jeudi, 03 juin 2010

Les drones dans le collimateur de l'ONU

Craignant l'enracinement d'une "mentalité de Playstation", Philip Alston, rapporteur des Nations unies pour les exécutions extrajudiciaires, a lancé mercredi un appel à l'arrêt des opérations que la CIA mène à l'aide de drones contre les extrémistes islamistes. Le recours aux avions sans pilote et à leurs missiles n'est, selon lui, justifiable que dans le cas où les individus visés ne peuvent être capturés et doit être réservé à l'armée régulière, dans le respect des lois de la guerre.

Les drones Predator et Reaper utilisés par la CIA au Pakistan et en Afghanistan ont fait "plusieurs centaines de morts", dont de nombreux civils, écrit-il dans un rapport de 29 pages qui doit être présenté jeudi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Les Etats-Unis font partie des 47 Etats membres du Conseil.

Drone.jpg

"Les agences de renseignement, qui, par définition, n'ont pas à rendre de comptes, hormis à leurs commanditaires, n'ont pas à piloter des programmes destinés à tuer des gens dans des pays étrangers", explique Philip Alston. "Comme les opérateurs se trouvent à des milliers de kilomètres du champ de bataille et qu'ils opèrent uniquement sur des écrans d'ordinateur (...), une mentalité de la "Playstation risque de s'installer en matière d'élimination", ajoute-t-il, évoquant la console de jeu de Sony. "Les frappes de drones sont essentielles", estime pour sa part Bruce Riedel, ancien officier de la CIA et à la Brookings Institution.

Al-Qaida a annoncé mardi la mort de son chef en Afghanistan, l'Egyptien Moustafa Abou al-Yazid, considéré comme le numéro trois du réseau d'Oussama Ben Laden. Les zones tribales pakistanaises, frontalières avec l'Afghanistan, sont un bastion des talibans pakistanais alliés à Al-Qaida, le principal sanctuaire du réseau d'Oussama Ben Laden, et une base arrière des talibans afghans. La CIA y a considérablement intensifié, ces deux dernières années, sa campagne de tirs de missiles par ses drones. Depuis août 2008, 105 attaques de drones américains ont tué près d'un millier de personnes dans les zones tribales, selon les militaires pakistanais.

En mars, le conseil juridique du département d'Etat américain Harold Koh estimait devant l'association américaine du droit international (ASIL), que les pratiques ciblées conduites à l'aide de drones, étaient "conformes au droit de la guerre". L'administration a "revu avec soin", a-t-il dit, les procédures de désignation des cibles pour s'assurer qu'elles étaient en accord avec le droit international.

Source du texte : LE MONDE.FR

 

Écrit par SG (Webmaster) dans > Afghanistan, > Armes et armement, > États-Unis, > Technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : drone | | |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Est-il possible lorsque l'on use de moyens nouveaux de combat d'invoquer un droit international antérieur aux inventions ou à la mise au point qui leur correspondent ? Le droit est, semble-t-il, en retard sur la technologie. C'est, d'ailleurs, tout l'art de la guerre : Être en avance et user de méthodes et de moyens de la façon la plus inattendue, celle que l'adversaire n'a su prévoir. Ainsi, pourrait-on "juger" vaine toute justification faisant appel au Droit, en matière d'armes nouvelles. Seule la référence à une morale serait valable... Mais laquelle ? On a fait des guerres pour cela !
Les hommes se piègent eux-mêmes à vouloir satisfaire leur conscience par des arguments de cette sorte. Comment faire ? Ou bien revenir au principe idéaliste : " La Guerre est hors la Loi. " Ou bien : " C'est légal puisque Je le veux ". Il n'y a plus pour sortir du débat que la méthode d'Alexandre : Trancher le nœud Gordien.

Écrit par : Jean DUCROS | vendredi, 04 juin 2010

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.