dimanche, 21 février 2010

Cinéma : "Centurion"

Synopsis : Anno Domini 117. L'empire romain s'étend de l'Egypte à l'Espagne et jusqu'à la Mer Morte à l'Est. Mais au nord de l'Angleterre, l'armée romaine se heurte à la tribu barbare des Pictes. Marcus Dias, unique survivant d'une attaque des Pictes, rejoint la légendaire IXème légion du Général Titus Virilus pour détruire ses anciens agresseurs. Au cours d'une embuscade, le Général est fait prisonnier et Marcus se lance alors dans une lutte acharnée pour délivrer Virilus et sauver son peloton en les menant juqu'aux frontières romaines...

Sortie en France : solstice d'été 2010


Créée au Ier siècle avant JC, la Neuvième Légion (Legio IX Hispana ou Neuvième Légion Hispanique) était l'une des troupes les plus redoutées de l'armée romaine. L'unité légendaire combat sur presque tous les fronts mais, après trois siècles de bons et loyaux services, elle disparaît mystérieusement des archives romaines. A-t-elle été vaincue par les Pictes ? A-t-elle été bannie après une cuisante défaite ? A-t-elle participé à la construction du mur d'Hadrien ? Autant d'hypothèses qui ont contribué à entretenir le mythe de la Neuvième Légion jusqu'à aujourd'hui.

Les historiens n'ont retrouvé aucune trace de l'emblème de la Legio IX Hispana, mais une majorité pensent qu'il s'agissait d'un taureau à l'instar des troupes les plus loyales de César. Elle participe à toutes les campagnes en Gaule (58/50 av JC) puis la guerre civile qui oppose César à Pompée et au Sénat (49/48 av JC). La Neuvième légion joue un rôle clé dans l'ascension de César qui obtient son second mandat de Consul, notamment grâce à la victoire de Pharsale en Thessalie (Grèce actuelle).

A la fin de la campagne d'Afrique (46 av JC), les soldats de la Legio IX Hispana sont démobilisés et les vétérans sont envoyés dans les régions de Picénum (Italie) et Histria (Roumanie).

Les soldats sont rappelés après l'assassinat de Jules César en 44 av JC, par son fils adoptif, Octave, et envoyés en Sicile pour mater la rébellion menée par Sextus Pompée. Après la victoire en 36 av JC, la légion stationne en Macédoine puis participe à la guerre durant laquelle Octave est confronté à Marc-Antoine et à Cléopâtre. Il l'emporte finalement à la bataille d'Actium en 31 av JC.

Le travail d'un légionnaire n'étant jamais terminé, la Neuvième Légion part pour la péninsule Ibérique où elle se distingue dans la guerre contre les Cantabres (peuple Celte) entre 25 et 13 av JC qui assure à l'armée romaine le contrôle de toute l'Hispanie. C'est sans doute cette glorieuse campagne qui donne son nom à la Legio IX Hispana. Elle rejoint ensuite la région du Rhin où elle combat les tribus Germaniques avant de rejoindre la Pannonie, près de l'actuelle frontière Hongroise. Elle y reste cantonnée jusqu'en 9 après JC.


On retrouve la Neuvième Légion en 43 ap. JC, alors qu'elle se joint aux autres forces romaines, sous le commandement de l'empereur Claude et du général Aulus Plautius, pour envahir la province romaine de Britannia ( qui couvrait l'Angleterre, le Pays de Galles et le sud de l'Écosse). Elle est cantonnée à Longthorpe et à Newton-on-Trent.


Vers 52-57, la Neuvième met fin à la révolte de Venutius, le roi des Brigantes qui sévit dans le nord de l'île de Bretagne. On sait également, grâce à Tacite, qu'elle subit de terribles pertes (50 à 80 % de la troupe selon les estimations) lors de la rébellion de Boudicca vers 60 ap. JC. En revanche, l'honneur reste intact puisque son commandant, Quintas Petillius Cerialis, est maintenu à son poste. La légion est restaurée grâce à l'arrivée de renforts issus des légions germaniques et regroupés à Lincoln en 65 ap JC. La Legio IX Hispana est ensuite assignée à la surveillance des frontières du Nord près de York où elle aide à la construction de la forteresse d'Eburacum lors de la création de la colonie. C'est le dernier événement inscrit dans les archives romaines. Sous le règne de Marc Aurèle (161-180), deux colonnes ont été érigées à Rome sur lesquelles sont gravés la liste des légions actives et les lieux de leurs cantonnements. Deux légions manquent à l'appel : IX Hispana et XXII Deiotariana.

Selon la légende, la Neuvième Hispanique se serait ensuite embarquée dans une campagne contre les Pictes, une confédération de tribus localisées dans les Lowlands d'Écosse et aurait été écrasée par l'ennemi. Afin de limiter la casse, l'empereur Adrien, l'aurait ensuite envoyée dans le Nord de la Britannia et affectée à la construction du mur qui porte son nom. Mais, cette théorie est largement réfutée et il semblerait que la Neuvième ait connu un tout autre destin.

On peut penser que les chroniqueurs Romains ont fait l'impasse sur la défaite puis la disgrâce de la célèbre légion afin de ne pas ternir son honneur et préserver le moral de la population, mais l'hypothèse la plus plausible et que la troupe est envoyée sur de nouveaux fronts comme ce fut le cas à maintes reprises dans son histoire.


Quoi qu'il en soit, les historiens sont surs d'une chose : un détachement de la Neuvième est envoyé en Germanie Inférieure vers 121 ap J.C (sans doute en même temps que la Légion VI Victrix qui arrivait de Britannia). En 83 ap JC, les deux troupes ont déjà combattues séparément contre les Chattes ou Cattes, un peuple germanique installé sur le cours supérieur de la Weser.


On sait par ailleurs que des officiers de la Neuvième Légion ont continué de servir dans l'armée romaine après 117. C'est le cas de Lucius Aemilius Karus, gouverneur d'Arabie en 142/143 après JC. On peut supposer que le corps de l'unité a continué de combattre pendant tout le règne d'Adrien (117-138 ). La présence de la IX est attestée à Nimègues en 121. Elle a probablement été écrasée à l'est de l'Empire, dans la Province de Judée lors de la révolte de Bar Kochba (132-135) ou lors de son retour à Rome après la campagne contre l'empire Parthes en 161.

Source du texte : CAFE DU WEB / HISTORIZO

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Commentaires

Ah ah, ils ont réussi à nous mettre un Centurion issu de la diversité. C'est comme pour les listes électorales, ça fait bien.
Malgré tout, les images sont superbes et les tribus pictes sont crédibles : cruelles, fières et guerrières, malgré leur manque d'ouverture certain à la diversité !

Écrit par : Gwenatao | lundi, 22 février 2010

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Un Noir ? Des femmes qui se battent ? Ça ressemble plus à de la Fantasy qu'à un film historique !

Écrit par : Hussard | lundi, 22 février 2010

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Il y a certainement eu des Noirs dans l'armée romaine, mais le plus souvent en tant qu'esclaves venus de Mauritanie ou d'Égypte. Dans tous les cas, on ne peut certainement pas en trouver avant l'édit de Caracalla, en 212 après JC, qui étend la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'empire. Or les soldats étaient des citoyens romains. Et encore, il ne pouvait y avoir de Noirs qu'à la condition de venir d'un peuple résidant dans l'empire. Après tout, il y a eu des empereurs berbères, mais je n'ai jamais entendu parler de gradés noirs.

Écrit par : Didyme | vendredi, 26 février 2010

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Au fond, on peut s'interroger sur la présence des Noirs dans l'armée romaine, mais ce qui est le plus choquant, c'est la présence de femmes dans les tribus barbares. Comme si, à l'époque, elles pouvaient réellement se battre et triompher sur une armée organisée, hiérarchisée, disciplinée. Les Amazones sont un peuple de la mythologie grecque, dont rien n'indique qu'elles aient existé, encore parmi les tribus barbares. La guerrière amazone est une invention du monde fantastique qui apparaît au détour des années 1970, accompagnant les nouvelles tendances féministes des sociétés modernes.
Moi qui suis passionné par l'empire romain et par le cinéma, je suis déçu. Mais il paraît qu'il faut au moins ça pour vendre...300 nous a apporté la preuve du contraire, fort heureusement...

Écrit par : Didyme | vendredi, 26 février 2010

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Petites précisions sur la place de la femme dans la société celte:"La femme, en tant qu'être humain physiologiquement différent de l'homme, ne pose précisément aucun problème, ni politique ni social ni juridique, dans aucune société indo-européenne [ ... ] loin d'être confinée dans le gynécée ou tenue en cervitude [...] la femme irlandaise, gauloise ou bretonne, possède un statut bien défini, lequel est strictement le même que celui de l'homme [...] en contrepartie ou en conséquence de ces libertés, en Irlande jusqu'au VII siècle, la femme propriétaire de biens fonciers est astreinte au service militaire. ( cf Françoise Le Roux, Christian-J Guyonvarc'h dans: "La civilisation celtique", ouest-France université ).

Comme quoi les "barbares" dans ce domaine n'étaient pas forcément ceux-auxquels on pense... Pour mémoire, la grande révolte Bretonne de Boadice ( la célèbre Boudicca ) s'est fait sous le commandement d'une femme car c'était la reine des Icenis ( peuple brito-romain ), elle fut vaincue mais non sans mal pour Rome...

Désolé de vous contre-dire messieurs, mais comme vous pouvez le constater, ces dames avaient donc une place plus importante dans la société celte que celle que vous voulez bien leur attribuer.....

Écrit par : alain | dimanche, 28 février 2010

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