lundi, 22 octobre 2007

La Turquie sur le sentier de la guerre

b83e98fe83a98d0be7568bb9fdd555a2.jpgAprès les violents combats qui ont opposé rebelles du PKK et soldats turcs à la frontière entre l'Irak et la Turquie, le premier ministre Erdogan a convoqué une réunion de crise à Ankara.

Une étape supplémentaire vient d'être franchie dans l'escalade militaire à la frontière turco-irakienne. Ce week-end, l'armée turque a enregistré de très lourdes pertes : au moins 12 engagés ont trouvé la mort au cours des combats qui se déroulent dans les montagnes de la province d'Hakkari à proximité de l'Irak et de l'Iran. C'est le plasticage d'un pont au passage d'un convoi militaire qui a provoqué la mort des soldats, selon les chaînes de télévision. 32 rebelles ont également été tués, assure l'état-major. En marge des heurts, l'explosion d'une mine sur une route du Sud-Est a fait 17 blessés parmi les passagers d'un minibus qui se rendaient à une cérémonie de mariage. Et, dimanche soir, l'incertitude régnait sur le sort de soldats portés disparus. 

Un porte-parole du mouvement séparatiste, à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan irakien, a affirmé que plusieurs d'entre eux avaient été pris en otages dans la nuit de samedi à dimanche. Mais Vecdi Gönül, le ministre de la Défense, a démenti cet enlèvement. Ce nouveau pic de violence attribué au PKK place le gouvernement, accusé de faiblesse par l'opinion publique, dans une situation de plus en plus délicate. 

Le référendum, qui se déroulait dimanche en Turquie, sur une réforme constitutionnelle prévoyant l'élection du président de la République au suffrage universel a été totalement éclipsé. 

Le oui l'a emporté à 72 %, sur la base de deux tiers des bulletins dépouillés. Dans la soirée, le premier ministre a convoqué en urgence les généraux et plusieurs de ses ministres afin de décider d'une possible riposte. "Nous déciderons après cette réunion quel genre de mesures nous adopterons", a annoncé Recep Tayyip Erdogan. Il a laissé entendre qu'une réplique immédiate n'était pas à l'ordre du jour : "Nous agirons dans le calme." Ces derniers affrontements interviennent quatre jours après le feu vert donné par le Parlement turc au lancement d'une opération transfrontalière. Le chef du gouvernement avait alors déclaré qu'il espérait ne pas avoir à se servir de cette autorisation, valable un an.

 

8eeead85e1795693b07db520345baea2.jpgMise en garde irakienne

Mais Rusen Cakir, journaliste au quotidien Vatan et fin connaisseur de la question kurde, soulignait que cette motion pouvait "tout aussi bien être une arme à même d'affaiblir cette organisation (le PKK, NDLR) que se retourner comme un boomerang contre ses initiateurs".

Prédisant de nouvelles attaques des séparatistes kurdes qui forceraient le gouvernement à y recourir. Quelques heures après l'annonce des pertes dans les rangs de l'armée, l'extrême droite appelait à la vengeance au cours de rassemblements organisés dans plusieurs grandes villes. Dans le centre d'Istanbul, un millier de manifestants ont scandé des slogans haineux. "Nous allons attaquer le Parlement ! Nous allons pendre le PKK", hurlait une foule jeune, bras levé, index et petit doigt tendus pour faire le signe des Loups gris, une milice ultranationaliste. 

À la frontière turco-irakienne, l'armée poursuivait sa traque contre le PKK, soutenue par des hélicoptères de combat et l'artillerie lourde. "63 cibles en coordination avec les mouvements de troupes" étaient visées, selon un communiqué de l'état-major. 

Face aux menaces d'intervention de l'armée turque, les autorités irakiennes ont multiplié les mises en garde. "Nous n'allons pas nous laisser prendre dans la guerre entre le PKK et les Turcs, mais si la région du Kurdistan est visée, nous défendrons la population", a prévenu Massoud Barzani, le président de la zone kurde. Quant au président irakien, Jalal Talabani, un des leaders historiques du mouvement kurde en Irak, il a demandé au PKK de déposer les armes ou de quitter le territoire irakien, lors d'une conférence de presse à Erbil. Mais il a également précisé qu'il ne livrerait "jamais" les chefs du PKK à Ankara. Une réponse aux récentes déclarations de M. Erdogan. Vendredi, le premier ministre avait mis les cartes sur la table pour éviter une opération militaire : "Ce qui nous satisferait, c'est la fermeture de tous les camps du PKK, y compris leurs camps d'entraînement, et la livraison de leurs chefs terroristes." La Turquie demande depuis des mois à Washington et à Bagdad d'arrêter les cadres du mouvement séparatiste, qui organisent la guérilla depuis leurs bases arrières dans les monts Qandil, de l'autre côté de la frontière, sans jamais obtenir le moindre résultat.

Source du texte : FIGARO.FR

Écrit par SG dans > Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Turquie, Kurdes, PKK, Irak, Loups gris | | |  Facebook | |  Imprimer | |

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