mercredi, 03 septembre 2008

Des journalistes ont retrouvé les talibans qui ont abattu les 10 soldats français

Eric de Lavarène (Paris Match) a rencontré un des assaillants qui ont tendu un piège fatal aux hommes du 8e RPIMa le 18 août dernier en Afghanistan.

afgha.jpgCelui qui commande un des groupes responsables de la terrible attaque contre les soldats français se fait appeler le commandant Farouki. Il affirme être originaire de la province de Laghman. Il a environ 30-35 ans, comme la plupart de ses hommes. Ils seraient plus de 500. L’entretien ne va durer que quelques minutes. Personne ne s’attarde, dans ces régions.


Paris Match : Pourquoi vous en êtes-vous pris aux militaires français ?

Commandant Farouki : Ils ont franchi une limite en venant près d’ici. La vallée d’Uzbin nous appartient. C’est notre territoire. Quelques jours avant, des villageois les avaient prévenus : n’allez pas au-delà de cette zone, c’est dangereux. Ils ne les ont pas écoutés. Alors, nous les avons attaqués. C’est de la légitime défense.

 

Aviez-vous obtenu des informations sur cette patrouille avant l’embuscade ?

L’embuscade n’était pas préparée. Nous avons juste été prévenus un peu avant l’attaque de la présence de soldats étrangers sur notre territoire. Ensuite, nous avons agi très rapidement. Ce n’était pas compliqué. Nous disposons de caches d’armes un peu partout et nous connaissons évidemment bien le terrain. Nous étions positionnés avant qu’ils arrivent. Cent quarante combattants bien entraînés. Si la nuit n’était pas tombée, nous les aurions tous tués.

 

Avez-vous torturé des soldats tombés entre vos mains ?

Non. Ces hommes sont morts à cause de Bush et de votre président. Nous n’avons pas voulu tuer vos maris ou vos enfants. Nous n’en voulons pas aux Français. S’ils partent, alors tout ira bien. Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous.

 

Qu’allez-vous faire à l’avenir, s’ils reviennent ?

Nous recommencerons. Par cette attaque, nous avons voulu montrer aux soldats français qu’il faut cesser d’aider les Américains. Et croyez-moi, c’était juste une sommation. La prochaine fois, nous les attaquerons directement là où ils se terrent, à Tagab et ailleurs. Et nous frapperons les intérêts français partout dans le monde. Nous en avons largement les moyens. Nous ne sommes pas seuls ni isolés dans ces montagnes.

 

Avez-vous le soutien de la population ?

Les gens ne nous soutiennent pas vraiment. Nous les laissons tranquilles et ils ne nous trahissent pas. Mais de plus en plus de jeunes nous rejoignent à cause des bombardements de l’Otan. Une maison bombardée, c’est un nouveau combattant à nos côtés. Ça s’appelle l’esprit de vengeance. C’est normal. Surtout ici.

 

Avez-vous le soutien de groupes étrangers ?

Nous sommes tous afghans. Nous n’avons pas besoin des autres. Nous défendons notre pays. C’est une guerre de libération. C’est tout. Mais il y a des liens entre groupes, jusqu’au-delà des frontières. Armes, argent, combattants passent d’une région à l’autre. D’un pays à l’autre. Facilement.

 

Seriez-vous prêts à négocier avec les autorités de Kaboul ?

Aucune négociation tant que les étrangers sont sur notre territoire. Nous nous en prenons à vos soldats, nous nous en prendrons à vos organisations humanitaires. Nous allons continuer à défendre notre pays. Jusqu’au bout. Jusqu’au dernier des nôtres. Il faudrait tous nous tuer pour en finir avec notre mouvement. Et croyez-moi, nous sommes nombreux.

Écrit par SG (Webmaster) dans > Afghanistan, > Armées, > France, > Guérilla, GUERRES (Typologies) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer |

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