vendredi, 07 août 2009

CAUCASE : Rétrospective en images du conflit russo-georgien

Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, l'artillerie georgienne débutait ses bombardements sur la ville de Tskhinvali (Ossétie du Sud).

Toute la nuit, les canons et les lance-roquettes géorgiens ont pilonné la capitale d'Ossétie du Sud. C'est d'une offensive en règle qu'il s'agit, et les tirs d'artillerie servent à ouvrir la voie à la progression de l'infanterie géorgienne. Tbilissi joue la carte de la guerre éclair.

Après avoir pilonné Tskhinvali et les positions ossètes pendant la nuit, tôt le matin, dans le cadre d'une opération baptisée Clear Field ("terrain dégagé"), l'armée géorgienne passe à l'assaut. La 4e brigade d'infanterie, épaulée par les 2e et 3e brigades, s'empare de villages sur les hauteurs qui entourent la ville.

A 7h30, la Russie aurait tiré un missile SS-21 sur des bunkers géorgiens près de la ville de Borjomi, en territoire géorgien. Peut-être s'agissait-il pour les Russes, si ce tir a bien eu lieu, de désorganiser la chaîne de commandement géorgienne. Quoi qu'il en soit, à 8 heures, infanterie et chars géorgiens pénètrent dans Tskhinvali, qui devient dès lors le théâtre de violents combats entre les troupes de Tbilissi, les miliciens ossètes et les soldats russes de la JPFK (force de maintien de la paix).

A 10 heures, 1.500 fantassins géorgiens atteignent le centre-ville, appuyés par des blindés. L'aviation russe entre dès lors en jeu, et procède à une première frappe en Géorgie même, où trois personnes sont tuées lors du bombardement d'une base aérienne près de Tbilissi. A Tskhinvali, au bout de trois heures d'affrontements, les forces géorgiennes sont repoussées, en particulier par l'appui aérien russe. Auparavant, le général Koulakhmetov, commandant de la JPFK, signale à l'OSCE que 18 de ses hommes ont succombé aux tirs de l'artillerie géorgienne, qui tape indistinctement sur la ville. Les médias russes parlent déjà de "génocide".

Les premières informations sur le déploiement des forces de la Fédération de Russie commencent à filtrer : le 1er bataillon du 135e régiment d'infanterie motorisée débouche à 14h30 du tunnel de Roki, qui relie l'Ossétie du Sud à sa voisine du Nord, et descend vers Tskhinvali. Le passage des forces russes, via le tunnel et par les cols et les routes de montagne, s'effectue avec lenteur. Le commandement russe peine à regrouper ses forces, qu'il déploie au fur et à mesure, bataillon par bataillon. Pendant ce temps-là, en Crimée, des unités de la flotte russe de mer Noire quittent le port de Sébastopol. Leur objectif : imposer un blocus des côtes géorgiennes.

Quand le soir arrive, les combats, toujours d'une grande intensité, continuent dans Tskhinvali. Dans le reste de la province, la tactique russe consiste apparemment à laisser les Ossètes se charger de nettoyer les villages pris par les Géorgiens, l'armée fédérale se concentrant plutôt sur les grandes formations géorgiennes. L'aviation russe bombarde les infrastructures logistiques en Géorgie. Des spetsnaz [unités spéciales de l'armée russe] repoussent des "saboteurs" géorgiens qui tentaient de faire sauter le tunnel de Roki.

A la nuit tombée, la bataille pour Tskhinvali se poursuit. La capitale ossète n'est déjà plus qu'un champ de ruines.

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A la veille de l'offensive sur Tskhinvali, l'armée géorgienne compte 37.000 hommes, dont 9.000 à 16.000 seront déployés en Ossétie du Sud pendant le conflit, et auxquels s'ajoutent des forces de police dont les effectifs ne sont pas connus. Si l'on peut s'étonner que la petite Géorgie ait pu choisir de s'en prendre aux Ossètes, alliés objectifs de l'immense Russie, il est certain qu'au 7 août 2008 le président Saakachvili pense pouvoir compter sur une armée modernisée, bien équipée et entraînée par de nombreux conseillers américains et israéliens. Elle dispose de 82 chars lourds T-72, de 139 véhicules blindés, d'une artillerie bien pourvue, en particulier 27 lance-roquettes multiples BM-21 qui vont faire des ravages dans la capitale ossète. Enfin, elle peut mettre en ligne 7 avions d'attaque au sol Su-25 et plusieurs hélicoptères. Détail curieux : bien qu'ayant été formés par leurs instructeurs sur des armes légères américaines, la plupart des soldats géorgiens préféreront reprendre leurs anciennes kalachnikovs (AK-47 et AK-74) dès le début des combats. Force de l'habitude ou confiance dans la rusticité d'un matériel éprouvé ?

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Theatrum Belli vous présente une rétrospective en images de plus de 750 photos, dont certaines du photographe Arkady Babchenko qui avait accompagné le bataillon "Vostok" depuis l'Abkhazie en direction de Gori.

Cette galerie "CAUCASUS BELLI", créée l'annèe dernière durant le conflit, a déjà été visionnée plus de 86.000 fois.

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