dimanche, 21 mars 2010

L'armée française et la détection biologique

C'est sur la base aérienne de Cazaux commandée par un Rémois, le colonel Breton, qu'est installé le centre de formation des techniciens de la sécurité qui délivre une compétence à haute valeur ajoutée, pour la mise en œuvre opérationnelle du Système d'alerte biologique de théâtre (SABT), au service de toutes les armées au cours d'une mission extérieure ou si besoin sur le sol métropolitain.

Dans ce domaine, la compétence française est reconnue et place le pays parmi les nations les mieux armées pour détecter une attaque nucléaire, radiologique, biologique et chimique. Ce potentiel est la résultante d'un programme engagé dès 1995 pour remédier à certaines lacunes repérées dans nos dispositifs alors que les menaces dans ce spectre de nuisances sont possibles.

c-160.JPG

Un coup d'accélérateur a été donné après les monstrueux attentats perpétrés contre les Tours Jumelles de New York et le Pentagone, le 11 septembre 2001. D'autant que dans les jours qui ont suivi, plusieurs enveloppes de poudres blanches et grises potentiellement toxiques ont été adressées notamment à des personnalités du Congrès. Ce qui a entretenu une psychose de l'emploi d'une arme chimique ou biologique.
Ce SABT qui est pour l'instant à un exemplaire est un outil précieux et dote les armées d'une capacité de détection biologique indispensable face aux menaces contemporaines.

L'armée de l'air est à l'évidence fière d'en réaliser la mise en œuvre mais le système n'est pas à son usage exclusif. Il s'agit bien d'apporter une expertise aussi bien à l'armée de terre qu'aux marins si nécessaire avec une section intervention qui a la maîtrise et le savoir-faire pour le déployer en France comme sur l'un des territoires où nous disposons actuellement de forces engagées en application de décisions de l'Onu ou de l'Otan. Les spécialistes ainsi formés sont d'autant plus précieux qu'ils sont au service de l'une des vitrines de notre savoir-faire dans le domaine de la défense. Les Américains qui aiment donner des leçons lorsqu'il s'agit d'équipements défensifs ou offensifs n'ont pas développé pour l'instant un système de ce niveau.

Pour que les trois shelters, les deux ensembles de tentes, les 20 balises et les 5 modules opérationnels soient déployés sur un théâtre extérieur, il faut 4 Transall avec une équipe permanente de 25 personnes. Dès lors qu'il est activé, le système est performant, 24 heures / 24.

On sait l'avantage qu'une détection performante permet sur le terrain. Cela permet en matière biologique d'anticiper l'apparition de symptômes redoutés aux conséquences redoutables. Lorsque surviennent les premières fièvres ou surgissent les premiers boutons, lorsqu'apparaissent les premiers dysfonctionnements physiologiques, il est déjà trop tard. Une détection en amont est un atout maître parce qu'il permet de se protéger mais aussi de prendre dans l'urgence mais avec sang-froid les mesures médicales promptes à protéger d'une toxine, d'un virus ou d'une bactérie.

Les balises qui équipent le SABT balaient les spectres biologiques, chimiques et nucléaires avec une spécialisation particulière pour traiter les agents biologiques qui parfois sont déjà présents à très petite échelle dans la nature. Il faut donc être en capacité d'expliquer une variation brutale de leur présence dans l'environnement pour avoir la certitude qu'il s'agit d'une agression, d'un acte de guerre. Du prélèvement au passage dans le mini-laboratoire d'analyse biologique, il faut être rapide et certain du résultat. Viennent en appui de hautes technologies informatiques dont les programmes sont déterminants pour valider une information. Reste ensuite à d'autres spécialistes le soin de nommer le pays ou le groupe signant l'attaque.


Hervé CHABAUD

Source du texte : L'UNION / L'ARDENNAIS

Écrit par SG (Webmaster) dans Armées, France, Technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.