jeudi, 17 janvier 2008

Canada : Après l'Afghanistan, Dion souhaite une intervention au Pakistan

d3ef418ddb91908c9df955f2b1cc1a7e.jpegPour pacifier l'Afghanistan, il faudra combattre les terroristes jusqu'au Pakistan, estime Stéphane Dion. Selon le chef libéral, les autorités pakistanaises devront accepter une intervention militaire de l'OTAN sur leur territoire si elles se montrent incapables de lutter elles-mêmes contre les terroristes.

Le Canada ne peut faire de gains importants dans la province de Kandahar tant que le ménage ne sera pas fait dans les zones frontalières pakistanaises, croit-il.

«Il faut renforcer les pressions sur le Pakistan pour que nous puissions aller régler le problème du terrorisme (dans ce pays) et non pas seulement en Afghanistan»,a-t-il affirmé hier à Québec, en dressant le bilan de sa récente visite éclair à Kandahar et à Kaboul.

«Si le gouvernement pakistanais (...) est incapable de régler le problème, il faut s'entendre avec lui pour qu'on puisse le régler. Sinon, ce qu'on fait en Afghanistan est en partie annulé par l'inaction au Pakistan.»

Selon lui, l'OTAN devrait envisager une opération militaire, et le Pakistan devrait y consentir s'il ne peut faire «tout seul» la lutte contre les terroristes. «Il faudrait discuter de cela de façon très active, a-t-il répondu à un journaliste qui évoquait une telle opération. Il faut aider le Pakistan à nous aider à pacifier l'Afghanistan.»

Une des conclusions qu'il tire de son voyage en Afghanistan est qu'«on aura beaucoup de difficultés à s'en sortir tant qu'on ne pourra pas davantage aller mettre hors d'état de nuire les centres de terrorisme au Pakistan».

«Plusieurs responsables afghans nous ont dit : On sait où ils sont. Le problème, c'est qu'on n'agit pas. Il faudra agir un jour.»

Les frontières entre l'Afghanistan et le Pakistan sont de véritables passoires. Ces zones sont hors de contrôle, ce qui permet aux insurgés talibans de trouver refuge au Pakistan. «Lorsque nos troupes courageusement nettoient un territoire (dans la province de Kandahar), très souvent ce qui se produit, c'est que les insurgés vont se réfugier au Pakistan et reviendront à la première occasion. Alors ça pourrait durer très longtemps cette situation si on n'arrive pas aussi à régler le problème qui est souvent à sa source au Pakistan», a expliqué Stéphane Dion.

 

Peter MacKay outré

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, s'est dit outré des propos du chef libéral hier soir. «M. Dion ne peut pas être sérieux en proposant que l'OTAN intervienne dans un autre pays tout en réclamant en même temps que le Canada se retire de la mission en Afghanistan qui a été autorisée par les Nations unies. Il doit expliquer aux Canadiens pourquoi il veut intervenir au Pakistan d'une part et tourner le dos à l'Afghanistan d'autre part. C'est de la folie», a affirmé M. MacKay à La Presse

Comme La Presse l'a révélé hier, le président afghan, Hamid Karzaï, a sermonné M. Dion et son collègue Michael Ignatieff lors de leur visite en Afghanistan. Le gouvernement afghan digère mal la promesse du PLC de mettre fin à la mission de combat à Kandahar en février 2009. Selon lui, la province de Kandahar deviendra rapidement l'un des principaux foyers du terrorisme international si le Canada retire ses troupes. 

La fin de la mission de combat en février 2009 «n'est pas le message préféré des autorités afghanes. Mais je crois que ce doit être dit clairement», a répliqué M. Dion. 

«Le ministre de la Défense de la Grande-Bretagne vient de dire que c'est une mission (de l'OTAN) qui va durer plusieurs décennies. Alors on se pose toute suite la question: est-ce que le Canada va rester dans une mission de combat, la plus dangereuse de toutes, pendant des décennies?» C'est au tour d'un autre pays membre de l'OTAN de combattre les insurgés à Kandahar, selon lui. Après février 2009, «le Canada peut faire autre chose pour aider l'Afghanistan» que de combattre les terroristes. «Ce pays a besoin de l'aide canadienne dans plusieurs domaines : la promotion du droit des femmes, la gestion de l'eau, le développement économique, la formation des militaires et des policiers», a dit le chef libéral. 

Par ailleurs, dans une lettre ouverte au premier ministre Stephen Harper, Stéphane Dion a réclamé la tête de la secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Helena Guergis. Selon le chef libéral, Mme Guergis a mis en péril sa sécurité, celle de M. Ignatieff et de l'ensemble de la délégation canadienne en révélant publiquement à l'avance l'itinéraire de leur visite en Afghanistan. Elle a «délibérément» enfreint les règles de sécurité, a-t-il affirmé. 

«Elle a commis une faute très grave. Je demande au premier ministre de faire en sorte qu'elle n'ait plus accès aux secrets du Conseil privé car elle a prouvé qu'elle était incapable d'assumer cette responsabilité.»

Source du texte :  LA PRESSE

Écrit par SG dans > Afghanistan, > Pakistan | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer | |

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