au Kosovo, un conflit assez peu abordé par le septième art à ce jour. Dans l’absolu, deux éléments font qu’un film de guerre est réussi : des séquences d’action et un minimum d’émotion(s). S’il possède quelques scènes de guerre (des escarmouches joliment mises en images), Guerreros fait le choix de ne pas privilégier l’action, l’objectif (atteint) du métrage étant d’être plus "humain" que spectaculaire.
Guerreros met avant tout l’accent sur l’évolution des personnages et particulièrement deux militaires espagnols de la KFOR. Le soldat Vidal (Eloy Azorin, habité) veut aider les civils, quitte à prendre des risques, désobéir aux ordres et se mettre à dos ses camarades de peloton. C’est ce que nous montre l’introduction dans laquelle Vidal apparaît comme un chien fou mais se fige face à l’ennemi, tétanisé par la peur. Charismatique et imperturbable, son lieutenant (campé par l’excellent Eduardo Noriega) lui laisse tout de même sa chance. Missionnée pour réparer un relais électrique entre Serbie et Kosovo, l’escouade ibérique va affronter des paramilitaires albanais qui prendront aussitôt le dessus et causeront d’importantes pertes. Débâcle et début d’un véritable chemin de croix pour nos soldats espagnols. C’est là le tournant du métrage, le moment où tout bascule et à partir duquel la personnalité profonde de chacun va se révéler. Si le lieutenant, un peu dépassé par la soudaineté des événements, montre ses failles sur le terrain, Vidal, lui, est comme galvanisé par cette situation critique. En effet, le jeune soldat se met en pilotage automatique, laissant son cerveau reptilien prendre le relais pour assurer sa survie.
Capitalisant sur une palette chromatique restreinte (la photographie à dominante marron est tout à fait adaptée), Daniel Calparsoro signe une réalisation travaillée qui refuse tout effet d’esbroufe et sait se mettre au service du récit. Loin du voyeurisme et de la surenchère, le film joue la carte d’un réalisme parfois cru, comme lorsqu’il s’agit de montrer l’horreur des blessures infligées par l’explosion d’une mine. Distillant une tension palpable, le métrage ménage plusieurs moments de suspense (voir l’éprouvante séquence de détention). Calparsoro parvient à rendre son film prenant, pour ne pas dire très immersif.
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dimanche, 07 septembre 2008
De la médiocrité des origines de la crise
Il devrait apparaître évident à tout esprit normalement critique et normalement informé que l’OTAN est aujourd'hui une “machine de guerre” américaniste anti-russe, destinée à encercler la Russie et à exercer une pression grandissante sur ce pays. Elle l’est principalement au travers de la dynamique d’élargissement, que les Américains aimeraient voir poussée au moins jusqu’à la Géorgie et l'Ukraine.
Sans doute, sans aucun doute l’OTAN l’est-elle aujourd’hui, cette “machine de guerre” anti-russe. Cela admis, les mêmes esprits en tirent la conclusion évidente, sinon rationnelle, qu’il en est ainsi depuis l’origine, que l’élargissement de l’OTAN fut une stratégie minutieusement élaborée pour ce but de l’encerclement de la Russie. Tout cela est logique.
Tout cela est logique mais inexact. Si le fait de l'élargissement de l'OTAN est devenu cette “machine de guerre”, c’est, disons, par enchaînement mécanique qui place le moyen de la chose chronologiquement avant la chose, un peu comme “la fonction crée l’organe”, – et ce serait alors : “la dynamique crée la stratégie”, ou, encore plus platement, “le mouvement crée l’objectif”. Au départ, l’élargissement de l’OTAN n’avait nullement l’objectif de la Russie. La chose est bien plus triviale, bien plus médiocre que cela.
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dimanche, 31 août 2008
Russie : place à la "realpolitik"
Après la chute du régime communiste, en 1991, la Russie va jouer avec beaucoup de candeur et de bonne foi le jeu de la démocratie et de l'économie de marché. Sur les recommandations des nombreux conseillers américains, spécialistes ès capitalisme, Moscou applique à la lettre et intégralement les méthodes libérales du "consensus de Washington" qui lui sont prescrites. Les entreprises d'État sont rapidement démantelées, privatisées, l'économie ouverte sans ménagement à la concurrence. La Russie va payer très cher son adhésion au capitalisme. Une production industrielle amputée des deux tiers, un PIB divisé par deux, une économie dévastée, la fuite des cerveaux, du savoir-faire et des capitaux. Et la naissance d'une nouvelle caste, les oligarques.
En 1999, Moscou assiste impuissante à l'entrée de ses anciens satellites dans l'OTAN. Cette dernière s'attaque ensuite à la Serbie, cousine slave des Balkans, lors de la guerre du Kosovo. Pour Vladimir Poutine qui accède à la présidence au début de l'an 2000, la désillusion est grande.
Les événements du 11 septembre offrent une dernière occasion de rapprochement entre les deux anciens adversaires de la guerre froide. Avec l'intervention en Afghanistan, Poutine appelle de ses vœux une association Russie – États-Unis pour l'exploitation conjointe des réserves d'hydrocarbures de la Caspienne.
Il doit de nouveau déchanter. Le seul objectif des États-Unis est d'installer des bases militaires permanentes dans les anciennes républiques de l'Asie centrale, et de détourner à leur profit le pétrole de la Caspienne, vers le sud-ouest, vers la Turquie et la Méditerranée.
Après l'Europe de l'Est et les États baltes, après les Balkans, le Caucase et la Caspienne, voilà que les États-Unis poursuivent le refoulement de la Russie en Asie centrale, au-delà des frontières héritées des tsars.
Cette fois, la rupture est consommée. La lune de miel entre une Russie naïve qui réintègre le "monde libre" et son modèle américain n'aura duré que 10 ans.
Place à la réalité, place à la realpolitik.
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jeudi, 14 août 2008
La route de l’Ossétie du Sud passe par le Kosovo
La tragédie que vivent aujourd’hui Géorgiens et Ossètes du Sud est à l’aune du drame yougoslave et des bouleversements territoriaux qu’il a entraînés.
Que s’est-il passé dans le palais présidentiel de Tbilissi le soir du 7 août, lorsque Mikhaïl Saakachvili décida d’en finir avec les "séparatistes" de Tskhinvali ? Le président géorgien s’est-il lancé à corps perdu dans une aventure dont il n’envisageait pas les conséquences ? Avait-il pris la mesure des terribles dégâts collatéraux que des bombardements nocturnes provoqueraient au sein de la population civile, élargissant encore le fossé entre Ossètes et Géorgiens ? Serait-il tombé, comme le laissent entendre certains, dans un piège délibérément tendu par Moscou : on lui aurait laissé entendre que la Russie était excédée par l’extrémisme des dirigeants de Tsinkhvali qui multipliaient les affrontements avec les forces géorgiennes de sécurité ?
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lundi, 30 juin 2008
Kosovo : les Serbes créent leur Assemblée
Samedi 28 juin, les Serbes du Kosovo ont commémoré le 619e anniversaire de la bataille de 1389 au monastère de Gračanica et devant la tour de Gazimestan. Dans l’après-midi, ils ont formé une Assemblée, représentant les 26 communes serbes du territoire.
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lundi, 26 mai 2008
Film russe sur le Kosovo (1/7)
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mercredi, 07 mai 2008
La culture des armes au Kosovo
La notion de "culture des armes" apparaît occasionnellement dans le débat sur les armes légères, où elle est associée notamment à celle de conflits armés. Bien que rarement définie, l’expression "culture des armes" est communément utilisée pour identifier un ensemble particulier de "raisons" à la présence et à l’utilisation des armes légères dans une société donnée – raisons qui vont au-delà des besoins "économiques" ou "utilitaires" des individus et des dynamiques des marchés locaux ou internationaux. Dans ce sens, la "culture des armes" est utilisée pour désigner un ensemble de valeurs et de normes – sociales et légales – d’une société donnée, qui rend acceptables et légitimes la présence d’armes à feu et leur possession par les individus. Par exemple, la possession d’armes légères – principalement d’armes à feu – par la population civile peut être considérée comme un symbole de statut, de virilité, ou comme un moyen d’assurer sa sécurité lorsque l’Etat ne peut pas ou ne veut pas s’en charger.
Télécharger le dossier : LA CULTURE DES ARMES AU KOSOVO
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vendredi, 28 mars 2008
Le Pentagone prend racine au Kosovo
Les avertissements faits par nombre d'experts avant l'indépendance du Kosovo commencent à se réaliser : tous les attributs d'une grande base militaire de l'OTAN et des Etats-Unis apparaissent en catimini sur le territoire enlevé à la Serbie. La décision du président George W. Bush de commencer à livrer des armes au Kosovo est l'un des derniers indices en date de ce processus. Moscou a insisté sur la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil Russie-OTAN, qui se tiendra vendredi 28 mars à Bruxelles. D'ailleurs, il est douteux qu'il soit possible de persuader ce conseil d'intervenir, car il s'est toujours révélé peu utile. A propos, le président Bush a pris cette décision deux jours après la visite à Moscou de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et du secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui ont appelé à renforcer la coopération, à étendre les consultations et, en général, à assurer la transparence.
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mardi, 25 mars 2008
Le Premier ministre du Kosovo rejette l'idée d'une division du nouvel Etat
Le Premier ministre du Kosovo a déclaré mardi que la Serbie ne serait pas autorisée à diviser son ancienne province en deux. Hashim Thaci a souligné que l'intégrité territoriale du nouvel Etat était garantie par la communauté internationale.
Les albanophones sont majoritaires au Kosovo, mais des responsables serbes proposent de gouverner les régions dominées par la minorité serbe.
Il a fait ces commentaires alors que plus de 3.000 Serbes étaient rassemblés dans la ville de Mitrovica, ethniquement divisée, pour appeler l'armée et les forces de police serbes à appliquer la division ethnique.
Les Serbes organisent des manifestations quotidiennes contre l'indépendance du Kosovo proclamée en février.
Source du texte : LA TRIBUNE.FR
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La Serbie propose la division de facto du Kosovo sur des bases ethniques
Neuf ans après le début de la campagne aérienne de l'OTAN contre la Serbie, Belgrade propose que le Kosovo, qui a proclamé son indépendance le 17 février dernier, soit divisé sur des bases ethniques entre la majorité albanophone et la minorité serbe.
La proposition, rendue publique lundi par les médias serbes, a été transmise aux Nations unies, qui administre le Kosovo depuis que la campagne aérienne de 78 jours menée par l'OTAN a mis fin à la répression serbe dans le petit territoire en 1999.
Ce document précise que Belgrade reconnaît la juridiction de l'ONU au Kosovo, mais il stipule que seuls les Serbes et non les albanophones peuvent contrôler la police, l'appareil judiciaire et les douanes dans les quelque 15% du Kosovo où les Serbes sont majoritaires. Selon les analystes, Belgrade cherche à prendre le contrôle politique et administratif des secteurs à majorité serbe, situés essentiellement dans le nord du Kosovo.
Le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, estime qu'en raison de la déclaration "illégale" d'indépendance des albanophones du Kosovo, seuls les Serbes du territoire peuvent, avec l'aide de la Serbie, faire respecter l'autorité de la MINUK (Mission des Nations unies au Kosovo). Il précise que la proposition de Belgrade créerait une "division fonctionnelle" entre Serbes et albanophones du Kosovo.
Selon Larry Rossin, numéro deux de la MINUK, le document a été transmis au siège de l'ONU à New York pour évaluation. Mais le vice-Premier ministre du Kosovo, Hajredin Kuqi, a d'ores et déjà rejeté l'initiative de Belgrade. "Nos seuls interlocuteurs sur le Kosovo sont le peuple du Kosovo et la communauté internationale", a-t-il déclaré à l'Associated Press.
Le 17 février, le Parlement du Kosovo a proclamé l'indépendance vis-à-vis de la Serbie, qui considère ce territoire comme le berceau historique de la nation serbe et juge cette déclaration illégale au regard du droit international.
De violents affrontements ont opposé le 17 mars des policiers de l'ONU et soldats de l'OTAN (KFOR) à des manifestants serbes à Mitrovica (nord) faisant un mort, un policier ukrainien, et des dizaines de blessés. L'ONU a accusé Belgrade d'orchestrer ces violences.
Serbes et albanophones ont marqué lundi, chacun à leur manière, le neuvième anniversaire du début de la campagne aérienne de l'OTAN (24 février-9 juin 1999). Le Premier ministre de la Serbie Vojislav Kostunica a assisté à une célébration religieuse dans une église de Belgrade à la mémoire des Serbes tués dans les bombardements.
"Aujourd'hui il apparaît très clairement que la destruction impitoyable de la Serbie lors des bombardements de l'OTAN n'avait qu'un seul but, qui est de faire du Kosovo le premier Etat de l'OTAN au monde", a-t-il affirmé dans un communiqué.
Au Kosovo, le président du petit territoire Fatmir Sejdiu a remercié l'Alliance atlantique d'avoir mené ces frappes aériennes qui ont "stoppé l'agression des militaires et paramilitaires serbes contre le peuple du Kosovo". "Nous exprimons notre plus profonde gratitude aux Etats-Unis, à l'Union européenne (...) pour avoir aidé le Kosovo quand notre peuple était menacé d'extinction", a-t-il également déclaré.
Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine, allié de Belgrade, a ordonné à son gouvernement d'envoyer une aide humanitaire aux Serbes du Kosovo, selon les agences de presse russes. Son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aurait jugé préoccupante la situation humanitaire dans les zones serbes du Kosovo.
Source du texte : LA TRIBUNE.FR
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jeudi, 20 mars 2008
La vieille Serbie et les Albanais
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lundi, 17 mars 2008
L'Otan promet de répondre avec fermeté aux violences au Kosovo
L'Otan a promis de répondre par la fermeté aux violents incidents de lundi à Mitrovica, dans le nord du Kosovo, où des soldats français de la Kfor ont été pris sous le feu d'armes automatiques.
Ces heurts, les plus violents entre forces internationales et manifestants serbes depuis la proclamation d'indépendance du Kosovo le 17 février, sont un défi majeur pour l'Alliance, les Nations unies et la balbutiante mission de justice et de police de l'Union européenne dans l'ancienne province serbe.
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vendredi, 14 mars 2008
Chypre ne reconnaîtra pas le Kosovo
Le nouveau président chypriote Demetris Christofias a "confirmé" hier la position du précédent gouvernement chypriote de refuser de reconnaître l'indépendance du Kosovo, estimant lui aussi cette indépendance illégale.
"Je reconfirme la position du précédent gouvernement", a déclaré le nouveau président lors d'une conférence de presse en marge de son premier sommet européen à Bruxelles.
"Nous avons pris la décision d'éviter toute reconnaissance de cette action que nous considérons comme pas juste et, d'après le droit international, pas légale",a-t-il ajouté.
"Selon l'Acte Final d'Helsinki, les frontières doivent être sauvegardées et l'intégrité territoriale respectée", a précisé M. Christofias.
Source du texte : AFP
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dimanche, 09 mars 2008
Le Kosovo et l’infatuation européenne
Exposant ce projet d’article à une source européenne et l’interrogeant sur l’attitude européenne vis-à-vis de l’indépendance du Kosovo, nous avons entendu ces remarques de cette source : "Les Européens ont vraiment cédé à une pression maximaliste, intransigeante, des Américains. Ils avaient conscience des difficultés qui marquerait une marche forcée vers l’indépendance du Kosovo. Ils ont tenté de freiner, de ralentir le processus. Ils n’ont pas réussi. Mais on ne peut dire qu’ils soient les initiateurs de la situation actuelle, précisément telle qu’elle est, avec ses délais, sa pression, etc".
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Serbie : l'indépendance du Kosovo déclenche une grave crise politique
Moins d'un mois après l'indépendance du Kosovo, la Serbie traverse une grave crise alors que le Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica a dissous le gouvernement, rejetant l'option pro-européenne du président Boris Tadic avant des législatives anticipées.
Reconnaissant qu'il ne pouvait plus diriger le pays avec des partenaires pro-européens après l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février et rapidement reconnue par les Etats-Unis et les principaux pays de l'Union européenne (UE), M. Kostunica a dissous le gouvernement samedi.
"Le gouvernement serbe n'a plus de politique unifiée sur (...) le Kosovo. (...) C'est la fin du gouvernement", a déclaré M. Kostunica en proposant des législatives anticipées le 11 mai en même temps qu'un scrutin municipal.
M. Kostunica a convoqué pour lundi une réunion du gouvernement qui doit préparer la décision sur la dissolution du parlement et la convocation d'élections législatives anticipées.
L'indépendance du Kosovo a rendu insurmontables les divergences entre le Parti démocratique (DS) du président Tadic, dominant au sein de la coalition gouvernementale, et le Parti démocratique de Serbie (DSS) de M. Kostunica.
Le Premier ministre "n'est plus en mesure de diriger le gouvernement", et "je convoquerai des élections", a dit M. Tadic après la décision de M. Kostunica de dissoudre le gouvernement.
"Je pense que le gouvernement n'a pas de position unifiée sur l'avenir européen et économique de la Serbie et de ses citoyens", a-t-il souligné, minimisant ainsi les différences sur la question du Kosovo.
Malgré son opposition à l'indépendance kosovare, M. Tadic a continué de prôner un rapprochement avec l'UE alors que M. Kostunica l'a jugé impossible.
Les divergences entre les deux camps "sont devenues à tel point considérables qu'ils ne peuvent plus travailler ensemble", estime l'analyste Dejan Vuk Stankovic.
Pour M. Kostunica, l'UE, au même titre que les Etats-Unis, a été le principal instigateur de l'indépendance du Kosovo auquel il refuse de renoncer et qu'il considère, avec ses concitoyens, comme le berceau historique de la Serbie.
Il a de plus jugé "illégale" la mission que Bruxelles s'apprête à envoyer pour prendre la relève de celle de l'ONU qui administre le Kosovo depuis la fin de la guerre de 1998-1999, appelant l'UE à y renoncer pour que Belgrade reprenne la voie européenne.
La Serbie est désormais entrée dans une période de paralysie politique, le gouvernement ne réglant que les affaires courantes dans l'attente des législatives.
Jusque là, aucun accord ne pourra donc être signé avec Bruxelles qui a pourtant récemment appelé Belgrade à réaffirmer sa volonté d'intégration européenne.
La Serbie a paraphé mais n'a pas encore signé l'Accord d'association et stabilisation, premier pas vers son adhésion à l'UE.
Aux législatives les Serbes seront de nouveau appelés à se prononcer pour ou contre l'UE même s'ils l'ont en quelque sorte déjà fait à la présidentielle de février en réélisant d'une courte tête le président Tadic face à l'ultranationaliste russophile, Tomislav Nikolic.
Depuis des années la Serbie est partagée entre pro-européens et nationalistes eurosceptiques et le prochain scrutin risque de confirmer la division du pays en deux blocs de force égale.
M. Kostunica pourrait donc de nouveau se retrouver en position d'arbitre et décider en dernier ressort de l'orientation de son pays pour les années à venir.
Sa tendance nationaliste est devenue prépondérante et une alliance avec les ultranationalistes du Parti radical de Serbie (SRS) de M. Nikolic semble désormais probable.
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vendredi, 22 février 2008
Kosovo : la solidarité musulmane va-t-elle fonctionner ?
La liste des pays prêts à reconnaître le Kosovo indépendant s'accroît progressivement. Mais de nombreux pays, dont des Etats arabes et musulmans, hésitent encore, bien que Washington les pousse à faire preuve de solidarité avec les musulmans du Kosovo. Quelle en est la cause ?
Au cours d'un point de presse qui a suivi la proclamation de l'indépendance du Kosovo, le sous-secrétaire d'Etat américain pour les affaires politiques Nicholas Burns a salué la reconnaissance de cette démarche par l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et donc par les gouvernements des Etats faisant partie de cette structure : "Nous considérons comme très positif le fait qu'un Etat musulman, un Etat à majorité musulmane, ait été créé aujourd'hui".
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Kosovo : Moscou menace d'utiliser la force armée si l'OTAN ou l'UE défient l'ONU
La Russie "regrette" les violences survenues jeudi 21 février à Belgrade, tout en renvoyant la responsabilité aux pays qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo, a déclaré vendredi le porte-parole de la diplomatie russe, Mikhaïl Kamynine. "Ce qui s'est passé hier à Belgrade suscite uniquement le regret (...). Mais les forces qui ont soutenu la reconnaissance unilatérale du Kosovo devaient avoir conscience des conséquences d'une telle démarche".
Jeudi soir, des manifestants ont incendié l'ambassade des Etats-Unis à Belgrade, et affronté les forces de l'ordre après un grand rassemblement dans la capitale serbe contre l'indépendance du Kosovo. Au total, outre un mort dans l'incendie de l'ambassade américaine, les violences qui ont éclaté à Belgrade ont fait plus de 90 blessés, dont au moins 32 policiers, avant que le calme ne revienne en fin de soirée.
En parallèle à cette mise en garde, le représentant de la Russie à l'OTAN Dmitri Rogozine a déclaré vendredi que la Russie pourrait "utiliser la force" si l'OTAN ou l'Union européenne "défiaient" l'ONU sur le Kosovo. "Si aujourd'hui l'Union européenne adopte une position unie ou l'OTAN dépasse son mandat au Kosovo, ces organisations vont défier l'ONU et nous allons alors nous aussi partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu'on appelle une force armée, pour qu'on nous respecte", a affirmé M. Rogozine lors d'une vidéoconférence depuis Bruxelles.
Source du texte : LE MONDE.FR
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Des Serbes s'en prennent à l'ambassade américaine à Belgrade
Des émeutiers ont brièvement envahi l'ambassade des Etats-Unis à Belgrade, à l'issue d'un rassemblement qui a réuni dans la capitale serbe quelque 200.000 personnes venues crier leur refus de l'indépendance du Kosovo. Un corps calciné a ensuite été découvert dans le bâtiment.
Les jeunes manifestants, certains le visage masqué, ont fait irruption dans l'ambassade, incendié plusieurs salles et arraché le drapeau américain qui flottait sur la façade, sous les applaudissements de la foule.
Après l'intervention de la police, un corps carbonisé a été découvert dans le bâtiment mais aucun diplomate américain n'est porté manquant, a déclaré à Washington un responsable américain qui a requis l'anonymat. Il n'a pas donné d'autres précisions.
La police anti-émeute, qui était restée jusque-là très discrète, est intervenue une demi-heure après l'irruption des manifestants dans l'ambassade, frappant et arrêtant plusieurs émeutiers et faisant évacuer sans ménagement le bâtiment.
Des témoins ont vu plusieurs manifestants à terre, en sang, sous les nuages de gaz lacrymogènes, alors que des hélicoptères survolaient le secteur.
Selon les médias locaux, une soixantaine de personnes ont été blessées et hospitalisées, dont une quinzaine de policiers.
Les forces de sécurité patrouillant dans des véhicules blindés ont bouclé dans la soirée le quartier de l'ambassade.
D'autres missions étrangères ont également été attaquées, notamment celles de Grande-Bretagne, de Croatie, de Bosnie et de Turquie, ont rapporté des agences de presse locales.
Des banques étrangères et des restaurants McDonalds ont aussi été pris pour cibles.
Le président serbe Boris Tadic, en visite en Roumanie, a appelé les manifestants à cesser les violences.
"J'appelle tous nos compatriotes à manifester dans le calme. Tous ceux qui participent aux violences seront chassés de rues et arrêteront de s'en prendre aux ambassades",a-t-il dit à la télévision.
Washington a demandé au gouvernement serbe de prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection de son ambassade.
"Nous sommes en contact avec le gouvernement serbe afin qu'il consacre les moyens appropriés à remplir ses obligations internationales, en aidant à assurer la protection des enceintes diplomatiques, dans ce cas précis notre ambassade", a dit Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat.
L'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, Zalmay Khalilzad, s'est dit "scandalisé" par cette attaque et va demander au Conseil de sécurité de la condamner.
Quelques heures avant ces incidents, les manifestants, brandissant le drapeau national ou des banderoles proclamant l'appartenance du Kosovo à la Serbie, s'étaient regroupés devant le bâtiment du Parlement fédéral érigé il y a un siècle.
"Tant que nous vivrons, le Kosovo sera serbe", a assuré le Premier ministre Kostunica, qui s'adressait à la foule d'une scène immense, recouverte de drapeaux serbes et ornée d'une gigantesque banderole proclamant que "le Kosovo est la Serbie".
"Nous ne sommes pas seuls dans cette lutte. Le président Poutine est avec nous", a-t-il ajouté. Le chef d'Etat russe s'était opposé à l'indépendance du Kosovo au côté de Belgrade.
Selon la police, 150.000 personnes s'étaient rassemblées sur la place, et plusieurs dizaines de milliers emplissaient les avenues voisines. D'autres grands rassemblements ont eu lieu dans la ville.
"UNE HONTE POUR L'EUROPE"
L'ambiance était calme et pesante, tandis que plusieurs intervenants prononçaient des discours et que résonnaient des chansons patriotiques.
Les organisateurs, qui ont affrété des trains gratuits et 5.000 autocars pour l'occasion, ont visiblement remporté le pari de faire au moins aussi bien que le demi-million de Serbes qui s'étaient réunis en 2000 pour évincer Slobodan Milosevic.
Ils voulaient démontrer ainsi au reste du monde la colère de la nation serbe face à la perte d'une province qu'elle considère comme le berceau de son histoire et de sa religion.
"C'est un Etat inventé, une honte pour l'Europe et le reste du monde", a déclaré un manifestant, Milan Vukosavljevic. "Notre message est simple : le Kosovo est le cœur de la Serbie", a renchéri un autre homme interrogé par la télévision nationale.
Les établissements scolaires sont restés fermés toute la journée pour permettre au plus grand nombre de prendre part à la manifestation, qui a été suivie par des prières dans la principale cathédrale orthodoxe de Belgrade.
La chaîne de télévision publique RTS, dont la grille a été débarrassée des habituelles productions hollywoodiennes pour faire place à des films historiques serbes, a appelé les médias à leur devoir patriotique et les a invités à donner libre cours à ce que l'un d'eux qualifie de "fureur nationale".
Aux yeux des observateurs, il serait toutefois erroné de voir dans l'expression de cette colère un retour au nationalisme ardent qui a alimenté les conflits des années 1990. Et cette manifestation devrait plutôt faire fonction de catharsis.
Si de nombreux Serbes restent très attachés au Kosovo, 70% d'entre eux voient leur avenir aux couleurs européennes.
L'indépendance du Kosovo, proclamée unilatéralement dimanche, a donné lieu à des manifestations assez modestes mais parfois violentes en Serbie et en République serbe de Bosnie.
A Banja Luka, capitale de la République serbe de Bosnie, plusieurs personnes ont été blessées jeudi lors d'une manifestation devant le consulat des Etats-Unis.
Plusieurs centaines d'anciens combattants serbes des guerres des Balkans ont brûlé des pneus devant un poste-frontière du Kosovo gardé par la Kfor avant de repartir, sans autre incident.
Source du texte : L'EXPRESS.FR
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jeudi, 21 février 2008
Kosovo : enjeux stratégiques (1/2)
Exposé de Jean-Michel VERNOCHET
Journaliste, politologue, écrivain, spécialiste des relations internationales
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