mercredi, 11 août 2010

Karzaï va dissoudre les compagnies privées de sécurité en Afghanistan

Le président afghan Hamid Karzaï va fixer une date limite après laquelle il va dissoudre les compagnies privées de sécurité qui travaillent en Afghanistan, a annoncé mardi son porte-parole Waheed Omar.

"La dissolution des compagnies privées de sécurité est un programme gouvernemental sérieux. La décision du président est claire et très bientôt, le président va fixer une date limite pour une dissolution des compagnies privées de sécurité", a déclaré M. Omar lors d'une conférence de presse.


"Ce programme va être mis en oeuvre quoi qu'il arrive" a assuré le porte-parole du président Karzaï.

40.000 personnes travaillent en Afghanistan dans le secteur florissant de la sécurité. Compagnies internationales, sociétés afghanes : elles travaillent souvent avec les forces internationales, le Pentagone, la représentation de l'ONU, les entreprises chargées de gérer les milliards de dollars de l'aide internationale, les ONG et les médias occidentaux.

Les employés de ces sociétés sont en majorité des Afghans, les étrangers, souvent d'anciens militaires, assurant l'encadrement pour des salaires très élevés.

Le président Karzaï s'est entretenu avec les pays occidentaux qui le soutiennent, ainsi qu'avec les responsables américains et ceux de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) qui ont des contrats de sous-traitance avec les sociétés privées de sécurité, a affirmé M. Omar.

Interrogé par l'AFP, le général Josef Blotz, porte-parole de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf) a rappelé que le pays avait encore "besoin" de ces sociétés et qu'il n'y avait pas encore "assez de police" dans le pays pour assurer la sécurité.

"Avec le temps, quand les forces afghanes de sécurité seront en place, on pourra se passer des compagnies privées de sécurité", a souligné le général Blotz.

52 sociétés de sécurité privées - afghanes et étrangères - sont enregistrées en Afghanistan. A l'instar du conflit en Irak, où elles étaient apparues en force, elles sont devenues incontournables en Afghanistan, protégeant les convois de ravitaillement de l'Otan ou le personnel expatrié qui travaille sur les programmes d'aide internationale, mais assurant également l'entraînement des forces afghanes de sécurité.

Elles ont mauvaise presse auprès des Afghans qui leur reprochent parfois leur brutalité, notamment sur les routes du pays.

En mai, deux sociétés privées de sécurité avaient été sanctionnées par les autorités afghanes après avoir tué deux civils par erreur.

Les sociétés Compass et Watan Risk Management ne sont ainsi plus autorisées à escorter des convois entre Kaboul et Kandahar, dans le sud du pays. Cette activité était des plus lucratives pour les deux compagnies.

Le président Karzaï a par ailleurs souvent accusé ces sociétés d'opérer en doublonnant avec le travail des forces afghanes de sécurité et de gaspiller des fonds précieux nécessaires à la formation de l'armée et de la police.

"Si la dissolution n'est pas menée selon un programme précis cela aura des conséquences", a dit le porte-parole.

"Le gouvernement d'Afghanistan s'emploie à assurer que ceux qui travaillent pour ces sociétés soient recrutés par les forces afghanes de sécurité nationale", a dit M. Omar, ajoutant que la communauté internationale devait aider cette transition pour parvenir à dissoudre ces compagnies privées.

Lors d'une conférence internationale tenue à Kaboul le 20 juillet, les pays donateurs avaient accepté la demande du gouvernement afghan d'assurer avec ses propres forces la sécurité du pays à partir de la fin 2014, ce qui permettra aux forces internationales de commencer à se retirer.

Écrit par SG (Webmaster) dans > Afghanistan, > Privatisation-Mercenariat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

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