lundi, 21 juin 2010

Mers el-Kébir : L'ordre controversé de Churchill


Écrit par SG (Webmaster) dans > 2ème Guerre Mondiale, > Marines, > Vidéo Belli | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Que c'est nul!
Comme apologie de crime de guerre c'est intéressant . Devraient passer devant un tribunal ces gueux, comme les responsables des bombardements de terreurs sur le Japon, l'Allemagne, la France.

Écrit par : Vincent | mercredi, 23 juin 2010

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Votre commentaire, Vincent, me fait penser à une anecdote de mon père.
Âgé de 14 ans, il avait creusé une petite tranchée de 2 mètres dans son jardin pour y abriter toute sa famille. Les bombardements anglais, précis comme les train italiens sont à l'heure, terrifiaient la population civile. Charleroi était un aimant pour l'aviation britannique.
De son abri dérisoire, il maudissait ses/ces alliés.
Lui, qui a pourtant vu le résultat de l'exécution à coups de crosse d'un ami prêtre et résistant, avait plus peur des anglais que des allemands... De plus, son père, interrogé par la Gestapo pour avoir participé à un déraillement, avait toute les raisons de rendre la famille craintive à l'égard de l'armée d'occupation (allemande).
___
Je vous rejoins. Ce documentaire est nul comme vous le résumez si bien ;)
On peut justifier n'importe quelle atrocité, suivant la méthodologie de cette émission.


Bien à vous,
J-S.

Écrit par : J-S | jeudi, 24 juin 2010

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Est-ce vraiment un plaidoyer pour un crime de guerre ? Puisque certains évoquent des souvenirs, je livrerai un des miens: Bien après la Seconde Guerre mondiale, conversant avec l'attaché de Défense (on disait attaché militaire) près l'ambassade des U.S.A. à Paris, je lui dis : "Tous les criminels de guerre n'ont pas été jugés à Nuremberg, quelques-uns sont citoyens des États-Unis, d'autres figurent honorablement parmi les vétérans de la guerre." Inutile de raconter comment fut reçu ce propos. Aussi je crois pouvoir expliquer - sans longueur de propos - que le reportage est intéressant, incitateur à la réflexion et que le qualifier de nul ne convient pas.

Ce qui me paraît le vice de cette suite d'images et de commentaires tient à deux points principaux, il y en a d'autres qui mériteraient aussi d'être traités. Le premier est que l'orientation générale de l'exposé vise à justifier Churchill, en simplifiant la situation psychologique et le déroulement des événements. Ce qui m'a le plus irrité est l'excès d'importance donné à l'amiral Darlan : "La flotte de Darlan", "La parole de Darlan"... Il y aurait beaucoup à dire sur ce culte de la personnalité qui a entouré l'amiral français et dont M. Churchill n'était probablement pas atteint. Puisque le reportage s'articule sur une sorte de face à face Churchill-Darlan, je mets en première place le risque historique que l'on prend à traiter de l'affaire du 3 juillet 1940 en la colorant ainsi. Je n'ai pas l'intention de démonter ce système, je signale seulement qu'il ôte de la valeur à la réflexion historique engagée par le reportage.
Second point, plus intimement lié aux faits : L'omission des efforts tentés par les Anglais pour éviter d'en venir à une destruction des forces navales françaises. Efforts certes mal engagés et stupidement reçus par le commandement français, mais efforts sur lesquels il conviendrait d'être plus attentifs.
L'issue de cette lamentable "opération" a été aussitôt commentée par le général de Gaulle lui-même sur les ondes de la BBC.
L'action britannique sur Mers el-Kébir a laissé une tache ignoble sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, mais elle engage à une véritable confrontation des faits et des idées. Pour la conduire avec quelque garantie d'éviter le heurt passionnel des opinions, il faudrait que nous nous habituions à respecter une "éthique de la confrontation" ; or, il paraît que nous en sommes d'autant plus loin que l'on préfère mettre la note zéro à ce qui nous révulse et que nous sommes souvent incapables d'amorcer le débroussaillage des champs de l'Histoire.

Écrit par : Jean DUCROS | vendredi, 25 juin 2010

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" L'omission des efforts tentés par les Anglais pour éviter d'en venir à une destruction des forces navales françaises."

Oui, on peut aussi regretter l'omission des efforts français pour faire entendre raison aux anglais.

Ce crime britannique des marins français sur Mers el-Kébir restera gravée à jamais dans les mémoires pour nous rappeler comment raisonne les anglais.

De même que la ville du Havre, entres autres, porte à jamais les stigmates du pilonnage "alliés". La ville fut complètement rasée.

Ces gens là ont une manière bien à eux de faire la guerre.

Écrit par : ~V~ | mercredi, 30 juin 2010

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Cher compatriote et visiteur attentif de " Theatrum Belli ",

Je pense qu'il est difficile d'affirmer : " Ces gens-là ont une manière bien à eux de faire la guerre ". Si l'on pouvait se lancer dans une polémique et dans des phrases bien tranchantes, je vous répondrais : " Certes, ils ont une manière bien à eux de faire la guerre... Il la gagne ! " Mais, abandonnons les formules (elles peuvent être assassines, elles-aussi) pour nous reporter au " Theatrum Belli " et à la remarque que j'avais faite à propos du reportage sur Mers el-Kebir. Sans le trouver nul, je n'ai pas aimé ce reportage - vous non plus, j'ai cru comprendre - car il m'avait paru bâti sur un préjugé. Pour des raisons historiques, il m'avait donc paru discutable. Pour ce qui est des destructions " criminelles " de nos alliés, comme je l'ai dit, j'en avais fait un jour état à un représentant des forces armées américaines en poste à Paris. Je ne crois pas être suspect d'aveuglement sur ce point.
J'y mettrais quelque mauvaise foi car j'ai assisté à des bombardements alliés sur la France et, de mes yeux, j'ai vu leurs effets immédiats ; quelques temps plus tard, en Allemagne, j'ai pu voir des villes rasées. N'ayant été en Angleterre qu'après les reconstructions, je ne peux témoigner qu'indirectement des effets des bombardements allemands dont on ne saurait nier les aveugles destructions.
Si je refuse de me laisser emporter par une vision aussi catégorielle que celle que vous exprimez à l'égard du peuple anglais, je suis loin de refuser le " témoignage flagrant " de destructions portant - trop souvent - une plus grande atteinte à la vie et aux biens des civils qu'aux objectifs militaires.
Mais, pour ce qui est spécifiquement des événements de Mers el-Kébir, on ne peut comparer l'anéantissement d'une partie de la flotte militaire française et le pilonnage de villes comme Le Havre ou comme ceux d'autres cités odieusement anéanties, tant en Europe qu'en Asie.
Des historiens appliqués doivent savoir distinguer les faits et collecter toutes les sources accessibles. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait rien à retenir de leurs relations, même si elles sont, à l'évidence, plus apologétiques qu'historiques.
Je pousserai plus loin mon commentaire : Si nous étions vraiment capables de discerner comment agissent les Anglais, pourquoi n'avoir pas rusé. Un certain du Guesclin savait paraît-il s'y prendre pour tromper l'Anglais ! Et plus tard, la libération de Chartres, celle de 1432, se fit aussi par ruse. A vrai dire nos marins, Gensoul et plus tard de La Borde, étaient plus proches des chevaliers d'Azincourt que ne le seront Leclerc et de Lattre. Les méthodes astucieuses du capitaine Surcouf ne devaient plus être au programme de l'enseignement supérieur naval...
On ne refait pas l'histoire ; on l'étudie, on cerne le plus honnêtement possible les faits, leurs causes, leur déroulement et leurs conséquences. On observe - comme si l'on était à l'École de Guerre - les impacts et les buts manqués. Tous les rapports sont bons à " décortiquer " pour tenter d'apprécier en quoi la guerre a été efficacement conduite ou pourquoi l'échec s'est produit.
Sans rejeter l'intéressant - quoique exaspérant - reportage, j'ai été surpris qu'il n'ait pas mieux fait connaître que plusieurs bâtiments français ont tenté, plus ou moins heureusement, d'échapper à la Royal Navy, à laquelle finalement on reprochera plus sa docilité militaire qu'une initiative qu'elle blâmait. Ses chefs n'étaient pas non plus de taille à ruser avec leur gouvernement. En temps de guerre, il vaut mieux tromper l'adversaire que son gouvernement. Mais, pour rejoindre tout de même votre pensée sur la façon de combattre des Anglais, je constate qu'ils ont écrasé notre escadre... au mouillage. Remember Aboukir !

Écrit par : Jean DUCROS | vendredi, 09 juillet 2010

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