Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

L'armée turque au bord du bourbier irakien

0d8a43efc1b6d14c71fd307c23684e74.jpgLa menace brandie par Ankara de frapper les rebelles kurdes retranchés dans le Kurdistan irakien va à l'encontre de la stratégie américaine de stabilisation de l'Irak. S'agit-il d'une manœuvre destinée à bloquer le vote américain sur le génocide arménien ? Et la question kurde, dans tout ça ? La presse turque s'interroge. 

"Le gouvernement turc peut désormais envoyer à tout moment l'armée dans le nord de l'Irak", écrit Güngör Mengi dans Vatan. En effet, mercredi 18 octobre, le Parlement turc a donné à une écrasante majorité son feu vert à une intervention dans le Kurdistan irakien. "Cette décision ne signifie pas nécessairement que nous allons immédiatement entrer en guerre. Ce vote, qui traduit la détermination d'Ankara, devrait avoir un effet dissuasif ; plutôt que d'annoncer la guerre, il peut avant tout être un signe en faveur de la paix. Il n'y qu'à voir ceux qui, dans le nord de l'Irak se donnaient, il y a peu de temps encore, des allures de faucons et qui ont soudainement, dans le contexte de la réaction turque, adopté un discours beaucoup plus conciliant. Quant aux Américains, qui ne voient pas d'un bon œil pareille intervention, mais qui n'ont pas hésité à envahir l'Irak au prétexte de la 'lutte contre le terrorisme', que diraient-ils si des terroristes d'Al-Qaida, basés dans des camps au Mexique, traversaient la frontière pour attaquer le Texas avant de retourner dans leurs bases ?" poursuit le quotidien proche de la gauche libérale. 

Ce vote a aussi une portée à long terme, car "la Turquie a pris un engagement qui garantit son honneur national. Toute nouvelle attaque entraînera désormais une réaction forte. Toutefois, à moins d'une provocation majeure, il ne faut pas s'attendre à une action militaire d'envergure avant la rencontre prévue le mois prochain entre le Premier ministre Erdogan et le président américain George W. Bush." 

Les relations bilatérales turco-américaines sont au cœur de la nouvelle stratégie turque. Taha Akyol, dans Milliyet, voit déjà les effets indirects mais concrets de ce vote dans le fait qu'aux Etats-Unis le projet de loi arménien [sur la reconnaissance du génocide adopté le 10 octobre par une commission du Congrès américain] vient d'être mis au placard sans être envoyé en séance plénière de la Chambre des représentants. Le vote du Parlement turc se révèle donc déjà tout à fait payant. 

Hasan Cemal, dans le même quotidien Milliyet, est toutefois plus circonspect quant aux bénéfices d'une possible intervention turque en Irak. "Imaginons que nous ayons traversé la frontière avec tanks et canons et que nous occupions tout le nord de l'Irak. Cela signifierait-il que la question kurde ne se pose plus ? Imaginons encore que nous avons écrasé le PKK mais aussi mis un terme au processus de création d'un Etat kurde mené par Barzani et Talabani dans le Kurdistan irakien. La question kurde, telle qu'elle se pose chez nous, serait-elle alors résolue ? Bien sûr que non ! C'est parce qu'il y a une question kurde qu'il y a le PKK, la violence et le terrorisme. Le PKK n'est que la conséquence. Que ferez-vous donc avec la question kurde lorsque vous en aurez fini avec le PKK ? Tant qu'on ne cherchera pas une réponse, forcément multiple et complexe, à cette question, il sera très difficile de sortir la Turquie de l'impasse dans laquelle elle se trouve aujourd'hui."

Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL

Lien permanent Catégories : > Irak, > Turquie 0 commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel