dimanche, 31 août 2008
Russie : place à la "realpolitik"
Après la chute du régime communiste, en 1991, la Russie va jouer avec beaucoup de candeur et de bonne foi le jeu de la démocratie et de l'économie de marché. Sur les recommandations des nombreux conseillers américains, spécialistes ès capitalisme, Moscou applique à la lettre et intégralement les méthodes libérales du "consensus de Washington" qui lui sont prescrites. Les entreprises d'État sont rapidement démantelées, privatisées, l'économie ouverte sans ménagement à la concurrence. La Russie va payer très cher son adhésion au capitalisme. Une production industrielle amputée des deux tiers, un PIB divisé par deux, une économie dévastée, la fuite des cerveaux, du savoir-faire et des capitaux. Et la naissance d'une nouvelle caste, les oligarques.
En 1999, Moscou assiste impuissante à l'entrée de ses anciens satellites dans l'OTAN. Cette dernière s'attaque ensuite à la Serbie, cousine slave des Balkans, lors de la guerre du Kosovo. Pour Vladimir Poutine qui accède à la présidence au début de l'an 2000, la désillusion est grande.
Les événements du 11 septembre offrent une dernière occasion de rapprochement entre les deux anciens adversaires de la guerre froide. Avec l'intervention en Afghanistan, Poutine appelle de ses vœux une association Russie – États-Unis pour l'exploitation conjointe des réserves d'hydrocarbures de la Caspienne.
Il doit de nouveau déchanter. Le seul objectif des États-Unis est d'installer des bases militaires permanentes dans les anciennes républiques de l'Asie centrale, et de détourner à leur profit le pétrole de la Caspienne, vers le sud-ouest, vers la Turquie et la Méditerranée.
Après l'Europe de l'Est et les États baltes, après les Balkans, le Caucase et la Caspienne, voilà que les États-Unis poursuivent le refoulement de la Russie en Asie centrale, au-delà des frontières héritées des tsars.
Cette fois, la rupture est consommée. La lune de miel entre une Russie naïve qui réintègre le "monde libre" et son modèle américain n'aura duré que 10 ans.
Place à la réalité, place à la realpolitik.
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samedi, 30 août 2008
Géopolitique de la Russie dans la région caspienne
Écrit par SG (Webmaster) dans > Caucase, > Énergies, > Russie, GÉOPOLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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La stratégie des États-Unis au sud du Caucase
Pour Julien Zarifian, chercheur à l'Institut français de géopolitique, une réflexion sur la crise en Géorgie ne peut pas faire l'impasse sur la politique américaine (et ses investissements financiers) dans cette région du monde.
Alors que la crise fait rage entre la Géorgie et la Russie et que les politiques de la Russie sont largement décryptées et souvent pointées du doigt, il est nécessaire, pour une compréhension globale, de se pencher plus longuement sur la stratégie américaine au sud du Caucase.
Cette stratégie dépasse en général les trois petites républiques d'Arménie, d'Azerbaïdjan et de Géorgie, indépendantes de l'URSS fin 1991. Elle s'intègre à des logiques pour l'influence en Eurasie, immense région du monde hautement stratégique et concept géopolitique largement usité outre-Atlantique. Pour les stratèges américains, la plupart des tendances confondues, la sécurité du monde dépend largement de la stabilité, et donc du contrôle, de l'Eurasie, qui abrite, en outre, environ 75% des réserves énergétiques mondiales.
La région au sud du Caucase est située aux marges de plusieurs grands ensembles qui s'y disputent l'influence. Traditionnel pré carré de la Russie, c'est aussi une zone d'influence naturelle pour l'Iran et la Turquie qui y ont joué un rôle historique majeur. Depuis la chute de l'URSS, deux nouveaux acteurs s'ajoutent à cette liste : l'Union européenne et, en particulier, les États-Unis.
La politique américaine s'y est mise en place peu à peu, surtout dans la seconde moitié des années 1990. Ce sont les ressources énergétiques de la mer Caspienne, depuis revues à la baisse, qui ont attiré l'attention des leaders américains. Un rapprochement net s'est alors opéré entre Washington et l'Azerbaïdjan, qui contrôle une partie de la production et de l'acheminement de ces ressources. L'oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), doublé ensuite du gazoduc BTE (Bakou-Tbilissi-Erzurum), est le symbole de ce rapprochement. Ce projet de grande envergure a permis la consolidation d'un axe de coopération Ouest-Est (incluant notamment les États-Unis, la Turquie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan), tandis que la Russie, qui contrôlait jusque-là l'acheminement des énergies caspiennes et d'Asie centrale vers l'ouest, l'Iran, mais aussi l'Arménie, en sont exclus.
Dans le même temps, et non sans quelques difficultés, les États-Unis s'impliquent dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh, entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, dont ils sont en charge avec la Russie et la France, via le groupe de Minsk de l'OSCE. Alors que l'exécutif américain exprimait avec retenue une certaine sympathie pour le partenaire azéri, le Congrès, pressé en ce sens par la communauté arméno-américaine, votait l'allocation d'aides financières annuelles importantes à l'Arménie, et un gel de ces mêmes aides à l'Azerbaïdjan (gel effectif jusqu'en 2002). Cette aide financière américaine directe est l'une des plus élevées du monde par habitant, et se monte à plus d'un milliard de dollars depuis l'indépendance de l'Arménie. De même, la Géorgie est aussi devenue un des récipiendaires de cette aide financière, et est elle aussi un des rares pays d'Eurasie à avoir reçu plus d'un milliard de dollars des États-Unis depuis 1992. Depuis peu, l'Arménie et la Géorgie sont membres du programme américain Millennium, dont le but est de fournir une assistance à un nombre restreint de pays à bas revenu qui, selon des critères établis par le gouvernement américain, mettent en œuvre des politiques de développement viables, investissent dans leur peuple, et encourage la liberté économique.
Un autre outil de politique étrangère remarqué est la coopération militaire que les États-Unis ont mise en place avec les trois pays de la région, soit de manière bilatérale, soit via l'Otan. Les trois pays sont membres du Partenariat pour la paix de l'Organisation atlantique (PpP) et ont chacun signé en 2005 un plan d'action individuel pour le partenariat (Ipap) avec elle. L'Ipap est souvent considéré comme le degré le plus poussé de coopération avant l'intégration. Sur les trois républiques, seule l'Arménie, proche de la Russie qui est son alliée sur le plan militaire, a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas intégrer pleinement l'Otan. La Géorgie et, de manière plus discrète, l'Azerbaïdjan ont clairement affiché leur souhait d'intégrer l'organisation.
Ces divers rapprochements entre les États-Unis et les républiques au sud du Caucase sont perçus par la Russie comme autant de reculs de sa propre influence régionale. D'autant que le soutien, au moins indirect, de Washington aux "révolutions de velours" qui ont mis à la tête de la Géorgie et de l'Ukraine des leaders pro-occidentaux, ou encore la volonté américaine d'installer un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque, ont été perçus par la Russie comme des signes d'hostilité à son égard.
La région au sud du Caucase est donc bien un des enjeux, et sans doute non des moindres, du "grand jeu" américano-russe. Le bras de fer diplomatique entre Moscou et Washington et dont la Géorgie et les républiques autoproclamées d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie sont aujourd'hui l'enjeu principal doit être interprété au travers de ce prisme. Ainsi, pour une bonne compréhension de la situation, il faut certes tenir compte de la volonté russe de garder la main dans son "étranger proche", mais ne pas occulter non plus les ambitions américaines sur ces régions.
Source du texte : FIGARO.FR
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Russie, Chine : "l'axe du Non" face à l'Occident
C'est une de ces dates qui restent gravées au burin sur le marbre rugueux de l'histoire. Le fameux 08/08/2008 s'était déjà assuré de sortir de l'anonymat du calendrier, en offrant ses bonnes ondes au coup d'envoi des Jeux de Pékin. Le voilà porté à l'avant-scène des grands moments par un événement plus tragique, le dernier conflit du Caucase. Ce 8 août 2008 restera symboliquement le jour de la résurrection géopolitique de deux grands empires, la Russie et la Chine. Une nouvelle donne dont on n'a pas fini de vivre les conséquences.
Entre la consécration olympique d'une "émergence pacifique" pour la Chine et l'affirmation autrement militarisée d'une poigne retrouvée pour la Russie, guère de point commun, a priori. Et pourtant, dans les deux cas, une même farouche volonté de renouer avec la puissance. Pour la Chine, la soif de revanche vient de plus loin. Il s'agit de laver les humiliations coloniales du XIXe siècle, la misère et l'isolement de l'ère Mao, la cassure avec l'Occident suscitée par la répression de Tiananmen en 1989. La Russie, elle, n'a pas besoin de faire appel à 5.000 ans d'histoire pour rappeler sa puissance, il lui suffit de remonter aux grandes heures de la guerre froide.
Justement, le penseur néoconservateur américain Robert Kagan estime que ce 8 août 2008 va rester comme une date qui marquera un tournant, au moins aussi important que le 9 novembre 1989 qui vit la chute du mur de Berlin. Selon lui, ce jour signe le "retour officiel de l'histoire". Et à un style de compétition entre puissances "très XIXe siècle", avec des nationalismes virulents, une bataille pour les ressources, des affrontements pour des territoires et des sphères d'influence, un recours à la force militaire même pour atteindre ses objectifs géopolitiques. On croyait que la mondialisation et l'interdépendance économique rendaient ces résurgences improbables, et l'on s'était bien trompé.
Après l'"axe du Mal", voilà une nouvelle ligne que l'on pourrait appeler l'"axe du Non". Un non à l'omnipotence américaine scandé par des puissances qui se posent désormais en contre-modèles. On a vu, ces dernières années, Chine et Russie faire front commun au Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer ou infléchir des résolutions sur le Darfour, le Zimbabwe ou l'Iran. Et voilà que Moscou vient chercher le soutien de Pékin dans la crise géorgienne. Il ne sera qu'en demi-teinte, les aventures séparatistes rappelant trop aux dirigeants chinois les épineuses questions du Tibet et du Xinjiang. Qu'importe, la complicité sino-russe ne cesse de grandir depuis 2005, date à laquelle les présidents Hu Jintao et Vladimir Poutine ont signé une "déclaration conjointe sur l'ordre international du XXIe siècle". Toutefois, ni Moscou ni Pékin n'ont (ou n'avaient) l'intention de s'engager dans un partenariat exclusif.
Depuis quelques années, la puissance occidentale était déjà contestée "par le bas", avec la stupéfiante capacité des rebelles irakiens ou afghans à contourner sa force militaire. La voilà contestée "par le haut", par de grandes puissances (ré)émergentes. En se rejoignant, ces deux défis risquent de compliquer singulièrement les interventions extérieures ou la lutte contre la prolifération. L'Iranien Ahmadinejad ne s'y est pas trompé, qui a attaqué hier bille en tête l'Otan et sa légitimité en Afghanistan. La Corée du Nord, non plus, qui profite de l'instant pour stopper son désarmement nucléaire et faire monter les enchères. Lucide, aussi, Barack Obama, qui choisit pour colistier un spécialiste de politique étrangère.
On se souvient de l'ère Chirac, qui s'inquiétait de l'hégémonie outrancière des États-Unis et appelait de ses vœux un "monde multipolaire". La réalité dépasse toutes ses espérances, mais pour l'heure, pas forcément pour le meilleur.
Arnaud de la Grange
Source du texte : FIGARO.FR
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vendredi, 29 août 2008
Le reporter anglais Ross Kemp en Afghanistan
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Après le Caucase, la bataille de l'Arctique ?
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, qui a entamé le 26 août, une tournée de trois jours dans le Grand Nord, a fait de la défense de la souveraineté canadienne dans l'Arctique une des priorités de son gouvernement. De fait, les ressources énergétiques de la région, extrêmement riche en pétrole et en gaz naturel, sont de plus en plus convoitées par les pays qui la bordent et notamment par la Russie. Dans un contexte de regain de tension entre Moscou et les pays occidentaux, François Thual, co-auteur du livre "La bataille du Grand Nord a commencé", analyse les enjeux stratégiques de la région.
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jeudi, 28 août 2008
Carburants : l'US Air Force toujours en avance
C'est passé relativement inaperçu mais l'USAF vient de faire voler un F-15 à Mach 2,2. Rien de plus normal sauf que le carburant utilisé était à 50% synthétique, utilisant notamment du gaz naturel. Selon les pilotes, il n'y aurait aucune différence entre ces carburants et un chargement uniquement composé de JP-8. L'USAF poursuit ainsi avec succès son ambitieux programme de réduction de sa dépendance au kérozène.
Ma question sera sans doute idiote. Mais la recherche en ces domaines et en ces temps de contraction budgétaire me semble être digne non seulement de faire faire des économies sur les budgets "opération" mais aussi de maintenir l'entraînement de nos personnels à un haut niveau (la hausse des coûts de carburant a entrainé des annulations d'entraînements) tout en permettant de s'affranchir, au moins partiellement, d'une dépendance énergétique qui peut coûter très cher, politiquement.
Aussi, ne serait-ce pas plus utile de se concentrer sur ce qui pourrait se concevoir comme le sang de nos armées, plutôt que sur des percées dans le domaine des radars trans-horizon ou celui des antimissiles de défense de territoire ? Certes, sans radars, vous êtes en danger. Mais sans carburant, vous êtes en danger et vous ne pouvez plus bouger. A bien choisir...
Source du texte : Joseph HENROTIN
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En patrouille avec le 8e RPIMa en Afghanistan
Matthieu Mabin a accompagné les militaires français du 8e Régiment de parachutistes d’infanterie marine (RPIMa) de Castres, dans une de leurs missions en Afghanistan, du 7 au 17 août. Le journaliste a pu tourner un reportage exclusif pour FRANCE 24 sur le quotidien de ce régiment, dont 8 hommes ont trouvé la mort et 21 autres ont été blessés au cours d’une embuscade, le 18 août 2008.
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Le katana, sabre des Samouraï
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mercredi, 27 août 2008
Les USA annulent l'envoi d'un navire dans le port géorgien de Poti
Moscou a établi des points de contrôle autour de la ville et un navire américain accostant dans ce secteur pourrait être perçu comme un défi direct.
Un porte-parole de l'ambassade des États-Unis en Géorgie a annoncé, mercredi 27 août, l'annulation du projet de faire accoster un navire militaire américain transportant de l'aide humanitaire dans le port géorgien de Poti dont les forces russes occupent toujours les faubourgs.
Le bâtiment des garde-côtes américains, le "Dallas", était attendu dans le port sur la mer Noire dans la matinée. Mais Stephen Guice, le porte-parole de l'ambassade américaine, a précisé que le navire allait accoster à Batumi, un port beaucoup plus au sud de la zone des combats qui ont opposé au début du mois d'août les troupes russes et géorgiennes.
Stephen Guice a déclaré n'avoir aucune information sur les raisons de ce changement de destination.
Le port de Poti aurait subi d'importants dégâts dans les pilonnages russes. Par ailleurs, les troupes de Moscou ont établi des points de contrôle sur le flanc nord de la ville et un navire américain accostant dans ce secteur pourrait être perçu comme un défi direct.
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