vendredi, 21 octobre 2011

Changement de cap : Les soldats US en Afghanistan ont pour cible...les sourcils broussailleux (interdit de rire !)

Les règlements militaires interdisent l’épilation radicale. D’aucuns essaie le fatlah (1) pour obtenir une arcade parfaite.

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Guillemette.pngSHINWAR, Afghanistan – Apparaissant au milieu du camouflage et des coupes réglementaires, c’est le dernier chic pour le combat : des soldats hommes arborant des sourcils taillés professionnellement en fines arches. 

"Je souhaitais simplement qu’ils taillent mes sourcils", explique 1ère classe Richard Guillemette, dont la tâche est d’annoncer les barrages d’artillerie depuis la ligne de front. 

Le 1ère classe Richard Guillemette, âgé de 20 ans, originaire de Lyman dans l’état du Maine, s’est fait tailler les sourcils par hasard la première fois mais s’est vu apprécier l’aspect affiné, légèrement arqué. 

La première épilation du soldat fut un accident. Il avait demandé une coupe de cheveux et un rasage chez le barbier afghan de la base américaine de la cavalerie, ici à Shinwar. Il réalisa seulement trop tard que le barbier s’attaquait à une aire non prévue au contrat. En utilisant un rasoir droit, le barbier sculpta ses sourcils en fines arches, en taillant en pointe sur les flancs. 


C’était il y a un mois. Le 1ère classe Guillemette, âgé de 20 ans, originaire de Lyman dans le Maine, s’est vu apprécier ce style et il a fait deux retouches depuis lors. 

"Ils devenaient un peu broussailleux", a-t-il reconnu récemment à la cantine. 

Gulam Farooq, 21 ans, barbier du campement à la base opérationnelle avancée (FOB) de Joyce, aux abords de la frontière pakistanaise, explique que l’islam interdit la taille des sourcils pour les hommes musulmans. Toutefois, il offre allégrement le service, utilisant un rasoir ou une technique spéciale à la cordelette, pour une moyenne de un à deux soldats américains par jour. "J’ai appris ça dans une école de coiffure à Kaboul", où les restrictions religieuses sont observées de manière moins rigide, dit-il. 

Ces jeunes soldats épilés, rasés, aux sourcils taillés se révèlent désarmant pour une génération plus ancienne de combattants plus broussailleux. Les règlementations de l’US Army demeurent silencieuses au sujet des sourcils des hommes, à l’exception de l’indication selon laquelle les cheveux ne doivent pas atteindre de telles latitudes méridionales. 

Cependant, en 2007, le corps des Marines a ajouté une ligne à ses réglementations sur la tenue déclarant que "l’épilation excessive voire totale des sourcils n’est pas autorisée, sauf pour raisons médicales". Les Marines laissent ouverte la question de savoir ce qui constitue une épilation excessive, bien que l’Institution ait tenté sans conviction par une circulaire de définir ce qui serait considéré comme excentrique et branché (mauvais), ou comparativement comme classique et discret (bon). 

Le lieutenant-colonel Jerry Turner, commandant du 3e escadron du 4e Régiment de Cavalerie à Shinwar, s’est tout juste rendu compte le mois dernier que des jeunes gens sous son autorité arboraient des sourcils plus stylisés que la Nature ne le conçoit. 

Le lieutenant-colonel Turner écarte cette tendance comme l’un de ces mystères des gosses d’aujourd’hui issus de la jeune génération. Un homme de haute taille âgé de 43 ans et originaire de Sacramento, avec un sourire embarrassé et des sourcils au naturel, le colonel secoue simplement du chef lorsqu’il repère des arcades élaguées sous des casquettes camouflage. 

"Je ne pige pas, tout simplement je ne comprends pas", dit-il. "Et vous ne me ferez pas y entendre quelque chose."

Le combat est un environnement saturé en testostérone et une petite minorité de soldats qui pratique un taillage excessif des sourcils peut attirer les quolibets. 

Un jour, lorsque le 1ère classe Guillemette décrivait son régime à la cantine, le sergent Dan Mendez, un éclaireur de 25 ans de la cavalerie originaire de Spokane, s’est moqué de lui depuis la table voisine : "J’aimerais que les miens poussent comme ça". 

Les sourcils du sergent sont d’épaisseur moyenne. « Il est évident que je ne me fais pas faire les miens, » a-t-il ajouté hâtivement. 

Juma Khan Rahmudin, propriétaire du salon de coiffure en préfabriqué de la base de Shinwar, dit que les hommes afghans ne se feraient jamais tailler les sourcils comme les hommes américains le font. Cependant, les Afghans s’épilent les favoris broussailleux sur les joues, explique-t-il, résultant ainsi sur une meilleure délimitation de leurs barbes souvent épaisses. "A chacun ses goûts", dit monsieur Rahmudin, âgé de 30 ans avantagé par ses sourcils bien séparés. 

Il propose aux soldats des séances de fatlah d’une demi-heure, durant lesquelles il torsade les poils de sourcils indésirables et les arrache pour former une ligne nette. 

D’autres barbiers de son salon rasent les sourcils. Le camp abonde de rumeurs au sujet de l’épilation à la cire. 

Le sergent Matthew Cordell, cuisinier de 26 ans originaire de Mechanicsburg dans l’Ohio, a originellement fait tailler ses sourcils à la fatlah dans le cadre d’un séjour en Irak deux ans auparavant. A l’époque il voulait juste réduire son mono-sourcil. Toutefois il a apprécié la plus grande netteté des sourcils apportée par cette méthode et l’a conservée dans la rue ou sur la base PX d’Hawaii, lieu de garnison du 3e escadron. 

"Je leur ai dit ‘Ne me faîtes pas ressembler à une fille’", raconte le sergent Cordell, qui a un vers tatoué sur le un bras en mémoire de son père et le nom de sa femme Sarah tatoué sur l’autre. 

Le sergent-chef Prodigalidad, un fantassin de 32 ans originaire de Tampa en Floride a donné sa chance à la fatlah pour la rigolade. Le barbier du camp l’a incluse dans le prix d’une coupe à 5 Dollars. Le chef Prodigalidad indique qu’il a trouvé cela si douloureux qu’il a dû demander un temps mort à mi-course. 

"Je ne le referai probablement plus jamais parce que ça fait salement mal", dit-il. 

Le brigadier René Ruiz, 22 ans et originaire d’Oxnard en Californie, laisse ses sourcils à l’état naturel. Mais il connait quelques autres soldats qui s’autorisent un taillage super incurvé. Il connait même un soldat qui rase ses bras et ses jambes pour mettre en valeur ses tatouages. 

"Ce sont des mecs droits, juste un peu métrosexuel", dit le brigadier Ruiz. 

Un jour, dans le cadre de sa fonction de commandement à Shinwar, le lieutenant-colonel Turner fut surpris qu’un officier féminin de ses cadres, le capitaine Ashley Leach, s’interposât pour défendre un de ses soldats aux sourcils profilés. 

"Cela ne m’ennuie pas qu’ils les entretiennent un peu", dit le capitaine Leach, 27 ans originaire d’Alexandrie en Virginie. "Mais une fois qu’ils se mettent à les tailler à la manière d’une femme, cela commence à faire trop". 

L’époux du capitaine Leach, le capitaine Ryan Leach, 26 ans, est officier CIMIC sur la même base afghane. Le plus loin où il s’aventure est de permettre à sa femme de tirer les quelques poils au-dessus de sa fausse nasale, "le strict minimum" pour laisser le mono-sourcil au placard.  

Michael M. PHILIPS

Traduit de l'anglais pour Theatrum Belli par Robert ENGELMANN

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Précision de TB :  L’accroche de l’article original est "About-face : Soldiers Target Stray Eyebrows in Afghansitan". Il est à noter, sans vouloir trahir l’esprit originel du texte et les choix de l’auteur, qu’il existe un site Internet féministe dont le nom est About Face et qui se propose de défendre l’image de la femme dans les média. Pour information : www.aboutface.org  

(1) Méthode de dépilation pratiquée au Moyen-Orient à l’aide de cordelettes tressées héritée de la Perse antique et principalement appliquée à l’occasion de mariage ou d’évènements particuliers. 

Écrit par SG (Webmaster) dans > Afghanistan, > Armées, > États-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

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