dimanche, 29 mai 2011

Inde-Pakistan : Cérémonie martiale de fermeture de la frontière

L'ambiance est festive chaque soir à Wagah, le seul poste frontière entre l’Inde et le Pakistan que l’on peut franchir par la route. À l’issue d’une démonstration martiale, soldats indiens et pakistanais ramènent leur drapeau respectif sous les cris et les chants patriotiques d’un public venu de toute l’Inde pour acclamer ses soldats. Reportage dans ce village du Nord du Pendjab.

Frontière indo-pakistanaise à 35 km à l'ouest d'Amritsar, un lundi soir de septembre. Le petit poste frontière de Wagah tremble sous les rugissements d'une foule déchaînée. "Hindustan zindabad ! Hindustan zindabad ! Vande Matram !" ("Vive l'Inde ! Vive l'Inde ! Bonne patrie !") Non, rassurez vous, il ne s'agit pas d'un énième contentieux frontalier, encore moins de nouvelles émeutes anti-musulmanes mais de la cérémonie du baisser de drapeau.

En 1947, lors de la Partition, le village de Wagah a été coupé en deux. Depuis, soldats indiens et pakistanais se retrouvent chaque soir devant leurs supporters respectifs pour cette cérémonie. Torse bombé, sourcils froncés et poings serrés, les soldats exécutent une parade intimidante rythmée par les ordres secs des officiers. Pendant près de 40 minutes, ils défilent en grande tenue à grands coups de bottes et de gardes à vous.

Dans les tribunes, l'heure est à la fête. Les touristes, indiens et étrangers, se pressent dans le vaste amphithéâtre qui fait face aux barrières. Femmes d'un côté et hommes de l'autre, chacun s'égosille au mieux pour ses soldats. Drapeaux, animateur qui s'épuise dans un micro saturé, slogans nationalistes, rien ne manque. C'est une vraie atmosphère de stade de foot !

La situation prend un tour cocasse quand les spectateurs se ruent en grappes dans l'allée pour gesticuler sur de la musique de films de Bollywood. Se défiant du torse, les jeunes hommes déchaînés conspuent copieusement le camp adverse. Avec des gradins presque vides, le voisin pakistanais a du mal à résister. Entre deux hurlements, Parmod Sengupt, très fair play, explique : "C'est normal, ils sont en plein Ramadan". Pour Sanjeev Kadir, un soldat de la Border Security Force"il y a un déclin important du nombre de visiteurs pakistanais. La situation politique interne n'y est pas étrangère".

Du côté indien, la cérémonie quotidienne attire des touristes de tout le pays. Dans une des nombreuses camionnettes qui assure le transport depuis Amritsar, s'entassent des gens venus de New Delhi, Bangalore ou du Bihar. Samir Kumar, 27 ans, étudiant de Calcutta a les yeux rivés sur les soldats. "Je suis venu pour des examens à Amritsar et c'était impensable de ne pas passer ici. Tout indien connaît l'existence de cette cérémonie et c'est normal de venir soutenir nos soldats". Ce patriotisme festif fait bon ménage avec les affaires. L'entrée de la zone est envahie par les petits vendeurs à la sauvette : DVDs de la cérémonie, CDs de chants patriotiques, chips et même bières, tout est bon pour les touristes !

À 18h30, une brève poignée de main entre officiers des deux camps clôture la parade. Une nouvelle fois, la cérémonie aura joué son rôle de catharsis dans les relations tendues qui opposent l'Inde et le Pakistan.

Neeli HAWA

Source : Aujourd'hui l'Inde (2008)

Écrit par SG (Webmaster) dans > Armées, > Inde, > Pakistan, > Vidéo Belli | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Une cérémonie assez impressionnante, au départ un brin agressif, par la vivacité du geste et le soutien des supporters civiles mais en finalité, très simple, car il y a similitude dans le pas militaire, dans la tenue ou presque (marron pour l'un, vert kaki pour l'autre). Cela prouvant que les 2 voisins sont bien plus que des cousins asiatiques, voire des frères de sang.

Qu'importe, Indiens et Pakistanais, comme d'autres dans le monde se trouveront toujours une raison pour se détester, se trouver de nouveaux alliés, la Chine pour l'un, l'Amérique pour l'autre...et une situation qui se complique désormais avec les soupçons de traitrise dans l'affaire du terroriste Bin Laden.

Écrit par : Ricardo S. RIPPERT - Consultant | dimanche, 29 mai 2011

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Je vois bien la Légion étrangère défiler pour le 14 juillet avec ce pas devant nos chefs.....

Écrit par : Buck Danny | dimanche, 29 mai 2011

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Tout d'abord, comme le disait Talleyrand: " tout ce qui est excessif est insignifiant". Dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas du drill mais du cirque ! On dirait des evzones grecs... J'ai servi en Somalie comme officier opération dans une brigade pakistanaise de l'ONU. Je peux vous affirmer qu'ils sont à peu près aussi efficaces que ces fameux evzones grecs... Sauf bien sur lorqu'il s'agit de racketter les civils qu'ils sont sensés protéger ! Là ils sont imbattables...

Écrit par : Lambillon | lundi, 30 mai 2011

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