mercredi, 10 mars 2010

Appel à contribution : Historiograhie de la guerre dans le Proche-Orient médiéval (Xe-XVe siècle)

Dans le cadre du programme de recherche « Guerre et paix dans le Proche-Orient médiéval, Xe-XVe siècle », piloté par une équipe de chercheurs - historiens et archéologues - de l'Ifpo et de l'Ifao, ce colloque se tiendra à Damas, en novembre 2010. Il permettra d'abord de dresser un état des lieux de la recherche portant sur la guerre dans le Proche-Orient médiéval, du Xe au XVe siècle, aussi bien dans ses aspects techniques que dans ses aspects théoriques.

Le « phénomène guerre » sera envisagé comme l'un des facteurs explicatifs des transformations que connurent les sociétés du Bilād al-Šām et de l'Égypte, à cette époque. Ce colloque sera également l'occasion de confronter les pratiques des historiens arabes et de leurs pairs occidentaux - il rassemblera des chercheurs exerçant leur métier au Proche et au Moyen-Orient ainsi que des spécialistes occidentaux. Il permettra, enfin, de proposer de nouvelles pistes de recherche, tout particulièrement en ce qui concerne les violences guerrières.

charge de Templiers.png

--------------------------------------

Longtemps, l'histoire militaire a été vue sous le prisme de la bataille décisive. Critiquée par les tenants de l'école dite des Annales, qui la considérait comme trop événementielle et non problématisée, elle s'est progressivement renouvelée. Les historiens du fait militaire se sont inscrits dans une perspective d'histoire totale ne négligeant aucun aspect des sociétés humaines. L'on parle même, depuis peu, d'une « Nouvelle histoire militaire » (New Military History), qui fait résolument de la guerre un phénomène social, à étudier dans toute sa complexité et en relation avec les autres phénomènes sociaux. Les praticiens d'une telle histoire élargissent leurs champs d'investigation, par exemple, à l'étude des représentations, des émotions ou des notions de violence. Sous l'influence d'une historiographie de la première guerre mondiale dynamique, ils font de plus en plus souvent de l'histoire du combat et de sa violence le centre d'une « culture de guerre ».

Les spécialistes de la guerre médiévale se sont en partie inscrits dans de telles évolutions, la parution de La guerre au Moyen Âge, en 1980, constituant à cet égard un tournant. Son auteur, Philippe Contamine, s'inscrivait en partie dans la lignée du Crusading Warfare de Raymond C. Smail, ouvrage majeur paru en 1956, qui faisait le lien entre les historiographies de l'Occident et du Proche-Orient médiévaux. Il faut dire que, jusqu'à récemment, les croisades ont été considérées comme le moment clé de l'histoire de cet espace. Les armées de l'islam intéressaient les spécialistes surtout en tant qu'adversaires des croisés ; elles furent dès lors rarement étudiées pour elles-mêmes.

Depuis une vingtaine d'années, les études ciblées, remettant en cause cette périodisation et tendant à faire de l'histoire de la guerre au Proche-Orient médiéval une histoire militaire à part entière, se sont multipliées. Elles ont pu bénéficier de la meilleure connaissance d'un espace - l'Égypte et le Bilād al-Šām - marqué, du Xe au XVe siècle, par une professionnalisation accrue des armées et la militarisation du pouvoir. Tous les champs de la connaissance sont concernés, le croisement des sources archéologiques et historiques s'avérant particulièrement prometteur.

Dans le cadre du programme de recherche Guerre et paix dans le Proche-Orient médiéval, Xe-XVe siècles, piloté par une équipe de chercheurs - historiens et archéologues- de l'Ifpo et de l'Ifao, un colloque intitulé « Historiographie de la guerre dans le Proche-Orient médiéval (Xe- XVe siècles). État de la question, lieux communs, nouvelles approches » se tiendra à Damas, en novembre 2010.

Ce colloque permettra d'abord de dresser un état des lieux de la recherche portant sur la guerre dans le Proche-Orient médiéval, du Xe au XVe siècle, aussi bien dans ses aspects techniques que dans ses aspects théoriques. Le « phénomène guerre » sera envisagé comme l'un des facteurs explicatifs des transformations que connurent les sociétés du Bilād al-Šām et de l'Égypte, à cette époque. Ce colloque sera également l'occasion de confronter les pratiques des historiens arabes et de leurs pairs occidentaux - il rassemblera des chercheurs exerçant leur métier au Proche et au Moyen-Orient ainsi que des spécialistes occidentaux. Il permettra, enfin, de proposer de nouvelles pistes de recherche, tout particulièrement en ce qui concerne les violences guerrières.

Plus d'informations concernant cet appel à contribution sur CALENDA

 

Écrit par SG (Webmaster) dans Guerre, Histoire, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Très intéressé par les recherches concernant les actions militaires au Proche-Orient médiéval, j'espère toujours y retrouver des acteurs de notre histoire " hexagonale " ; en particulier, certains petits seigneurs des comtés de Tours, de Blois et de Chartres, du comté du Perche et, bien évidemment aussi du comté de Champagne. Certains de ces hommes, en recherche du service de Dieu ou en recherche d'aventure, voire de fortune, ont disparu de l'histoire féodale des "Francs" occidentaux mais ont pu trouver un destin en Orient. La difficulté est grande, pour ce qui concerne la petite noblesse et - encore plus - pour ce qui se rapporte aux hommes de leurs escortes, de " rapetasser " des pièces de l'histoire orientale sur le tissu de l'histoire médiévale des provinces françaises.
En outre, j'ai commencé - il y a presque quarante ans - une approche de l'initiation en Orient des artistes, constructeurs d'édifices religieux occidentaux, à l'architecture et à la sculpture antique grecque. Plusieurs y sont sans doute allés au temps des croisades et en ont rapporté un nouveau savoir-faire. Parallèlement à la même époque, des modèles d'architecture orientale et de décors de la Syrie romaine, voire de la Perse ancienne, ont été " importés " par des orientaux venus en occident (en quelles circonstances ? par quelles voies ? Byzance ne suffit pas à l'expliquer).
Ainsi, tout ce qui peut contribuer à mieux faire connaître les événements du Proche-Orient à l'époque médiévale, peut m'ouvrir des pistes dans les directions que je viens d'indiquer un peu sommairement.

Écrit par : Jean DUCROS | samedi, 13 mars 2010

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.