vendredi, 30 juillet 2010

Grande-Bretagne : vers une "révolte fiscale" de la jeune génération ?

David Willetts, secrétaire d'Etat chargé des Universités et de la Science estime que les jeunes Britanniques pourraient se révolter en cette période de rigueur alors que la génération précédente bénéficie des fruits d'une époque plus faste, rapporte vendredi l'agence Reuters.

"Il viendra un moment où la jeune génération, qui formera la population active et les contribuables, refusera d'une façon ou de l'autre de transférer le PIB annuel à la génération des anciens", explique le responsable conservateur. "Cela pourrait prendre la forme d'une révolte fiscale, d'un phénomène d'émigration ou encore de l'inflation", ajoute-t-il.


"Mais, par le biais d'un mécanisme ou d'un autre, arrivera un moment où le pouvoir sera du côté de la jeune génération et, comme nous sommes injustes envers elle aujourd'hui, elle pourrait ne pas se montrer loyale à notre égard à l'avenir."

David Willets fait partie de la coalition des conservateurs et des libéraux démocrates arrivée au pouvoir en mai. Il accuse le gouvernement travailliste précédent d'avoir favorisé un boom immobilier qui a entraîné une surabondance d'emprunts hypothécaires de la part des baby boomers.

Par ces emprunts, qui ont fait tomber le niveau de l'épargne britannique très au-dessous des niveaux allemand, français et américain, les baby boomers ont selon lui "dépensé l'héritage des enfants".

Les emprunts en question ont pris fin brutalement avec la crise internationale du crédit de 2008, en conséquence de laquelle la coalition gouvernementale doit faire face à un déficit budgétaire d'environ 11% du PIB et se prépare à annoncer de très fortes réductions des dépenses publiques en octobre.

Dans son livre, David Willetts note que la jeune génération a aujourd'hui pour horizon des frais d'études universitaires en hausse, des logements à des prix inabordables, une stagnation des salaires et des pensions faibles.

Dans le même temps, dit-il, les baby boomers peuvent aborder leur retraite dans des logements qui ont souvent doublé de valeur ou plus, avec le soutien de fonds de pension d'entreprise et le souvenir d'études universitaires gratuites.

David Willetts exhorte la génération des seniors à assumer sa part de la médication économique dans le cadre des efforts entrepris par l'Etat pour corriger les déséquilibres en faveur des jeunes - et notamment pour faciliter leur accès au logement.

Les autorités britanniques prévoient aussi d'autoriser les seniors à travailler au-delà de l'âge de 65 ans.
Pour David Willetts, le premier argument moral en faveur du projet de réduction du déficit budgétaire par une réduction de 25% des dépenses publiques est de venir en aide aux jeunes.

Car, explique-t-il, "le fardeau le plus lourd qui pèse sur la jeune génération est celui du service de la dette".

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