dimanche, 16 janvier 2011
Afghanistan : un "padre" catholique dénonce la "déférence" envers l'Islam au sein de l'armée française (Blog Secret Défense)
Dans un document de plusieurs pages (qui n'est pas un compte-rendu officiel), dont nous avons eu connaissance, un aumonier catholique dénonce la "déférence" et de "bienveillance" envers l'Islam qui est exigée des militaires français servant en Afghanistan. Ce "padre", l'abbé Benoit Julien de Pommerol, a séjourné en Afghanistan (Surobi) au premier semestre 2010 avec le 2ème Regiment étranger de parachutistes.
"Il y a en Afghanistan une volonté de l'armée française de créer un état d'esprit tout à fait déférent et bienveillant face à l'islam, écrit-il dans son rapport de fin de mission. Une crainte presque servile de déplaire à l'islam. Les informations, consignes, et règles de vies qui nous sont données sont parsemées de détails visant surtout à respecter la république islamique d'Afghanistan dans ses coutumes et ses lois. Ses consignes ne seraient jamais données en France car elles choqueraient les mentalités. Mais sous prétexte que "ils sont chez eux", nous assistons à une démission de l'intelligence, une trahison de l'esprit, un bannissement effrayant de la conscience".
Plusieurs affaires pénibles ont provoquées de vrais conflits. Notamment, celle du "voile". En mars 2010, un sergent-chef féminin, A.R., a reçu l'ordre du lieutenant colonel M. de se voiler alors qu'elle se promenait nue tête, afin "de ne pas choquer les Afghans". Elle a du se couvrir avec son chèche. Le "padre" considère qu'il s'agit d'un "ordre illégal" puisque le sergent-chef a été "obligée d’observer un usage avilissant" : "le fait d’imposer un usage de la religion musulmane à une personne qui n’est pas de cette religion et qui le refuse porte atteinte à sa liberté.(...) Il s’agit ici d’un viol de conscience, mêlé d’une infraction grave à la laïcité".
Autre épisode "très douloureux" : celle de la présence d'Afghans aux cérémonies militaires organisées à la suite de la mort de légionnaires au combat. "Lors de l’enterrement du caporal Hutnik, de nombreux maleks et autres dignitaires locaux étaient présents à la prise d’armes. Tous sont restés assis, discutant et plaisantant durant la cérémonie. A la fin de la prise d’armes, plusieurs personnes, légionnaire et sous-officiers sont venu me voir pour "me confier une mission", me disaient-ils. "Padre, si on meurt ici, on ne veut pas de ces gens à notre enterrement". Parmi les hommes qui effectuent cette démarche se trouvait le sergent Ryguiel, qui sera tué quelques semaines plus tard, dans des circonstances tragiques alors racontées sur ce blog. Or, des Afghans furent à nouveau conviés à la prise d'armes organisées pour lui rendre hommage : "En guise d’union à notre deuil, la moitié des afghans est arrivée en retard à la prise d’armes, et l’autre moitié est allé directement à l’ordinaire pour s’assoir devant les portes en attendant que ça ouvre pour le pot qui suivait la prise d’armes, afin donc de boire des bières jusqu’à plus soif et d’en emporter autant que leurs poches le leur permettaient", lit-on dans ce document, qui cite l'expression employée par les légionnaires à propos des "cireurs de babouches".
Voilà ce qu'il s'appelle ne pas mettre son drapeau (ou sa croix) dans sa poche. Le padre semble toutefois avoir eu quelques difficultés relationnelles avec la hiérarchie militaire, notamment dans ses déplacements ou l'aménagement d'un lieu de culte catholique. Le même avait déjà eu quelques problèmes lors d'un précédent séjour au Kosovo. Ce prêtre para avait fait l'objet d'un long reportage dans le Figaro magazine de juin dernier, que l'on peut lire ICI.
L'aumônerie catholique aux armées, qui a eu connaissance de ce texte polémique, s'est saisie de l'affaire. Certains estiment que l'abbé Julien de Pommerol est "un peu trop militaire et pas assez aumônier" et qu'il a du mal à "situer son rôle" sur le terrain.
Source du texte : SECRET DEFENSE
Écrit par SG (Webmaster) dans > Afghanistan, > Armées, > Islam | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Écrit par : BT | dimanche, 16 janvier 2011
Répondre à ce commentaireLa seule chose contre laquelle il risque de ne pas pouvoir se défendre, c'est le devoir de réserve. Il est militaire !
Soutien total Benoit !
Écrit par : Un "Padré" | lundi, 17 janvier 2011
Répondre à ce commentaireen 1959, au temps des dinosaures, un prêtre aumonier français, le père Delarue, en charge du premier régiment étranger de parachutistes (1er R.E.P) a écrit un livre sur la vie quotidienne des légionnaires pendant la guerre d'algérie, il les suivait, les accompagnait, les soutenait à l'heure ou il mourraient, en leur apportant le secours de la religion, même s'ils n'étaient pas croyants.
son livre avait fait grand bruit, comment , un prêtre plus "para" que prêtre , ? exaltant la violence armée ?..
je ne sais pas si le père Delarue vit encore, le premier REP a été dissous par de gaulle au lendemain du putsch
le deuxième REP a le même probleme donc
rien de nouveau sous le soleil et la guerre d'afghanistan est déjà perdue
vivent les paras de la légion
Écrit par : MICHAEL | lundi, 17 janvier 2011
Répondre à ce commentairesi ces mots sont vrais , le commandement doit prendre d'autres mesures intelligents , comme on l'avait pour le Kosovo en 1999-2000 le persinnel e faisait qu'un séjour. Pour l'Afghanistan c'est simple on l'interdit aux personnels feminins ça évitera de prendre des ordres immoraux et de mettre mal à l'aise nos soldats dans leurs missions.
Écrit par : JR | lundi, 17 janvier 2011
Répondre à ce commentaireJe ne sais plus qui a fait remarquer que de tout temps, lorsqu'un anglais partait en mission dans un pays, les populations adoptaient la tenue coloniale britanique. Lorsqu'un français partait en mission, c'est lui qui revenait avec la tenue indigène.
Toujours se coucher, toujours dire oui et devoir se taire quand a notre enterrement on ne respecte même pas nos désidérata. C'est insupportable.
Écrit par : jean michel | jeudi, 20 janvier 2011
Répondre à ce commentaireTout est bon quand il ne faut pas faire de vague, ou quand l'un "est gênant pour la carrière et ambition personnelle" il y a peu un contrat n'a pas été renouvelé par "les écclésiastiques"du DAF car on reprochait à un aumônier de ne pas être assez "militaire"...au jeu des chaises musicales, il faut avouer que chacun s'applique mais en ce qui concerne le fond du vrai message évangélique, ..vous vous éloignez pour certains.
Un bon aumônier est le compagnon de tous les jours, aux côtés des combattants, de leurs familles..;il est le frère d'armes certes, mais un frère tout court et dans le vrai sens de ce vocable, il est l'épaule,celui qui reçoit la confidence de nos peurs, de nos joies, de nos dernières volontés...il est celui qui s'insurge..quand la justice est foulée aux pieds, il est celui qui vit rayonne quand il est réellement ajusté à "Celui" qui le fait vivre...
Écrit par : guillerez | lundi, 31 janvier 2011
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