mercredi, 02 novembre 2011

L'ONU s'inquiète du recours croissant aux mercenaires dans le monde

Un groupe d'experts des Nations unies a averti, mardi, que le recours aux mercenaires était de plus en plus fréquent dans le monde, tout en soulignant l'expansion du nombre d'entreprises privées de sécurité qui mènent leurs opérations en faisant fi des règles et de leur responsabilité.

Dans un rapport déposé à l'Assemblée générale des Nations unies, le groupe de travail sur l'utilisation de mercenaires affirme qu'en Libye et en Côte d'Ivoire, des mercenaires auraient été impliqués dans de graves cas de violation des droits de la personne, tout comme certains sous-traitants de l'armée et des entreprises privées de sécurité oeuvrant en Irak ou ailleurs.


La directrice du groupe, Faiza Patel, a souligné en conférence de presse que les États devraient collaborer pour éliminer le recours aux mercenaires et réguler les activités des entreprises privées de sécurité. Les récents événements qui ont eu lieu en Afrique sont une preuve tangible de la résurgence du problème des mercenaires, selon Mme Patel.

Des informations laissent croire que l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, a embauché quelque 4500 mercenaires du Liberia dans sa tentative de se maintenir en poste après avoir perdu l'élection de 2010, a dit Mme Patel.

Quant à la Libye, le recrutement de combattants étrangers venus de pays africains voisins et de l'Europe de l'Est a été abondamment rapporté dans les médias. Ces mercenaires ont contribué à la répression sanglante des manifestations populaires contre le régime de Mouammar Kadhafi, plus tôt cette année.

Les activités des mercenaires constituent des menaces contre la sécurité nationale et régionale, en plus d'avoir de sérieuses retombées sur le droit des peuples à l'autodétermination et les droits de la personne, affirme le rapport.

Le groupe de travail presse les États d'arrêter et de juger les présumés mercenaires qui auraient commis des crimes graves.

Une trentaine de pays ont adhéré à la Convention internationale contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires.

Source du texte : RADIO.CANADA.CA

Écrit par SG dans > Privatisation-Mercenariat | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Le titre de cet article devrait être: "L'ONU s'inquiète du recours croissant aux mercenaires dans le monde... et pourtant y recourt elle-même!" (notamment dans ses opérations de maintien de la paix dans les Balkans)
La question de l'externalisation militaire semble en effet plus complexe que celle décrite ici. Le terme même de "mercenaire" est très flou. Un "mercenaire" de Kadhafi, employé pour réaliser une politique de terreur, a peu en commun avec un ancien général américain d'une société militaire privée fournissant un appui stratégique, ou d'une firme britannique assurant un soutien logistique (dont les armées occidentales n'ont parfois plus les moyens).

L'externalisation offre incontestablement de nombreuses opportunités, en particulier à des appareils militaires disposant d'un savoir-faire mais de moins en moins de moyens budgétaires. Il conviendrait alors non pas seulement de "s'inquiéter", mais aussi et surtout de chercher à réguler cette pratique et, au besoin, d'y recourir à bon escient.

Écrit par : Maxime | mercredi, 02 novembre 2011

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"L'externalisation offre incontestablement de nombreuses opportunités, en particulier à des appareils militaires disposant d'un savoir-faire mais de moins en moins de moyens budgétaires. "

Plutôt que de chercher à tout privatiser en imaginant que ça puisse être une solution à long terme, pourquoi ne pas garder pour nos soldat(e)s les millions que l'on dépenserait de toute façon à payer des "contractors" ?

Une armée peut encore faire, un tant soit peu, l'objet d'un contrôle de la part du peuple qu'elle défend.
Peut-on en dire de même avec les mercenaires ? Rien n'est moins sûr.

Et quid du lien Armée-Nation ? En quoi bénéficierait-il du recours croissant à ces gens dont la "fidélité" ne se résume qu'à quelques millions, sans une once d'honneur ? Sans cet attachement du soldat à son pays et aux valeurs qu'il défend ?

Qu'a-t-on à retirer du démantèlement de l'un de nos derniers services publics ?

Mercenariat ? Une seule législation : c'est non.

Écrit par : Nicolas | samedi, 24 décembre 2011

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