jeudi, 19 mai 2011

Le fondateur de Blackwater constitue une force étrangère aux Emirats Arabes Unis

Le New York Times annonçait dimanche que le prince royal d’Abou Dhabi a engagé le fondateur de la compagnie de sécurité privée Blackwater Worldwide pour constituer un bataillon fort de 800 personnels issus de troupes étrangères pour les Emirats Arabes Unis.

Xe.jpgLe Times dit avoir obtenu des documents qui démontraient que l’unité rassemblée par Reflex Responses, la nouvelle société d’Erik Prince, grâce aux 529 millions de dollars versés par les E.A.U. servirait à contenir la révolte interne, conduire des opérations spéciales et défendre des conduites de pétrole et des gratte-ciel contre des attaques.

Le journal indiquait que la décision d’engager le contingent de troupes étrangères avait été prise avant que la vague de mouvement populaire ne s’étendît dans le monde arabe ces derniers mois, y compris chez les voisins des E.A.U. dans le Golfe : le Bahreïn, le sultanat d’Oman et l’Arabie Saoudite.


Les Emirats eux-mêmes n’ont pas vu de trouble sérieux, la grande majorité de la population étant composée de travailleurs étrangers.

Blackwater, qui avait déjà des contrats juteux pour la protection des officiels américains en Irak, se rendit célèbre dans la région en 2007, lorsque ses gardes ouvrirent le feu dans la circulation à Bagdad, tuant pas moins de 14 personnes dans ce que le gouvernement irakien qualifia alors de "massacre".

Un ancien garde de Blackwater plaida coupable concernant les charges pour meurtre dans ces tueries, et un tribunal américain relança les charges contre cinq autres le mois dernier. Depuis lors, Prince a vendu la compagnie qui a changé de nom pour Xe. Elle nie toute malfaisance.

Le journal précisait que les Emirats, qui sont des alliés proches des Etats-Unis, bénéficie d’un certain soutien à Washington concernant le nouveau projet de Prince, bien que l’approbation officielle américaine ne fût pas confirmée.

Deux officiels du gouvernement des E.A.U. que Reuters a contactés ont refusé d’émettre un quelconque commentaire pour le moment au sujet de l’article du New York Times, et l’ambassade américaine aux Emirats de même. Il ne fut pas possible de localiser Prince pour obtenir un commentaire.

Le Times citait un officiel américain qui avait connaissance du programme en ces termes : "Les pays du Golfe, et en particulier les E.A.U., n’ont pas une grande expérience militaire. Il serait logique qu’ils prospectent au-delà de leurs frontières pour de l’aide".

Mark Toner, le porte-parole du Département d’Etat, confiait aux Times que le département menait une enquête afin de déterminer si le projet enfreignait une loi américaine. Une de ces lois requiert qu’un citoyen américain qui entraîne des troupes étrangères doit posséder une licence.

L’armée des Emirats déclarait que "tous les contrats avec des entités commerciales passés par les forces armées des E.A.U. sont en règle avec la législation internationale et les conventions idoines". 

"Les forces armées émiraties recrutent actuellement un certain nombre de tiers, comme Spectre, qui délivre des savoirs pour les centres d’entraînement ; Horizon, un partenaire de la formation des pilotes et R2 qui fournit le soutien opérationnel, organisationnel et à la formation",  précisait le propos tenu par l’agence de presse d’état WAM.

Le discours ne faisait pas apparaître les noms de Blackwater ou Prince.

 

"Pas de musulmans"

Toner faisait également remarquer que Blackwater avait payé 42 millions de dollars d’amendes en 2010 pour avoir entraîné des troupes étrangères en Jordanie sans licence, ajoutait le Times.

Selon d’anciens employés du projet et des officiels américains cités par le Times, les troupes furent amenées dans un camp d’entraînement aux E.A.U. depuis la Colombie, l’Afrique du Sud et d’autres pays, et ce au début de l’été 2010.

Elles étaient entraînées par des militaires améric

ains retraités, d’anciens membres des forces spéciales allemandes et britanniques et de la Légion étrangère, poursuit le Times.

Prince avait insisté sur le fait que la force ne recrutait aucun musulman car "on ne pouvait pas compter sur eux pour tuer leurs coreligionnaires", disait le journal.

Bien que le Times affirmât que les documents obtenus ne mentionnaient pas Erik Prince, d’anciens employés avaient confié au journal qu’il avait négocié le contrat le prince d’Abou Dhabi Mohammed ben Zayed al-Nahyan.

Les officiels émiratis avaient suggéré une expansion de la force sous la forme d’une brigade de plusieurs milliers d’hommes, si le premier bataillon était concluant, indiquait le journal.

Mahmoud Habboush & Andrew Roche

Source du texte : REUTERS

Traduit de l'anglais par Robert Engelmann pour THEATRUM BELLI

Écrit par SG (Webmaster) dans > Armées, > Moyen Orient, > Privatisation-Mercenariat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

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