lundi, 14 novembre 2011
Alexandre le Grand
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jeudi, 03 novembre 2011
Les guerres puniques
La bataille pour la domination en Méditerranée, qui avait si souvent opposé Grecs et Perses, Phéniciens, Étrusques et Carthaginois, s'acheva pour longtemps après les guerres puniques. Désormais Rome se trouvait en quelque sorte seule au monde à gouverner. Mais il y avait bien plus : en cette année 146, qui marquait la fin des conflits, c'était une ville tout entière qui disparaissait dans les flammes, comme jadis Troie sous l'assaut des Grecs. Carthage, l'ancienne colonie de Tyr, fondée, selon la légende, sept siècles auparavant dans le grand mouvement migratoire qui avait conduit tant de peuples d'Orient en Occident, Carthage venait de succomber, et, dans ce saccage, ses archives étaient anéanties, sa belle bibliothèque dévastée et dispersée. Ainsi vécut-elle le sort des vaincus : celui de ne survivre que dans - et selon - la mémoire et la langue des autres.
Sur les trois guerres qui opposèrent Carthage et Rome de 264 à 146, ces guerres dites puniques, du nom latin Poeni par lequel les Romains désignaient leurs rivaux, les sources sont en effet ou grecques ou romaines. C'est d'abord le Grec Polybe qui nous renseigne le plus : arrivé comme otage à Rome en 167 et présent lors du sac de Carthage en 146, il porte un témoignage exceptionnel sur toute la période. Avec lui, l'histoire politique se fait réflexive et universelle - à la mesure de son projet : raconter les étapes de l'unification du monde par la conquête romaine. Il y a aussi Tite-Live, historien latin (64 av.-17 apr. J.-C.), dont nous est parvenu le récit détaillé de la guerre d'Hannibal. Il y a encore Appien d'Alexandrie, qui vécut au IIe siècle de notre ère et dont la narration suit une tradition assez différente de ses prédécesseurs. Entre Polybe et Appien, avant et après, de nombreuses pages furent écrites sur le sujet dans les histoires de Rome ou les histoires universelles, dans les monographies sur l'Afrique ou les biographies d'hommes illustres. Mais de cette abondante littérature ne nous sont parvenus le plus souvent que des fragments ou de simples allusions: : tel est le cas des Annales de Q. Fabius Pictor ou de L. Cincius Alimentus, qui prirent part à la guerre d'Hannibal, des Histoires du Lacédémonien Sosylos d'Élis, qui fut le professeur de grec d'Hannibal, de l'ouvrage de Philinos d'Agrigente, qui vécut lors de la première guerre punique, du Siciliote Silenos de Kalè Aktè, qui fut l'un des compagnons d'armes d'Hannibal, ou enfin de Chairéas, dont on ne connaît que le nom.
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lundi, 24 octobre 2011
Paru en septembre : Quades et Marcomans contre Marc Aurèle
Dès 167, les Marcomans, les Quades et les Sarmates, suivis par d'autres peuples, dans une formidable coalition, brisent les défenses romaines sur le Danube, dévastent les provinces frontalières, menacent l'Italie et les Balkans. A la tête d'un empire affaibli (guerre contre les Parthes, vaste épidémie), Marc Aurèle doit rétablir l'ordre... Ce conflit de quinze années marqué par la mort de deux empereurs loin de Rome, constitue le prélude de ce que les historiens appellent la "crise du IIIe siècle".
L'auteur :
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lundi, 10 octobre 2011
Ulysse, grande figure mythique
Le comparatiste Pierre Brunel présente les différents aspects du mythe d’Ulysse et sa place dans la littérature : "Ce n’est pas sans raison qu’Athéna protège Ulysse et que l’imagination des écrivains s’attache à sa destinée ! Il est à la fois un héros de l’Antiquité, présent dans toutes les mémoires, et une image de l’Homme."
Ulysse est-il rusé, endurant, avisé ou un vil menteur ? Ces questions, pour nous aujourd’hui ne sont pas aussi dépassées qu’il y paraît. Quelles sont les relectures des aventures fantastiques et du voyage intérieur d’Ulysse ?
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mardi, 04 octobre 2011
La seconde invasion de l'Italie par Alaric (408-410)
Les invasions des anciens fédérés Wisigoths furent très différentes de la grande migration des peuples de Radagaise et des Vandales-Alains-Suèves, tous gentes externae, car les anciens fédérés wisigoths étaient dans l'Empire et ils eurent un but plus précis que la grande migration de 406, celui non seulement de redevenir fédérés, mais aussi d'obtenir une intégration plus étroite dans l'Empire, obstinément poursuivie par leurs rois, tant par l'ancien général romain Alaric que par son successeur Athaulf.
Ainsi les Wisigoths envahirent-ils dans ce but, peu après la grande migration de 406, d'abord l'Italie complètement, puis une partie de la Gaule méridionale et une partie de l'Espagne méditerranéenne. Mais, si la grande migration de 406 les servit, en épuisant les moyens militaires de l'empereur Honorius contraint, en plus, d'affronter un usurpateur en Gaule dès 407 et un autre encore en 411, elle les desservit tout autant, en suscitant une virulente réaction des Romains antigermains qui les assimilèrent aux barbares de Radagaise ou de l'invasion des Vandales-Alains-Suèves et qui, même, redoutèrent plus ces anciens fédérés que les autres envahisseurs barbares. La seconde invasion de l'Italie par Alaric et la prise de Rome, le 24 août 410, firent des Wisigoths des ennemis intolérables de l'Empire, de sorte que leur établissement dans des provinces gauloises en 418, après leur retour au statut de fédérés en 416, réalisa en partie seulement les buts de leurs sept années d'invasions.
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samedi, 01 octobre 2011
Byzance, empire romain d'Orient
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lundi, 12 septembre 2011
Grèce : reconstitution de la bataille de Marathon
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mercredi, 07 septembre 2011
Le fardeau de l'hoplite : casque, jambarts, cuirasse et lance
Le casque
Le type de couvre-chef en faveur dans toute la Grèce à la grande époque de la guerre des hoplites (700-500 av. J.-C.) était le casque dit "corinthien". A la différence des casques de fantassin utilisés dans les armées occidentales au XXème siècle, un casque d'hoplite en bronze couvrait à la fois la tête et la majeure partie du cou, descendant à l'arrière jusqu'à la clavicule. Dans sa forme ultime et la plus élégante, les montants pour les joues et les protège-nez s'étendaient vers l'avant à tel point qu'ils se rejoignaient presque au centre du visage, aboutissant ainsi à y enserrer les yeux, le nez et même la bouche. En théorie, le bronze massif procurait la protection nécessaire contre les coups de lance au visage et à la tête et préservait la mâchoire des coups de côté comme des coups de face. Pourtant, ce casque a dû être un accessoire très inconfortable et difficile à porter. La difficulté évidente était qu'il gênait pour voir et pour entendre (il n'y avait pas d'ouverture pour les oreilles). Il ne serait pas surprenant que la formation et la tactique de guerre de la phalange elles-mêmes — la formation en masse, la charge, le heurt et la poussée finale — aient eu leur origine, au moins pour une part, dans le manque de communication directe entre les soldats et leur chef. Les duels, les escarmouches, les attaques éclair étaient hors de question avec un tel couvre-chef, et l'isolement créé par le casque exigeait que chaque individu cherche à se lier étroitement avec ses pairs.
Quand bien même l'hoplite n'aurait presque pas pu voir ou entendre avec son casque, il n'y avait guère de problème pour localiser l'ennemi ou de danger à ne pas voir sur les côtés aussi longtemps que la cohésion de la phalange en formation demeurait intacte. Par conséquent, ce que nous entendons en fait de sons dans la phalange consiste en général en chants avec accompagnement de flûte, ou en hurlements. Les ordres d'avancer ou de reculer étaient donnés par des coups de trompette. L'ordre que le général thébain Epaminondas est censé avoir donné à la bataille de Leuctres, en 371, dans le feu du combat : "Un pas en avant !" ne fut sans doute pas, si c'est vrai, entendu par beaucoup, à moins qu'il ne portât le casque dit "béotien" qui laissait le visage entièrement à découvert.
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dimanche, 04 septembre 2011
Le miracle romain : L'armée
La période des origines de Rome est largement plongée dans la légende. Fondée, d'après la tradition, le 21 avril 753 avant J.-C., la ville passa vite sous la domination de voisins riches et puissants, les Étrusques, en sorte que sa première armée peut être appelée romano-étrusque. Toujours d'après la tradition, Rome se débarrassa de ses maîtres en 509.
La première armée proprement romaine reflétait de manière étroite une société et un État très aristocratiques. Les hommes étaient répartis en fonction de leurs revenus en 5 classes et 193 centuries. Au début, comme chacun devait payer son armement, les plus riches combattaient à cheval ou constituaient l'élite de l'infanterie ; les plus pauvres n'étaient même pas admis au service, puisqu'ils n'avaient pas les moyens de s'équiper. Les combattants adoptèrent d'abord un système proche de celui de la phalange grecque : épaule contre épaule, ils offraient à l'ennemi une ligne continue qu'on appelait la légion, mot qui signifie que les hommes ont été sélectionnés.
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mercredi, 31 août 2011
Je ne déshonorerai pas mes armes sacrées et je n’abandonnerai pas mon voisin là où je serai en rang
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lundi, 29 août 2011
Gladiator : Un film, une histoire
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dimanche, 28 août 2011
Chefs de guerre : Attila, l'immortalité dans le sang
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Chefs de guerre : Spartacus, un gladiateur rebelle
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jeudi, 25 août 2011
La campagne d'Hannibal Barca
Crut-il les temps non encore propices ? Homme politique plutôt que général, n'osa-t-il se croire au niveau de l'entreprise ? Je ne saurais le décider — Quoiqu'il en soit, au commencement de l'an 221 il tombe sous le fer d'un assassin, et les officiers de l'armée d'Espagne élisent pour son successeur Hannibal ("Ba'al a favorisé"), le fils aîné d'Hamilcar. Le nouveau général, était bien jeune encore : né en 247, il était à sa 26e année. Mais il avait beaucoup vécu : ses souvenirs d'enfance lui montraient son père combattant en pays étranger, et victorieux sur le mont d'Eirctè ; il avait assisté à la paix conclue avec Catulus ; il avait partagé avec Harmilcar invaincu les amertumes du retour en Afrique, les angoisses et les périls de la guerre Libyque; il avait tout enfant suivi son père dans les camps : à peine adolescent il s'était distingué dans les combats. Leste et robuste, il courait et maniait les armes excellemment ; il était le plus téméraire des écuyers ; il n'avait pas besoin de sommeil ; en vrai soldat, il savourait un bon repas, ou endurait la faim sans peine. Quoi qu'il eût vécu au milieu des camps, il avait reçu la culture habituelle chez les Phéniciens des hautes classes. Il apprit assez de grec, devenu général, et grâce aux leçons de son fidèle Sosilon de Sparte, pour pouvoir écrire ses dépêches dans cette langue.
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dimanche, 14 août 2011
Strasbourg - Argentorate : un camp légionnaire sur le Rhin (Ier au IVe siècle avant J.-C.)
De nombreuses fouilles archéologiques ont été menées au cours des dernières années sur le site du camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate et de ses abords immédiats : place du Petit-Broglie (Grenier d'Abondance), rue Brûlée, rue de la Mésange… à l'occasion de travaux de rénovation de bâtiments anciens ou d'implantation de nouvelles infrastructures urbaines. Ces recherches ont permis de recueillir d'innombrables informations sur la topographie de la zone nord du camp et sur son évolution au fil du temps.
L'histoire du camp légionnaire est aussi celle des troupes qui y ont été cantonnées durant près de cinq siècles, ainsi que celle des habitants venus s'établir dans les quartiers civils proches du camp, attirés par l'important centre de consommation que représentait la légion. La VIIIe légion Auguste, qui est restée stationnée à Argentorate durant quatre siècles et est ainsi devenue la légion strasbourgeoise par excellence, a fortement marqué l'histoire antique de l'Alsace. Des éléments chronologiques nouveaux sont venus préciser son histoire et la date de son transfert à Strasbourg, grâce en particulier aux fouilles du camp de Mirebeau en Bourgogne dirigées par le professeur Michel Reddé.
Merci à Yannick pour la diffusion de cette information.
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mercredi, 03 août 2011
FIANA : Les Héros hors de la tribu
Lorsqu'au sortir de la légende Cûchulainn on aborde les Légendes des Fiana, on a l'impression de pénétrer dans un monde héroïque qui n'est pas seulement différent du monde dans lequel se meut le Héros de la tribu, mais qui lui est inconciliable.

Les deux corps de tradition ont bien quelques conceptions en commun : même fusion des vertus guerrières et de la vertu magique en la personne des héros-magiciens, même constant va-et-vient du monde des hommes au monde des Sîde, du profane au sacré. Mais à d'autres égards l'opposition paraît d'abord irréductible. Ce ne sont point seulement les caractères formels qui diffèrent, détails des moeurs, techniques du combat, ici à pied ou à cheval, là en char ; ce sont, fait plus grave, les caractères fonctionnels, la place même que le héros occupe dans la société, dans le monde. Cûchulainn s'insère tout naturellement, tout en la dominant, dans la société celtique telle que nous la connaissons non seulement par l'épopée mais par l'histoire ; il a son fort à Dûn Delgân, son domaine de Mag Muirthemne, sa place marquée "aux genoux" du roi de la province parmi les autres héros, le premier parmi eux, à vrai dire, mais enfin primus inter pares. Finn, avec ses bandes (fiana) est par définition en dehors des institutions tribales, il est la vivante négation de l'esprit qui les domine. Les deux ensembles mythiques nous proposent deux conceptions indépendantes du Héros ; ils ne s'affrontent pas, ils s'ignorent ; comment ont-ils pu coexister chez une même population, à la même époque ?
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dimanche, 31 juillet 2011
Comment Claude devint Britannicus
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lundi, 25 juillet 2011
Achille, l'idéal de l'homme héroïque
Je dois vous parler (...) de la mort héroïque en Grèce. Ce n'est pas facile. Je ne sais pas vraiment par quel bout commencer tant ils sont nombreux. Le plus simple est de débuter par le personnage qui incarne à nos yeux, et aux yeux des Grecs déjà, l'idéal de l'homme héroïque et de la mort héroïque : Achille.
Dans les récits qui le concernent, non seulement dans l'Iliade mais dans des récits légendaires qui nous ont été transmis par d'autres sources, le dilemme est clairement posé à son propos d'un choix presque métaphysique entre deux formes de vie qui s'opposent. Achille est le fils d'un simple mortel, Pélée, et d'une déesse, Thétis — elle a essayé d'échapper à cette union avec un mortel que les dieux lui imposaient, en prenant toutes sortes de formes. Finalement, le vieux Pélée s'est uni à elle et ils ont eu beaucoup d'enfants au statut équivoque et que Thétis aurait voulu immortaliser. Dans le cas d'Achille, le tenant par le talon, elle le plonge, nouveau-né, dans les eaux du Styx. S'il arrive à se sortir de cette épreuve terrifiante — car le Styx c'est, d'une certaine façon, la mort —, toute la partie du corps qui aura été en contact avec l'eau deviendra immortelle. C'est ce qui arrive à Achille. Il est donc un être humain qui par sa personne, son passé, sa généalogie se situe au croisement du divin et de l'humain. Seul un petit bout de son corps est resté mortel : le talon — car il fallait bien que Thétis le tienne par un bout — et c'est de là qu'il périra.
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vendredi, 22 juillet 2011
Sur les traces des Gaulois et des Romains en Bourgogne
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lundi, 04 juillet 2011
2 août 216 av. J.-C. : la bataille de Cannes
La bataille de Cannes est une victoire décisive d'Hannibal sur les légions romaines, au cours de la deuxième guerre punique. Le 2 août 216 av. J.-C., le général carthaginois écrase, grâce à une manœuvre géniale qui est depuis 22 siècles toujours étudiée dans les écoles de guerre, les troupes romaines deux fois et demi plus nombreuses, ce qui lui permet de s'établir durablement dans le sud de l'Italie.
À l'aube, Hannibal, ayant envoyé en avant les Baléares et le reste des troupes légères, passa le fleuve, et il plaçait chaque corps, à mesure qu'il avait traversé, dans sa ligne de bataille ; les cavaliers gaulois et espagnols près de la rive, à l'aile gauche, en face de la cavalerie romaine, l'aile droite étant confiée aux cavaliers Numides, et le centre de la ligne solidement tenu par l'infanterie dont les Africains constituaient les deux ailes, tandis qu'entre eux, au milieu, étaient les Gaulois et les Espagnols. Les Africains, on les aurait pris pour des Romains, tant ils portaient des armes prises à la Trébie et surtout à Trasimène. Les Gaulois et les Espagnols avaient de grands boucliers presque de même forme, mais leurs épées étaient inégales et différentes : chez les Gaulois, très longues et sans pointe ; chez l'Espagnol, habitué à frapper de pointe plutôt que de taille, courtes, par là faciles à manier, et pointues. Plus que l'attitude de tous les autres combattants, celle des soldats de ces deux peuples, et par leur taille, et par leur aspect, était terrible. Les Gaulois, au-dessus du nombril, étaient nus ; les Espagnols s'étaient mis en ligne avec des tuniques de lin bordées de pourpre, éblouissantes par leur merveilleuse blancheur. Le nombre total des fantassins alors en ligne était de 40.000, et de 10.000 celui des cavaliers. Les généraux commandant les ailes étaient à gauche Hasdrubal, à droite Maharbal ; le centre, Hannibal lui-même le commanda, avec son frère. Magon. Le soleil, que les adversaires se fussent placés à dessein ou se trouvassent par hasard ainsi, était, fort opportunément, de côté pour les deux lignes, les Romains étant tournés vers le midi, les Carthaginois vers le nord ; mais le vent, - les habitants de la région l'appellent Vulturne - se levant contre les Romains, et leur roulant au visage beaucoup de poussière leur ôtait la vue.
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