samedi, 26 septembre 2009

La munition du FAMAS : un scandale gentiment enterré

Le numéro 728 de la revue confidentielle TTU officialise un scandale qui était un des non-dits de l'armée française depuis de nombreuses années, la mauvaise qualité de la munition 5.56 destinée au fusil d'assaut de l'armée française. TTU précise avec une diplomatie qui l'honore que c'est l'étui en laiton fabriquée par une société israélienne puis émiratie qui est à l'origine des incidents de tir et aussi (ce qui est aussi grave) de la limite de précision dans la portée du tir de cette munition. Concrètement parlant, la munition défaillante réduit considérablement la précision du tir de cette arme (la balle peut devenir imprécise au-delà de 30 mètres, ce qui peut s'avérer catastrophique en situation de combat. Quelle est la raison de ce fiasco technique ?

FAMAS4.jpgTTU nous apprend que c'est la fermeture de l'atelier GIAT du Mans dédié à la fabrication du Famas (étui en acier de qualité qui rendait la munition française particulièrement fiable pour le FAMAS). Quels enseignements tirer de ce scandale largement étouffé pour l'instant : il est important de savoir et de faire savoir quel est le politique qui a décidé la fermeture de l'usine GIAT et délocalisation de la fabrication de la munition du Famas à l'étranger ? Cet homme doit assumer publiquement l'irresponsabilité de son  acte puisque sa décision oblige aujourd'hui l'armée française à jongler avec un stock fiable de munitions ancienne formule (c'est-à-dire d'origine française) et le stock de munitions d'origine israélienne et émiratie qui sont compatibles avec les armes OTAN mais pas avec le FAMAS. On se souvient que c'est le ministre socialiste Alain Richard qui avait entamé la politique de réforme pour faire des économies et rentabiliser les coûts en matière d'équipement militaire.

Cette politique a abouti a ce résultat très concret à savoir que l'arme individuelle du soldat français n'est plus opérationnelle si on utilise une munition fabriquée selon d'autres normes techniques à l'étranger. Nos soldats sont donc en danger à cause de l'irresponsabilité d'une chaîne de décision qui part du politique mais qui ne s'arrête pas là. En effet, il est incompréhensible que des responsables techniques  à un niveau intermédiaire n'aient pas souligné ce risque de défaillance. Sur cette question, les médias français vont démontrer s'ils sont à la hauteur de leur réputation. On pense au magazine Paris Match qui a déboursé en août 2008 plusieurs dizaines de milliers d'euros pour montrer des talibans s'exhiber avec des vêtements et des armes récupérées sur des soldats français tombés dans une embuscade. Il sera intéressant de voir si un journaliste d'un grand média osera s'intéresser à l'affaire de la munition du Famas.

En l'occurrence dans ce dossier, il ne s'agit pas d'une chasse au scoop mais d'un débat constructif sur la pertinence de la décision politique et sur la protection de la vie de nos soldats en opération.

Source du texte : INFOGUERRE

Ont également abordé le sujet : SECRET DÉFENSE / LE MAMOUTH

Écrit par SG dans > Armes et armement, > France | Lien permanent | Commentaires (10) | | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Alain Richard n'est pas le premier politicien à avoir pris des décisions aberrantes en matière d'armement.

Il y a au moins deux autres cas historiques, ceux de Camille Pelletan (1902-1905) et d'Albert Thomas (1915-1917). Il existe deux posts qui le rappellent :

http://www.lepost.fr/article/2009/09/01/1678143_socialisme-et-armement-camille-pelletan-note-de-lecture-1-2.html

http://www.lepost.fr/article/2009/09/06/1684187_socialisme-et-armement-albert-thomas-note-de-lecture-2-2.html

Écrit par : Mac Guffin | samedi, 26 septembre 2009

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Les 150 gendarmes qui partiront en Afghanistan ont choisi le fusil d'assaut allemand HK G36 à la place du FAMAS.

Écrit par : Theatrum Belli | samedi, 26 septembre 2009

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Désolé pour toi mais cela reste un calibre 5,56 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : Domi | vendredi, 04 décembre 2009

Au delà du débat sur l'intérêt stratégique ou non de conserver une fabrique de munitions sur le sol national ou de la qualité franco-française opposée à la mauvaise qualité des étrangers (qui semble avérée sur les séries des émirats),

on peut se demander pourquoi le FAMAS se révèle très moyen voire dangereux lors de l'utilisation de munitions en laiton et non pas complètement en acier alors que toutes les armes des armées OTAN se comportent très bien avec ces munitions laiton...?

La raison est dans l'interprétation assez libre par la Manufacture de Saint-Etienne du standard Stanag OTAN 5.56.
Si elle a respecté le calibre 5.56, elle a créé un canon qui a un pas fort différent du standard OTAN (le pas = la distance entre deux crètes de la rayure).
La culasse est aussi un peu particulière.
Les chargeurs du FAMAS sont non compatibles OTAN également (et en générale, d'assez mauvaises qualités dans l'armée française, les lèvres s'éffritent).
Tout cela provoque plus de contraintes sur la douille et la balle lors de son tir.
Avec une cartouche totalement en acier, les contraintes sont supportées mais beaucoup moins bien par le laiton "plus mou" que l'acier. D'oû les incidents et la perte de précision de la balle qui est "torturée" par le canon du FAMAS.
Les autres fusils 5.56 OTAN ne rencontrent aucun problème ou perte de performance avce ces cartouches en laiton.

Résultat, le FAMAS est aussi bon que les autres fusils OTAN lorsqu'il a sa munition spéciale mais les soldats français ne peuvent partager et échanger leurs munitions et chargeurs avec leurs alliées sur le champ de bataille (on l'a vu lors de l'embuscade d'Uzbin dans laquelle les Français, à court de muntions, ont dû refuser les caisses de 5.56 que les américains leur amenaient... avec les retards tragiques que cela a provoqué pour la contre-attaque).

En 2000 ou 2004, une cartouche acier coutait 0.50€. Une laiton 0.25€.
Sachant que l'armée francaise consomme 34 millions de cartouches par an, chaque année c'est 8 millions d'euros qui partaient en fumée (le coût de 2 VBCI) en surcoût de production de cartouches françaises en acier.

Donc la vraie question est "pouquoi faire toujours différent et plus cher juste pour le plaisir de mettre Concept Français sur le produit ?"

Écrit par : Chaps | jeudi, 01 octobre 2009

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Pourquoi ne pas avoir adapté le FAMAS aux munitions OTAN ?...

Les problèmes n'ont quand même pas été découverts en Afghanistan.

Cela doit certainement revenir moins cher de perdre des hommes au combat payés par l'OTAN que de se retrouver à gérer deux types d'arme (une à douille acier, l'autre à douille laiton).

C'est affligeant.

Écrit par : R.Daneel | jeudi, 08 octobre 2009

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1) Délocalisation des cartoucheries du GIAT: (Prétexte:économie) Réalité des faits, priver l'Armée d'un approvisionnement direct en munitions pour le confort intellectuel des cliques politiciennes qui tiennent ce pays en coupe réglée et entendent l'ISLAMISER de force mais progressivement. (les pétrodollars Islamiques coulent sur des comptes off Shore).

2) Technique: De tradition intellectuelle il faut toujours faire différent, pour se distinguer. A titre d'exemple je cite: L'incroyable aventure du calibre 7,65 long. En 1929 après 10 années de travaux sur la 9m/m para et le mise au point par le STA d'un PM (de qualité pour l'époque) chambré dans cette munition. On abandonna le tout pour se lancer sur cette incroyable cartouche de 7,65 long. Avec pour résultat la création du PM - MAS 38 dont le fonctionnement fut toujours sujet à caution (Surtout et y compris) le tir par une courte rafale d'un chargeur (le tireur ne pouvant que constater) ou le tir d'un cartouche avec enrayage !!! On n'utilise pas la même cartouche que l'ennemi (c'est l'exception Française). Plus l'apparition de 2 PA dans ce calibre (Les MAS 35 - le A et le S) totalement incompatibles entre eux même au niveau des chargeurs. Je pourrai citer d'autres cas Ex: Le GP 35 de la Herstal développé suite à une demande du gouvernement Français en 1920. Cet excellent pistolet (toujours d'actualité) fut refusé par la France qui cependant fit développer un exemplaire en 7,65 long. Mais il fallait une arme typiquement Française. Il en va de même pour d'autres armes équipement etc...
Je vous conseillerai de visiter le musée des parachutistes à Pau (Chemin D'Astra) Il existe deux vitrines pour 1940. Vous pourrez comparer (au désavantage de la France) L'équipement et l'armement des Paras Allemands et des paras Français.
J'y ajouterai l'Histoire Incroyable de la cartouche de 8 m/m Lebel (extrapolée de la 11 m/m du fusil Gras). tout cela suite à une décision immédiate et totalement irraisonnée de cet Imbécile de général BOULANGER. Cette cartouche à bourrelet et totalement conique posa des problèmes incroyables au plan technique pour l'automatisme des armes (Mitrailleuses et FM + Fusil semi automatique). De plus, elle nécessita la mise en place d'une alimentation de type Kropacheff sur le fusil Lebel. Calculer le nombre de morts et de blessés que ces armes et matériels inadaptés nous ont déjà coûtés dans le passé. Les politiques Français, font fit de la vie des soldats et des citoyens Français. Ce qui leur importe est de rester au pouvoir et de se remplir les poches, alors qu'en Afghanistan ou ailleurs des soldats Français soient tués aujourd'hui comme hier, ils s'en moquent. Quitte ensuite de se permettre un cirque aussi hypocrite que répugnant lors des obsèques des soldats ou à l'occasion des cérémonies commémoratives. Ils n'ont aucun respect pour les familles.
Honte à eux, mais ils ignorent de ce qu'est la honte -

Écrit par : Michel CAMERONE | mercredi, 25 novembre 2009

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Cela prouve l'incompétence de notre gouvernement actuel et passé, le FA-MAS est bel et bien un fusil de seconde catégorie, c'est sympa de vouloir faire un FA français pour montrer aux Américains qu'on a pas besoin d'eux, mais quand on voit le résultat... Je crois que des HK 416 sont actuellement en test pour remplacer le FA-MAS, mais je n'en suis pas sûr, à cause de la rebelote avec le FELIN...
Ils devraient y repenser, soit en créant un kit de changement de famas (pour corriger les problèmes : canon standard OTAN, Chargeur STANAG...) soit en abandonnant notre clairon, la fierté nationale c'est bien, mais c'est pas ce qui rend nos soldats plus efficaces, surtout face à des AK-47 d'une fiabilité à toute épreuve...
Quitte à garder une architecture bullpup, pourquoi ne pas prendre un F-2000 de Herstal ?
Je leur conseillerais un FN SCAR ou bien un HK 416.
Pour au moins, garantir à nos soldats des fusils d'assaut à leur hauteur et ainsi rentrer chez eux en un seul morceau.

Écrit par : Fabien | vendredi, 05 mars 2010

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Je ne suis absolument pas d'accord avec cet article en tant qu'ancien militaire je suis partis a plusieur reprises en opex et la precision de mon arme de dotation a savoir le famas n'a jamais failli et j'ai toujour touche ma cible et ce jusqu'a 300 metres alors je demande a voir le manque de precison a partir de 30 metres si c'etait vrai je n'ose pas imaginer les accident hors ca ne m'est jamais arriver ni a qui que ce soit dans mon regiment

Écrit par : cardona | jeudi, 23 juin 2011

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je crois que vous n'avez pas compris l'article. Ou alors vous avez mauvaise mémoire. Quand vous tirez des F4 ou F5 qui arrivent de profil dans une sc2 alors qu'une F1 ne fait qu'un trou propre (distance de tir 25m), il ne faut pas être expert en ballistique pour comprendre qu'il y a un problème

Écrit par : olivier | dimanche, 11 décembre 2011

Je ne sais pas si les munitions 5.56 sont défectueuses actuellement, dans tous les cas, appelé du contingent en 1986 dans un régiment d'investigation, je peux dire qu'on a tiré un sacré paquet de cartouche sans incident de tir et que, à 100m et 200m, je n'ai jamais manqué ma cible. Pour moi, le FAMAS reste une arme de qualité.

Écrit par : BONNET | vendredi, 14 septembre 2012

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