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Une opération armée turque en Irak portera atteinte aux intérêts russes

Si l'armée turque lance une opération dans le Nord de l'Irak, un nouveau pôle d'instabilité apparaîtra aux frontières de la Russie, estime Léonid Ivachov, président de l'Académie russe des problèmes géopolitiques. 

Lundi dernier, le gouvernement turc a demandé au parlement l'autorisation d'effectuer, en Irak du Nord, une opération contre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui luttent les armes à la main pour l'indépendance des Kurdes. Il arrive souvent que les combattants du PKK franchissent la frontière pour attaquer les territoires sud-est de la Turquie. Ces deux dernières semaines, les affrontements dans cette région ont fait 30 morts parmi les militaires turcs. Au total 40.000 personnes ont péri dans ce conflit qui se poursuit depuis 1984. 

"Qu'obtiendra la Russie en cas d'opération militaire turque ? Nous obtiendrons à nos frontières une vaste zone d'instabilité, de risques et de défis qu'il nous sera très difficile de maîtriser", a affirmé M. Ivachov. 

"Nous subissons déjà les effets de l'instabilité dans cette région", a-t-il ajouté. 

D'après lui, cette opération "affectera les territoires du Caucase et de la Caspienne, ce qui ne tardera pas à perturber le fonctionnement des pipelines". 

Selon les experts russes, l'opération militaire de la Turquie contre les combattants kurdes est pratiquement inévitable. M. Ivachov est persuadé qu'elle répond aux intérêts des Etats-Unis. 

"L'attaque de la Turquie contre les Kurdes est tout à fait probable : elle servira à détourner l'attention de la communauté mondiale des actions actuelles des Etats-Unis en Irak", estime l'expert. 

A son avis, la Turquie est "l'un des acteurs du jeu qui a pour but de déstabiliser la situation au Grand et au Moyen-Orient". 

La Turquie "réagit actuellement à la situation qui s'est créée en Irak lui-même et qui se traduit par l'affaiblissement du régime politique irakien et la séparation du Kurdistan, pour le moment en qualité de région autonome", a assuré le président de l'Académie des problèmes géopolitiques. "Inutile de dire que ces processus sont encouragés par les Etats-Unis qui agissent selon le principe "diviser pour régner", a-t-il conclu. 

A son tour, le président de l'Institut du Proche-Orient Evguéni Satanovski est également persuadé que l'opération de la Turquie en Irak est inévitable. Selon lui, ce sera une opération militaire très sérieuse menée à grand renfort d'artillerie, d'aviation et de troupes terrestres". 

"Nous ignorons combien de temps prendra cette opération. Mais d'ores et déjà on peut dire qu'elle sera dévastatrice pour le Kurdistan irakien", a supposé M. Satanovski. 

D'après lui, ni le président, ni le parlement, ni le parti au pouvoir en Turquie ne veulent se quereller avec les généraux. 

"Si à un moment où le pays se trouve menacé (et la Turquie est réellement menacée par le Kurdistan irakien), le gouvernement refuse de soutenir l'armée, celle-ci se trouvera un autre gouvernement", a affirmé M. Satanovski. 

Certes, estime le président de l'Institut du Proche-Orient, cette tournure des événements ne manquera pas d'envenimer les relations entre la Turquie et les Etats-Unis. 

"Mais si le parlement turc met les intérêts américains au-dessus de la sécurité du pays (c'est-à-dire s'il refuse de soutenir la proposition d'intervenir en Irak), la Turquie aura un autre parlement", a poursuivi M. Satanovski. "Les parlementaires et les ministres turcs le comprennent parfaitement", a-t-il constaté.

Source du texte : RIA NOVOSTI

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